Sur le papier, Valor Mortis ressemble à un immense pari. One More Level, spécialiste de la vue à la première personne appliquée à des genres qui ne s’y prêtent pas forcément, a décidé de se frotter aux soulslike, façon FPS, donc. Le studio entend garantir la même exigence en termes de gameplay, mais avec une immersion au plus près des combats, quand les autres héritiers de la trilogie Dark Souls conservent cette vue à la troisième personne permettant de mieux appréhender les dangers.
En somme, One More Level n’a pas voulu se renier avec Valor Mortis, alors qu’il aurait pu abandonner son savoir-faire au profit de la logique et, pourrait-on le penser, d’une certaine forme de bon sens. Le risque est réel, mais on est ravi de constater, après une quinzaine d’heures de jeu, que Valor Mortis est une expérience globalement réussie.
Points forts
- Une bonne proposition dans le genre soulslike
- Un vrai sens de la progression
- Univers soigné, narration immersive
Points faibles
- Quelques animations à revoir chez les ennemis
- Les chiens et les moustiques
- Quelques boss décevants
Valor Mortis est un savant mélange, avec un gameplay aux petits oignons
Disponibilité
Valor Mortis sort ce mardi 13 octobre sur PS5 et Xbox Series X|S et PC au prix doux de 39,99 €. L’édition Deluxe coûte 59,99 € et comprend des packs cosmétiques et un DLC narratif prévu en 2027. On le trouve aussi dans le Xbox Game Pass.
Valor Mortis est le point de rencontre savoureux entre plusieurs genres et sagas. S’il se définit comme un soulslike, avec toutes les mécaniques attendues (perte de l’expérience à la mort, lanternes qui ressuscitent les ennemis, boss coriaces), il sait arpenter d’autres horizons. La construction de ses petites zones un peu ouvertes est calquée sur celle d’un Metroidvania, avec des accès fermés sans le pouvoir adéquat. Dans la direction artistique, qui mélange horreur et fantastique et baigne dans l’époque de Napoléon, on pense à Bloodborne pour le côté flippant et à Dishonored pour le style — un peu — victorien. Voire, à certains égards, à Resident Evil 4. Malgré toutes ces inspirations, Valor Mortis conserve une cohérence étonnante, dans la forme comme dans le fond.
Valor Mortis est le point de rencontre savoureux entre plusieurs genres et sagas.
On sent que One More Level nourrit un profond respect pour toutes ces œuvres dont découle Valor Mortis, sans tomber dans la copie bête et méchante non plus. Le simple fait de conserver la vue à la première personne est une preuve que le studio a pour objectif d’apposer sa patte. Ses deux précédents jeux, Ghostrunner et Ghostrunner 2, appliquaient déjà cette vue FPS à un mélange d’action et de plateforme. Valor Mortis en constitue le prolongement, avec une bonne dose d’exigence en plus. On retrouve d’ailleurs des éléments des Ghostrunner, dans la fluidité des déplacements du héros et dans certaines séquences aériennes. Il y a du parkour dans Valor Mortis, entre deux affrontements.

Car l’action reste le cœur et le poumon du jeu. Pour combattre les ennemis, le personnage principal, prénommé William, dispose d’un arsenal bien rempli. Au sabre de base s’ajoutent une rapière, une claymore, des armes à feu et même quelques pouvoirs (feu et stase). Chaque arme a son utilité : la rapière est par exemple particulièrement efficace pour parer les attaques, quand le fusil est tout indiqué pour se débarrasser d’une cible à très longue distance. Valor Mortis privilégie le combat rapproché, avec les sensations attendues en termes d’impact, de précision et de mouvements défensifs (garde, parade, esquive, contre-attaque). Sur ce point, One More Level ne commet qu’une erreur, matérialisée par un coup d’estoc adverse très difficile à anticiper, tant il est rapide.
Le reste est un sans-faute, la diversité de l’arsenal et les possibilités de personnalisation dans la progression aidant à jouer selon ses préférences, le tout avec une montée en puissance que l’on ressent très bien. Tout juste pourra-t-on pester sur le manque de renouvellement dans le bestiaire, ou encore certains choix de design douteux (les chiens et les gros insectes, quelle plaie), y compris pour les boss. Il leur arrive de manquer d’envergure, quand il ne repose pas sur une mécanique peu réjouissante.

Un modèle dans l’architecture des niveaux
Valor Mortis séduit en outre par la manière dont sont construits les niveaux. Les développeurs multiplient les raccourcis pour éviter les grandes excursions trop éloignées d’un point de passage. Cette architecture permet de mieux digérer la difficulté. Il existe aussi parfois plusieurs manières d’aborder une zone. En étant observateur, on peut se faciliter la vie en trouvant un chemin qui permettra de se débarrasser de quelques ennemis sans avoir une meute sur le dos. Souvent, Valor Mortis s’amuse avec la verticalité pour briser les codes. Là encore, l’héritage des Ghostrunner se voit, et One More Level tient à imposer son style, coûte que coûte.
Il faut enfin souligner l’ambiance saisissante de Valor Mortis, qui s’appuie sur des qualités techniques et visuelles au diapason. Sans viser la claque graphique de l’année, sa technique suffit largement à servir le gameplay. Il doit beaucoup à l’époque traversée, en l’occurrence une réalité historique alternative située en 1820, cinq ans après la victoire de Napoléon à Waterloo (normalement, l’armée française a perdu). William, soldat britannique engagé dans la Grande Armée de Napoléon, se réveille d’entre les morts et découvre une Europe à feu et à sang, gangrénée par un mal étrange.

Contrairement à d’autres représentants du genre soulslike, Valor Mortis ne met pas de côté la narration. L’aventure renforce son atmosphère lugubre avec des quêtes annexes qui renseignent sur l’univers, s’appuie sur de nombreux dialogues et permet de ramasser des documents à lire pour approfondir sa connaissance du monde. Napoléon, à qui Vincent Cassel prête sa voix et dont les grands triomphes sont bien évidemment contestés, se fend de quelques interventions orales pour parfaire le récit. Dommage qu’au lancement, ces dialogues ne soient proposés qu’en anglais, avec des sous-titres français. Au final, Valor Mortis se trompe si peu pour un jeu qui prend autant de risques. Il y a un juste dosage, avec des ambitions bien menées. Chapeau One More Level.
Le verdict

Valor Mortis
Voir la ficheOn a aimé
- Une bonne proposition dans le genre soulslike
- Un vrai sens de la progression
- Univers soigné, narration immersive
On a moins aimé
- Quelques animations à revoir chez les ennemis
- Les chiens et les moustiques
- Quelques boss décevants
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