Le syndicat SAG-AFTRA, qui représente les acteurs et figurants à Hollywood, entend lutter contre la pratique des deepfakes. La fédération veut s'assurer que la loi protège ses membres contre ces faux contenus, créés en utilisant des IA.

Faux discours, fausses allocutions : parmi les questions éthiques que soulève la technologie de l’intelligence artificielle, se trouvent notamment les usages qui en sont faits pour créer des images et sons fabriqués de toutes pièces — et présentés comme véridiques. L’industrie cinématographique est directement concernée par ce procédé, comme vient de le souligner l’une de ses organisations syndicales.

La Screen Actors Guild-American Federation of Television and Radio Artists (abrégée en SAG-AFTRA), un syndicat professionnel voué à représenter des acteurs et figurants, cherche notamment à se défendre contre cette pratique. Un porte-parole de la fédération a fait savoir que la SAG-AFTRA avait « entrepris un examen exhaustif des options de négociation collective et des options légales pour lutter contre tous les usagers des re-créations numériques ».

Les « deepfakes » ont notamment vu le jour sur Reddit à la fin de l’année 2017. Le procédé a alors consisté à créer de fausses vidéos, la plupart du temps à caractère pornographique. La plateforme a d’ailleurs constitué le terreau d’une application permettant d’intégrer des visages dans une vidéo, baptisée FakeApp.

CC Jaguirre2192

Le syndicat étudie les lois en vigueur

Face à la diffusion de ces fausses vidéos, le syndicat envisage désormais les moyens à sa disposition sur le plan juridique. « Nous discutons avec nos représentants, nos alliés syndicaux et les législateurs fédéraux à ce sujet et une législation est en instance à New York ainsi qu’en Louisiane qui traiterait le problème directement dans certaines circonstances », complète le porte-parole du syndicat.

La SAG-AFTRA étudie également les lois en place dans d’autres États américains, comme la Californie, pour « s’assurer que des protections sont en place ». Dans le cas contraire, la fédération annonce qu’elle compte « travailler pour y remédier ».

Les efforts du syndicat ne devraient pas uniquement se limiter aux deepfakes, mais à tous les contenus qui « diffament nos membres et les empêchent de protéger leur image, leur voix et leurs performances des détournements ».

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