Pour moi, Gears of War rime avec franche camaraderie. J’ai terminé tous les épisodes en coopération, depuis le tout premier paru sur Xbox 360, une véritable claque à l’époque. Je ne conçois pas cette saga de jeux de tir autrement et je ne pense pas m’y épanouir en jouant seul. Avant de réaliser le test de Gears of War: E-Day, disponible le 6 octobre sur Xbox Series et PC, j’ai donc appelé mon meilleur partenaire. Il a dit oui sans aucune hésitation.
À bien des égards, Gears of War: E-Day est un jeu important pour Xbox, qui vit une année 2026 mouvementée alors que nous célébrons son 25e anniversaire. La marque vit un « reset » total, qui passe par 3 200 suppressions de postes annoncées en juillet (20 % des effectifs de Xbox) et par des revirements stratégiques forts. Gears of War: E-Day en est un. La précédente direction avait acté la fin des exclusivités Xbox, signifiant que ce nouvel opus aurait pu sortir sur PS5 — à l’instar de Gears of War: Reloaded. Asha Sharma, la nouvelle patronne, a rétropédalé. Gears of War: E-Day apparaît donc comme une lueur d’espoir pour Xbox. Un comble pour un jeu à l’univers si sombre.
Points forts
- Visuellement spectulaire
- Un gameplay aux petits oignons
- Le plaisir de la coopération
Points faibles
- Ces zones ouvertes infernales
- Un air de déjà joué tout de même
- Quelques bugs
Gears of War: E-Day est bien la vitrine de la Xbox Series X
Quid du multi ?
Ce test ne concerne que la campagne.
Les Gears of War ont toujours été des vitrines visuelles mettant en valeur les capacités des consoles Xbox. Gears of War: E-Day ne déroge pas à la règle. C’est du très, très grand spectacle, matérialisé par une immersion totale dans une ville assiégée et qui évolue de plus en plus dans le chaos au fur et à mesure des chapitres. Voir Kalona se transformer en un amoncellement de gravats et de cadavres est paradoxalement galvanisant. Les développeurs ont mis le paquet sur les décors, qui s’appuient sur des panoramas funestes saisissants.Gears of War: E-Day incarne à merveille une situation d’urgence, dans ce qu’elle a de pire.
Les développeurs ont mis le paquet sur les décors
Pour donner vie à la guerre, le studio The Coalition a réalisé un travail inouï sur les détails. Des reflets dans les flaques aux animations quand les soldats rechargent, en passant par les éclairages parfois aveuglants, chaque plan de Gears of War: E-Day est soigné. Alors qu’il y a des affrontements à mener, on a souvent envie de s’arrêter pour admirer les environnements et immortaliser ce que l’on voit. Une preuve que les développeurs étalent leur maîtrise de l’Unreal Engine 5. On soulignera quand même quelques bugs fâcheux (exemple : des pierres en lévitation), qui tranchent avec l’excellence affichée par ailleurs. Le moteur physique, lui, manque d’ambition et on aimerait des décors plus destructibles pour dynamiser l’action.

The Coalition avait pourtant fait de la destruction un argument. Il promettait des gouffres capables d’engloutir des véhicules et des immeubles entiers, et une « micro-destruction » qui grignote les couvertures sous les tirs. Manette en main, on aurait aimé en voir davantage et on reste sur notre faim.
Malgré ces limites, l’écrin graphique se met au service d’un véritable retour aux sources. Gears of War: E-Day est une préquelle, qui se déroule quatorze ans avant le premier épisode, lors de l’Émergence, le jour où les Locustes ont surgi des profondeurs de la planète Sera. On retrouve alors l’irrésistible duo formé par Dom Santiago et Marcus Fenix, qui rentrent à peine de la guerre et pleurent toujours la mort de Carlos, le frère de Dom. Dom pensait à la retraite, quand Marcus ne savait pas quoi faire de sa vie au moment où les Locustes sont apparus.
Le récit de Gears of War: E-Day, bourré de références cinématographiques (Predator, La Chute du faucon noir…) et lorgnant du côté de l’horreur pure, va un peu plus loin dans l’intime que ses prédécesseurs. Il y a même des relents politiques, quand on entend un PNJ nous traiter de fascistes. Il retranscrit en tout cas très bien le combat contre une force inconnue, avec des situations qui empirent au fil des minutes.

Ce n’est pas toujours mon Gears
Coopération
La campagne se joue à deux en écran partagé sur console, ou jusqu’à quatre en ligne.
En termes de gameplay, Gears of War: E-Day ne réinvente pas une formule qui marche. Il prend toujours la forme d’un jeu de tir à couvert (cover-shooter) d’une violence graphique extrême. Il ne cherche même pas à imaginer des séquences inédites, au point de donner l’impression d’y avoir déjà joué. Pour sa défense, le gameplay de la saga ô combien jouissif est toujours aussi excellent, avec de bonnes sensations de tir et un sentiment de puissance assez addictif quand on étrille les Locustes dans un torrent d’hémoglobine. Mention spéciale au découpage à la tronçonneuse (dont on découvre l’histoire d’origine).
Gears of War: E-Day apporte quand même un peu de souplesse aux déplacements et aux mouvements. Le rechargement éclair, régi par un mini-jeu à accomplir pour éviter que l’arme ne s’enraille, est plus technique (et la jauge a été déplacée dans l’interface). La possibilité de se mettre en couverture en étant allongé ajoute des options lors des escarmouches. Enfin, le corps-à-corps gagne lui aussi en fluidité. Gears of War: E-Day n’est pas une révolution et préfère s’en remettre à quelques évolutions par petites touches. On y joue comme on enfilerait des chaussons douillets, avec ce confort attendu.

On s’amuse beaucoup dans Gears of War: E-Day, surtout en coopération. Mais The Coalition a quand même commis une sacrée erreur de jugement au moment d’introduire une zone un peu trop ouverte au début de l’acte 2. Toute l’essence des Gears of War, notamment en matière de rythme et d’exaltation, se retrouve diluée dans une structure pénible. On comprend la volonté de bousculer les habitudes, mais c’est ici une fausse bonne idée.

On se retrouve alors à se balader dans des environnements remplis de choses à ramasser, au gré d’objectifs secondaires rébarbatifs qui s’apparentent à des tutoriels pour le mode multijoueur et mâtiné d’un semblant de système de personnalisation de l’arsenal. Cette portion étendue est beaucoup trop longue pour son propre bien, et on en vient vite à espérer un retour aux couloirs mieux maîtrisés. « Not my Gears », diront les fans. Heureusement que les choses reviennent à la normale dès l’acte 3, plongé dans une forêt touffue et inquiétante. « Voilà, ça c’est mon Gears », se réjouiront les fans. Ces phrases, on n’a cessé de les répéter avec mon partenaire, durant la dizaine d’heures nécessaires pour boucler l’aventure. Autant dire qu’on a vécu de véritables montagnes russes, frustrés devant certains choix, éblouis par d’autres.
Le verdict

Gears of War: E-Day
Voir la ficheOn a aimé
- Visuellement spectulaire
- Un gameplay aux petits oignons
- Le plaisir de la coopération
On a moins aimé
- Ces zones ouvertes infernales
- Un air de déjà joué tout de même
- Quelques bugs
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