Blizzard a dévoilé à la BlizzCon un troisième World of Warcraft, baptisé Forever, prévu pour le 5 novembre. Un jeu à part, distinct du Classic comme du Retail, qui repart du WoW de 2004 pour le faire évoluer autrement.

C’était une demande de longue date de la communauté de WoW Classic : un Classic+ qui viendrait ajouter du contenu neuf greffé sur le jeu de 2004, sans forcer les joueurs et les joueuses à filer les extensions suivantes, en refaisant le même chemin que WoW Retail (Burning Crusade, Wrath of the Lich King, etc.).

À la BlizzCon 2026, et après des mois de rumeurs et de fuites, Blizzard a fini par dire oui, avec un nom, Forever, et une date très proche, le 5 novembre, deux semaines à peine après l’arrivée d’un certain GTA VI. La bêta, elle, est imminente, dès le jeudi 17 septembre pour qui a précommandé une des éditions payantes (épique ou collector).

De fait, Forever constitue le « troisième » grand World of Warcraft avec Retail et Classic (sans parler des sous-versions, comme le mode hardcore ou des évènements saisonniers qui ne durent qu’un temps), mais avec son propre univers permanent qui cohabite avec le moderne et la version vintage sans se confondre avec eux.

Ce n’était d’ailleurs pas la seule nouvelle de la BlizzCon 2026 ; l’éditeur a aussi sorti Diablo V (qui était une vraie surprise) et un StarCraft en monde ouvert (très espéré, mais pas forcément dans ce genre de jeu) du chapeau. Mais Forever s’avère sans aucun doute une annonce tout aussi intrigante, et prometteuse, car elle répond à une vieille demande.

Retail, Classic, Forever : de quoi parle-t-on ?

Pour comprendre Forever, il faut situer les deux autres.

Le WoW Retail désigne la version moderne, du MMORPG de Blizzard, celle qui enchaîne les extensions tous les deux à trois ans et où l’on grimpe de niveau en niveau au gré de scénarios épiques : dense, et parfois intimidante pour qui débarque. C’était en somme le jeu de base qui a reçu au fil des ans des kilomètres de contenus.

Le WoW Classic, lui, remet en ligne le jeu de 2004 quasiment tel quel, figé dans le temps. Il s’agissait initialement de faire revivre l’expérience de WoW telle que les vieux de la vieille ont connu à la grande époque, y compris avec les anciens graphismes. Moins de modernité, plus de rusticité, pour revivre des souvenirs vieux de vingt ans.

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WoW, pour toujours.

Forever est une sorte de WoW Classic hybride. On reprend ce même socle « vanilla » de 2004, mais pour en faire un jeu vivant qui ajoute du contenu inédit sans jamais dépasser le niveau 60. On apporte au passage un coup de frais sur un gameplay austère, et sur des visuels datés. Et on essaie aussi de proposer une nouvelle façon de progresser dans le jeu.

L’équipe derrière Forever est celle de WoW Classic, qui sort tout juste de la saison de la découverte, un mode où elle explore des sorts et des donjons sur la base vanilla. Le contenu de Forever lui restera exclusif, sans reprise vers le Retail ou le Classic. Le jeu a sa propre feuille de route, et son destin propre, matérialisé par une icône spécifique dans le launcher.

Monter jusqu’au niveau 60, puis y rester pour de bon !

Là où Forever se distingue vraiment, c’est sur le niveau maximum bloqué à 60, avec la promesse qu’il ne bougera jamais. Les mises à jour ajouteront du contenu à tous les niveaux, au lieu d’empiler un palier de plus au sommet. Blizzard revendique un principe simple, qu’un nouveau patch n’écrase jamais la progression précédente.

Dans sa présentation à la BlizzCon, le studio américain a beaucoup insisté sur ce point : le sel du jeu tient au voyage lui-même, monter un personnage, explorer, tisser des liens, au lieu de courir après le prochain plafond. Peut-être une autre expérience du MMORPG, même si les donjons et les raids restent encore des mécaniques très centrales.

Autre surprise, et autre rupture avec l’habitude : Forever se passe aussi de serveurs. Fini le fait de choisir un royaume à la connexion et d’espérer que vos amis aient atterri sur le même. Fini le problème de la migration pour suivre sa guilde ou retrouver des caméras. Ou, à l’époque, pour quitter lz violence d’un serveur JcJ pour la quiétude du JcE.

À la place, on choisit un « style de jeu » parmi quatre (normal, JcJ pour joueur contre joueur, jeu de rôle et Hardcore, où la mort est définitive, mais qui sera lancé plus tard). Cela reprend l’idée des serveurs par type. Tout le monde partage donc un même grand monde et pour gérer les pseudos en double, chaque personnage reçoit désormais un nom de famille.

Côté contenu, Blizzard promet du neuf partout.

Une nouvelle race jouable, les Éolides, des Hauts-Elfes en exil libres de rejoindre la Horde ou l’Alliance, ainsi que des combinaisons inédites comme les paladins réprouvés ou les chamans nains. De nouvelles zones font leur apparition, dont le mont Hyjal et les rives Claires, aux côtés de plus de 1 000 quêtes, 9 donjons et deux raids de haut niveau.

Source : Blizzard
La nouvelle race. // Source : Blizzard

Pour les vétérans, l’histoire se déroule après la chute de Lordaeron et avant le Cœur du Magma (Molten Core), le tout premier raid du jeu d’origine, où il fallait réunir quarante joueurs et joueuses pour parvenir à vaincre son chef : Ragnaros. Mais pas besoin de se précipiter : au lancement, il n’y aura même pas encore de Cœur du Magma.

Ce point de départ n’est pas tombé du ciel. Blizzard a aussi lancé une nouvelle campagne pour Warcraft III : Reforged, le remaster de 2020 dont le lancement raté avait fâché les fans avant que l’éditeur ne rattrape le coup. Cette campagne raconte justement ce qui se passe entre la chute du royaume de Lordaeron et les débuts de Forever.

Le tout profite d’un bon coup de polish visuel : nouvel éclairage, brouillard volumétrique, eaux qui reflètent la lumière, et même un bouton pour basculer entre anciens et nouveaux graphismes. Il n’y a pas de version console, mais les manettes sont désormais prises en charge, dans une logique d’accessibilité.

À qui s’adresse ce troisième WoW ?

D’abord aux curieux qui trouvaient le Classic trop punitif (le pexing n’est pas rapide et cela reste très daté) et le Retail trop dense (l’histoire est un vrai bazar et il y a un contenu interminable qui est empilé), et à celles et ceux qui aiment prendre leur temps dans un monde plutôt que d’optimiser une course au niveau maximum.

Le système sans serveur et l’outil « Feu de camp », pensé pour croiser d’autres joueurs, abaissent la barrière sociale d’entrée. Les abonnés actuels, eux, n’auront rien de plus à débourser, puisque Forever est inclus dans l’abonnement WoW existant. De quoi y jeter un œil dès le 5 novembre sans sortir la carte bancaire.

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