En 2015, le studio parisien Don’t Nod créait la sensation avec Life Is Strange, jeu d’aventure narratif distribué au format épisodique, et qui faisait office de petit bouleversement dans un genre déjà très bien représenté par un autre studio français – Quantic Dream, auteur d’exclusivités PlayStation aussi médiatisées que clivantes avec Heavy Rain puis Beyond: Two Souls. Le succès entraîna une suite en 2018, le très convaincant (mais dont la distribution tirait trop sur la longueur) Life Is Strange 2, qui sera d’ailleurs son dernier apport à la licence. Deck Nine, développeur basé dans le Colorado, avait signé entre-temps la préquelle tout à fait sympathique Life Is Strange: Before the Storm en 2017, et reprendra ensuite le flambeau.


Points forts
- Retrouver Max et Chloe ensemble, et enfin les incarner toutes les deux
- L’univers Life Is Strange ainsi que sa BO, une recette toujours efficace
- On échappe à une conclusion complètement ratée, c’est un miracle
Points faibles
- Des incohérences, souvent dues au choix de Deck Nine de faire parfois comme si le jeu de 2015 n’existait pas
- Comme à chaque fois, les choix n’ont que peu de conséquences
- Techniquement, on est vraiment sur un « double A », avec quelques bugs et du lip synch aux fraises
Un Max de risques ?
Passé le correct mais peu mémorable Life Is Strange: True Colors en 2021, le studio américain osait alors relancer le mythe du seul épisode ayant marqué les esprits avec Life Is Strange: Double Exposure en 2024, avec le retour de Max Caulfield, et clairement pensé pour être la première partie de ce qui se devait d’être la seule et unique « vraie suite » au jeu de 2015. Ça va, vous suivez ? Bref, la seconde partie s’intitule donc Life Is Strange: Reunion, où Max retrouvera Chloe, sa BFF supposée avoir tragiquement disparu à la fin du jeu original si vous aviez opté pour le choix de la raison.

Mettons tout de suite les pieds dans le plat : afin de s’assurer une cohésion d’ensemble, Deck Nine a pris la décision quelque peu discutable de réécrire le premier opus d’une franchise qui lui appartient de toute façon de plus en plus. Cela peut s’entendre, et la pirouette scénaristique justifiant le retour de Chloe est totalement tolérable, bien qu’elle laisse l’impression que ce qu’a pu écrire Don’t Nod à l’époque n’était finalement pas « canon » (rien à voir avec la marque de l’appareil photo de Max). De toute façon, le retour de Chloe est une bonne nouvelle sur un point : on va enfin pouvoir la jouer, l’histoire nous faisant alterner entre les points de vue des deux jeunes femmes. Quant à Max, elle revient à ses pouvoirs du premier jeu : terminé le voyage entre les dimensions, elle utilise à nouveau des photos pour effectuer des voyages dans le passé.

Tout ça pour ça ?
Sur le papier, tout ceci est assez prometteur. Mais très vite se pose un vrai problème : tout le jeu tourne essentiellement autour de Max et Chloe, à tel point que le reste des personnages et de l’univers qui les entoure en devient anecdotique. Passée l’acceptation relative des incohérences scénaristiques vis-à-vis du premier jeu, qui vont quand même régulièrement irriter quelque peu, on se prend à apprécier les (plus ou moins) 10 heures de jeu passées à rattraper le temps perdu entre ces deux amies qui incarnent plus que jamais l’esprit de la licence. Le scénario, qui reprend un peu trop les bases du premier volet (Max assiste à un incendie et revient dans le passé pour l’empêcher de se déclencher), évolue constamment sur un fil mais trouve assez admirablement le moyen de ne jamais se casser la gueule.
Au final, en dehors de ce numéro d’équilibriste étonnamment bien géré (car tenter cette fameuse « réunion » était vraiment risqué), Deck Nine assure l’essentiel en se reposant sur des acquis solides, et sans améliorer pour autant la moindre des tares historiques de la franchise. Ainsi, on se traîne encore et toujours cette direction artistique qui fait toujours mouche, mais au détriment de la finesse de réalisation aux abonnés absents (bugs d’affichage, faiblesse technique relative, synchronisation labiale horrible). Et puis on se laisse quand même bercer par la bande originale, toujours autant au rendez-vous, là aussi un classique de la série. Tout ça pour ensuite pester sur un système de choix qui ne débouche que sur peu de conséquences notables. Un beau résumé de 10 ans de Life Is Strange, en somme, pour achever très probablement un arc narratif qui reste touchant, mais dont la conclusion, à défaut d’être loupée, ne restera pas dans les mémoires.

Le verdict

Life Is Strange: Reunion
Voir la ficheOn a aimé
- Retrouver Max et Chloe ensemble, et enfin les incarner toutes les deux
- L’univers Life Is Strange ainsi que sa BO, une recette toujours efficace
- On échappe à une conclusion complètement ratée, c’est un miracle
On a moins aimé
- Des incohérences, souvent dues au choix de Deck Nine de faire parfois comme si le jeu de 2015 n’existait pas
- Comme à chaque fois, les choix n’ont que peu de conséquences
- Techniquement, on est vraiment sur un « double A », avec quelques bugs et du lip synch aux fraises
Les abonnés Numerama+ offrent les ressources nécessaires à la production d’une information de qualité et permettent à Numerama de rester gratuit.
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l’I.A, contenus exclusifs et plus encore. Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !












