2060. Une neuvième planète, surnommée Perséphone, est découverte aux confins du système solaire. L’ESA, persuadée qu’elle pourrait accueillir la vie, envoie deux de ses meilleurs astronautes pour l’étudier. Ariane (tiens, tiens) et Thomas (tiens, tiens, tiens), qui partagent plus que le même métier, vivent une tragédie en arrivant sur place : les voilà séparés dans un environnement hostile, où tout est à découvrir, avec en prime une mission cruciale pour l’avenir de l’humanité.
Très vite, dans Aphelion, jeu vidéo développé par Don’t Nod en partenariat avec l’Agence spatiale européenne (l’ESA, qui fournit ses logos et un soupçon d’authenticité scientifique, sans tomber dans la publicité), on est subjugué par le gigantisme des décors. Ils semblent nous aspirer dans l’inconnu avec d’un côté, de vastes étendues glaciales, et, de l’autre, des territoires arides. Un contraste chaud/froid saisissant qui invite à l’exploration, alors qu’on n’est pas là pour faire du tourisme. Héroïne d’Aphelion, Ariane doit retrouver Thomas et, surtout, chercher des réponses pour l’ESA.
Points forts
- Des efforts dans la réalisation
- Histoire captivante
- Une bande son magistrale
Points faibles
- Gameplay trop souvent bancal
- Un potentiel d’interactions gâché
- Animations rigides
Aphelion mise sur les émotions
Don’t Nod oblige, Aphelion profite d’une écriture plus intime qu’on ne pourrait le croire. L’immensité des environnements, qui s’étendent littéralement à perte de vue, n’empêche pas les développeurs de savoir recentrer le récit sur Ariane et Thomas, confrontés à leurs propres traumatismes et tourments alors que leur existence paraît bien dérisoire quand le futur semble condamné. En résultent des séquences poignantes, puisque Don’t Nod prend la peine de documenter les sentiments de son duo. Les personnages ne cessent de se parler à eux-mêmes pour fuir la solitude et s’enregistrent pour laisser une trace. On ne dira rien sur l’histoire, qui réserve bien entendu son lot de mystères, de surprises et de tacles à la destruction humaine (le réchauffement climatique en tête). Ses quelques références à des monuments de la SF, également (2001, l’Odyssée de l’espace, Alien).

En termes de réalisation, Aphelion souffle « le chaud et le froid », à l’image de ses environnements. On apprécie tout particulièrement la mise en scène très cinématographique, avec des effets de dézoom appuyant la petitesse de l’homme face à une planète. Certaines textures se révèlent chatoyantes, avec des effets de lumière qui les mettent en exergue. Et que dire de certains panoramas à couper le souffle, nourrissant cette aventure qui lorgne volontiers du côté de la contemplation. Le tout accompagné de la bande-son particulièrement inspirée, signée Amine Bouhafa, avec des compositions mélancoliques qui rappellent Olivier Derivière (un sacré compliment).
On trouvera en revanche à redire sur les animations, rigides à l’écran et peu précises dans les interactions. Tout apparaît un peu saccadé, ce qui nuit à l’immersion. Certes, Ariane et Thomas ne sont pas des gymnastes, mais leurs mouvements manquent tout de même de naturel.

Dans l’espace, personne ne vous entendra pester
Si accueillant soit-il d’un point de vue visuel et narratif, Aphelion est vite rattrapé par la réalité de son gameplay. Don’t Nod a découpé son jeu en plusieurs phases, qui vont de l’escalade à l’enquête, en passant par de l’infiltration mâtinée de quelques séquences de course-poursuite. Ce n’est donc pas un jeu narratif au sens Life is Strange du terme, avec des moments charnières imposant des choix susceptibles de modifier le cours des événements. Aphelion est un jeu dirigiste avec un début, un milieu et une fin qui seront les mêmes pour tout le monde.

Il n’empêche, le titre de Don’t Nod n’excelle dans absolument rien de ce qu’il propose. L’escalade se révèle terriblement basique, une fois qu’on a compris qu’il est nécessaire d’appuyer sur la touche pour s’accrocher afin d’éviter le pire. L’enquête consiste simplement à suivre un chemin balisé. On décèle même un potentiel gâché, avec des interactions absentes. Aphelion manque de mini-jeux qui pourraient nous sortir du statut de spectateur. En cela, il s’enferme dans sa narration contemplative, et il ne trouve pas son salut dans sa relative variété.

Par chance, Aphelion n’est pas une aventure trop longue — comptez 5 à 6 heures pour terminer les onze chapitres. On ne subit donc pas très longtemps les errements de son gameplay, même si les deux derniers segments, où l’action s’emballe un peu plus, sont terriblement frustrants. Bref, on reste pour l’histoire et l’attache immédiate envers Ariane et Thomas, beaucoup moins pour les sensations. C’est dommage quand on sait que le genre narratif est capable d’associer les deux (coucou Dispatch).
Le verdict
On a aimé
- Des efforts dans la réalisation
- Histoire captivante
- Une bande son magistrale
On a moins aimé
- Gameplay trop souvent bancal
- Un potentiel d’interactions gâché
- Animations rigides
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