La Chine maintient son opposition à Pokémon Go. Le jeu en réalité augmentée est perçu comme une menace pour les personnes et les transports. Pékin ne veut pas non plus que l’application accède aux données de géolocalisation des joueurs.

Ce n’est pas demain la veille que Pokémon Go pourra aller à la rencontre des joueurs chinois. Pékin continue de s’opposer fermement à la sortie du célèbre jeu en réalité augmentée sur son territoire, le considérant comme une menace pour la sécurité des transports et des utilisateurs. En conséquence, le titre développé par Niantic restera en dehors des frontières chinoises.

La décision de s’opposer à la sortie du jeu a été prise par l’administration générale de la presse, de l’édition, de la radiodiffusion, du cinéma et de la télévision (GAPPRFT), rapporte Reuters. Outre les craintes relatives aux transports et aux personnes, des inquiétudes autour de la confidentialité des données géographiques — le jeu utilise la géolocalisation — ont été exprimées.

Pokémon Go

CC Eduardo Woo

Il est vrai que depuis le lancement de Pokémon Go, la presse s’est fait l’écho de quelques incidents sporadiques plus ou moins graves, allant du joueur qui pénètre dans une zone restreinte alors qu’il pourchassait un pokémon au conducteur qui termine sa course dans un mur parce qu’il n’avait plus les yeux rivés sur la route. Au Japon, la police a même relié le décès d’une personne âgée à Pokémon Go.

Le GAPPFRT ne ferme toutefois pas définitivement la porte à une éventuelle sortie dans un avenir plus ou moins lointain. En effet, il est indiqué que lorsque les risques de sécurité potentiels liés au jeu auront été évalués, il sera toujours possible de réexaminer sa situation.

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Il n’est toutefois pas improbable de penser que d’autres motivations, moins avouables, ont conduit la Chine à s’opposer à l’interdiction du jeu de Niantic. Sans invalider les raisons précédentes, il existe en effet des rumeurs sur le fait que Pokémon Go serait une sorte de cheval de Troie de la CIA pour récolter les données de géolocalisation des utilisateurs. Ce qui est peu crédible lorsque l’on se penche sur cette histoire.

De toute façon, même si Pokémon Go était approuvé en Chine, il y a un autre souci : le jeu s’appuie massivement sur les services de Google pour fonctionner, notamment sur son service de cartographie en ligne, Maps. Or, ces outils sont bloqués pour une bonne partie dans l’Empire du Milieu. Il faudrait que Niantic conçoive vraisemblablement une version locale de son jeu, basée sur des solutions chinoises.

La Chine, dont l’hostilité à Pokémon Go était déjà connue depuis plusieurs mois, n’est pas le seul pays à s’y opposer. Trois autres pays, pour des raisons différentes, ont pris diverses mesures pour empêcher le jeu de fonctionner : il s’agit de la Corée du Sud (à cause de la Corée du Nord), de l’Iran (qui craint une opération d’espionnage) et de l’Arabie saoudite (pour des motifs religieux).

 

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