Je suis un enfant de Bungie. Halo est mon premier souvenir de FPS, celui qui a façonné ma manière de jouer et, sans doute, mon attachement viscéral au genre (et à ce studio).
Alors quand le communiqué du 21 mai 2026 est tombé, annonçant la fin définitive des mises à jour de contenu pour Destiny 2, je n’ai pas été surpris — personne ne l’a été, vraiment — mais qu’est-ce que ça fait mal après 2 000 heures de jeu…
Je venais pour le multijoueur PvP, je suis resté pour tout le reste
La première fois que j’ai lancé Destiny, en 2014, j’étais en pleine lassitude de la licence Call of Duty (coucou Advanced Warfare). Je cherchais un mode multijoueur nerveux, un matchmaking efficace, des parties type deathmatch — bref, de quoi remplacer mes sessions sur la licence d’Activision. J’y ai finalement trouvé bien plus que ça.

Destiny a cette particularité rare que je n’ai retrouvée sur aucun autre jeu. Il m’a donné l’impression de muter au fil des mises à jour. Des premiers deathmatchs aux activités mêlant habilement le PvE, en passant par l’exploration, jusqu’aux raids, j’ai eu le sentiment de jouer à un genre entièrement nouveau, qui n’a jamais cessé de repousser les limites de la créativité. Alors certes, il y a eu des recyclages, de plus en plus fréquents avec les années. Mais jamais un jeu n’aura autant fait évoluer le genre du FPS.
Destiny, c’est un MMO-FPS-RPG d’action-aventure.
Un genre presque indescriptible, introuvable dans le dictionnaire des jeux, mais qui existe pourtant bel et bien — et qui n’aura jamais de remplaçant. C’est aussi pour cela que les joueurs réclament aujourd’hui si fort un Destiny 3.
Un baroud d’honneur qui dit tout
Ce baroud d’honneur, justement, parlons-en. Bungie a voulu faire de cette ultime mise à jour une « lettre d’amour » aux passionnés : du contenu de fin de jeu pour tous les profils, un nouveau Panthéon, des raids et donjons revisités, des classes repensées, des modes compétitifs inédits — bref, tout ce que la communauté réclame depuis des années, et la communauté n’a pas boudé ce lot de consolation.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes et Bungie doit sûrement se poser des questions. Un pic à 167 867 joueurs simultanés a été enregistré sur Steam dans les 24 heures suivant le déploiement, soit une progression de +487 % par rapport à mai 2026. Il faut remonter à juin 2024 et la sortie de La Forme Finale pour trouver mieux.
Pendant ce temps, Marathon — le jeu sur lequel Sony mise désormais — n’a pas dépassé les 20 000 joueurs simultanés sur la même période. Pour un titre sorti en mars 2026, la comparaison frôle l’humiliation. Elle dit surtout une chose : Bungie aurait peut-être dû continuer à s’épanouir dans l’univers qu’il maîtrisait mieux que personne.
C’est peut-être ce qui me rend le plus triste dans cette histoire. La formule qui fonctionnait a été sacrifiée pour des considérations purement stratégiques toujours plus déconnectées des attentes des joueurs.
On a éteint une licence unique en son genre, douze ans de souvenirs, pour financer un pari générique déjà à bout de souffle (coucou l’extraction shooter, aka le nouveau battle royale). Même les meilleurs dans ce registre, comme Arc Raiders (ou Marathon), ont paradoxalement tout intérêt à s’inspirer de Destiny pour survivre et amener leur jeu autre part que dans une boucle cyclique de parties multijoueurs où la lassitude s’installe vite.

Destiny ne meurt pas d’un désamour des joueurs. Il meurt d’une succession de mauvaises décisions, de plus en plus dictées par la logique du jeu-service, qui a eu raison de lui.
Les serveurs resteront ouverts « de longues années », promet Bungie. C’est peu, et c’est beaucoup. Je ne me berce plus d’illusions sur un troisième opus — je me suis fait une raison, du moins à moyen terme.
Destiny 2 ne meurt pas tout à fait, il s’endort.
Tant que des Gardiens se réuniront pour relancer une activité, un donjon, un raid ou simplement pour se balader dans son lot de destinations, eh bien, la Lumière ne s’éteindra jamais complètement.
En attendant, paix à son âme. Il n’y en aura pas deux comme lui.
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