La plateforme de streaming taillée pour le format mobile veut lever des fonds pour s'implanter dans de nouveaux pays. Parallèlement, le groupe veut aussi intensifier la production en interne, soumettre aux utilisateurs un abonnement payant et rompre avec les programmes courts dont il est pourtant coutumier pour proposer des séries plus longues voire des films.

Blackpills passe la seconde. Presque un an après son lancement, le média qui a fait des formats courts sur mobile sa spécialité souhaite désormais élargir son offre.  L’application, principalement présente en Europe et en Amérique du Nord, se targue d’avoir quelques 2,5 millions d’adeptes, dont 600 000 actifs au moins une fois par mois sur la plateforme. Mais elle vise bien plus haut encore.

Pour muscler la machine, le groupe prévoit une levée de fonds d’ici la fin de l’année 2018. L’objectif est de « transformer les utilisateurs mensuels en utilisateurs quotidiens, de se développer dans d’autres régions du monde et d’augmenter la qualité de nos productions  », a expliqué Patrick Holzman, cofondateur du groupe, à nos confrères des Échos. « On veut s’installer dans les habitudes des jeunes.  »

Fidéliser les jeunes spectateurs

Plaire aux fameuses générations Y et Z a toujours été le positionnement de Blackpills qui, pour ce faire, propose un large éventail de séries courtes (où chaque épisode dure entre cinq et dix minutes) mais aussi des nouvelles formes de divertissement comme des magazines sur le sport ou des documentaires sur les youtubeurs (parmi eux, Double Vie, consacré au vidéaste Mister V).

« On accélère le rythme, précise Daniel Marhely, l’autre cofondateur du projet. Plus il y a de contenu, plus les jeunes restent.  » Aussi, le groupe planche actuellement sur un nouveau format participatif où les spectateurs pourront directement interagir ainsi que sur des séries d’animation.

Capitaliser sur ses marques

Outre ces mesures, Blackpills veut intensifier la production dans son studio interne, pour avoir un contrôle absolu sur les coûts. Il faut dire que la plate-forme s’apprête à bouleverser son système économique. Jusqu’alors, la publicité était sa seule source de revenus. Mais prochainement, la firme proposera à ses fidèles une offre d’abonnement à prix mini (entre deux et quatre euros par mois) pour avoir un accès illimité à son catalogue, sans publicité et même hors-ligne.

Enfin, Blackpills souhaite aussi capitaliser sur ses marques les plus populaires (comme Superhigh avec Kev Adams ou Playground créée par Luc Besson) pour lancer des séries plus longues, voire même des films.

Image tirée de la série « Playground ». Crédit : Blackpills

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