Grosse exclusivité PS5 de cette année 2026, Saros ne déçoit pas, bien au contraire. Il est la version 2.0 de Returnal, soit une expérience toujours exigeante mais bien plus aboutie et accueillante dans absolument tous les domaines. Dans le genre action, c’est une masterclass. Notre test.

Dans Saros, quand vient l’éclipse, désirée ou subie, l’atmosphère se pare d’une lumière dorée. On pourrait croire que cette ambiance soudainement tamisée rend les lieux plus accueillants et moins dangereux. C’est tout le contraire. Le Soleil se cache des dangers qui sévissent sur Carcosa aux panoramas ô combien vertigineux. Où se côtoient des précipices abrupts et des constructions impressionnantes, comme nées il y a des siècles en arrière. Membre d’Echelon IV, Arjun Devraj est envoyé sur cette planète pour retrouver les anciennes expéditions.

Saros est une boucle sans cesse renouvelée, tant dans son récit que dans son expérience de jeu. Il est en réalité la suite spirituelle parfaite de Returnal, développé par le talentueux studio Housemarque. À savoir un jeu d’action de type « bullet ballet », avec un niveau d’exigence élevé nuancé par une structure roguelite qui rend plus fort et motive à se surpasser à chaque essai suivant. On sent, de la première à la dernière minute, vécue à un rythme effréné, que les développeurs ont voulu faire une version 2.0. Et, en tout point, Saros surclasse Returnal.

Saros renvoie Returnal au rang de brouillon

Meilleur, aussi, dans la narration

Returnal avait opté pour un récit cryptique. Saros se veut beaucoup plus compréhensible, avec une narration plus limpide. Attention, quand même, l’histoire reste complexe et sujette aux interprétations.

Saros commence par embrasser à pleine bouche son statut d’exclusivité PS5. Housemarque exploite à merveille tout ce que lui offre la console, et bien plus encore sur PS5 Pro et son PSSR 2.0 magique. Visuellement, Saros est un spectacle permanent : sur sa direction artistique assourdissante, qui fait parfois penser à du Hans Ruedi Giger (père de l’Alien), viennent s’agréger des dizaines et des dizaines de boules rouges, bleues et jaunes, prêtes à s’écraser sur ce pauvre Arjun Devraj. C’est un festival, mélange de couleurs et d’effets visuels, éblouissant, qui prend vie à l’écran dans une fluidité irréprochable. On pense à tort que la PS5 Pro manque de vitrines, Saros en est une instantanée.

Visuellement, Saros est un spectacle permanent

Non content d’être un bonheur permanent pour les yeux, Saros en met également plein les oreilles. Housemarque soigne l’habillage jusqu’à dans le moindre détail, avec un son SF enveloppant et des bruitages à 360 degrés saisissants (merci le rendu audio 3D). On comprend vite où le studio veut en venir, avec cette envie de proposer une immersion totale dans l’hostilité de Carcosa. Les rares moments de calme et de silence, quand il faut reprendre son souffle, et puisqu’il faut reprendre son souffle après avoir été en apnée pour éviter les multiples projectiles, sont d’autant plus à apprécier.

Saros // Source : Capture PS5
Vous aimez les éclipses ? // Source : Capture PS5

Le travail sur l’immersion se ressent également sur la manette DualSense, dont les technologies, trop souvent boudées, trouvent ici un terrain d’expression merveilleux. Le retour haptique, finement dosé, est un délice pour nos paumes — quand on ramasse les ressources qui servent à la progression en tête. Tandis que les gâchettes adaptatives sont utilisées intelligemment : celle de gauche offre un input caché à mi-course pour activer le tir secondaire de son arme. Saros est tellement un élève irréprochable qu’il fait regretter tous ces jeux qui délaissent la DualSense.

Saros // Source : Capture PS5
Une direction artistique à tomber à la renverse // Source : Capture PS5

Saros est dur, oui, mais bien plus juste aussi

Il avait été reproché, à juste titre, à Returnal son manque d’accessibilité, matérialisé par une structure roguelite perfectible. En cause : on ne gagnerait presque rien au terme d’un échec, ce qui n’encourageait pas à retenter sa chance. Housemarque a appris la leçon et se montre beaucoup plus souple et moins frustrant. Surtout, le studio a totalement repensé le système de progression pour offrir un vrai gain de puissance d’un run à l’autre. Concrètement, il y a un arbre de compétences dans Saros, et on peut y investir des points pour se renforcer et profiter d’améliorations diverses et variées (meilleures armes, etc.). Par conséquent, on n’a plus du tout l’impression de jouer pour rien, alors que cela pouvait être le cas avec Returnal, trop peu généreux dans ses récompenses permanentes.

L’éclipse, qui rend les décors encore plus hostiles, est aussi un bon moyen de gérer la difficulté dans Saros. Si elle finit par être imposée à la fin d’un biome, elle peut aussi être activée manuellement pour celles et ceux qui voudraient un défi plus grand tout de suite. Vous avez toujours peur de vous lancer ? On peut ajuster certains paramètres grâce à des modificateurs, en trouvant un équilibre entre des avantages et des inconvénients. Par exemple, vous pourrez volontairement désactiver la deuxième chance (qui permet de ressusciter tout de suite après un premier game over) pour être bien plus résistant aux dégâts. Par désir de s’ouvrir à un public plus large, Housemarque aurait pu tomber dans le piège de l’ajout d’un mode facile, qui n’aurait aucun sens. Ce n’est pas le cas, et c’est tant mieux.

Saros // Source : Capture PS5
Des ennemis au design inspiré // Source : Capture PS5

Saros propose en quelque sorte une expérience à la carte, totalement facultative. Certains préféreront un jeu plus brut, sans modifier quoi que ce soit. Mais voir autant de mains tendues pour permettre à tout un chacun d’apprécier le jeu constitue une excellente nouvelle, sachant que Saros n’est pas moins dur que Returnal. Il exige toujours énormément de doigté et une bonne dose de réflexes pour triompher, un peu de chance aussi dans le butin ramassé (le caractère aléatoire du genre roguelite reste présent). Comprendre : ce n’est pas parce que vous avez triplé votre barre de vie que ce sera plus simple. Dans Saros, il faut savoir « bien jouer » et saisir toute la grammaire de son gameplay — esquive, bouclier, parade — pour survivre. Astuce : bouger constamment. Astuce 2 : éviter le fusil à pompe.

Saros // Source : Capture PS5
Des panoramas à couper le souffle // Source : Capture PS5

Bien entendu, Saros profite des fondations de gameplay mises en place par son prédécesseur, avec en premier lieu les sensations inouïes procurées par les mouvements agiles d’Arjun Devraj. Il est terriblement plaisant de virevolter entre les projectiles, d’utiliser le grappin qui permet de se propulser à vitesse grand V sur de longues distances (parfois dans le but d’esquiver, d’ailleurs) et de vider un chargeur complet sur une vile créature. Le rythme imposé par Saros est tout à la fois soutenu et jouissif. Quand l’action démarre, il n’y a aucun temps mort et le gameplay, parfaitement calibré et sans aucune friction, s’insère à la perfection. Alors oui, Saros est exigeant, mais il peut se le permettre.

Saros // Source : Capture PS5
Saros propose une expérience à la carte, avec des modificateurs bénéfiques à équilibrer avec des malus // Source : Capture PS5

On trouvera simplement à redire sur certains éléments liés au roguelite, notamment le manque de renouvellement dans les différents agencements possibles au sein des biomes (on a vite un sentiment de déjà-vu), le manque d’impact sur la composante aléatoire et la futilité des reliques (les malus sont trop élevés par rapport aux bénéfices). On aurait aussi aimé que les boss soient tous logés à la même enseigne en termes de design et d’opposition. Le casting de Saros démarre et finit fort, mais il y a un creux indéniable, comme si Housemarque avait lui-même enclenché le frein à main pour ne pas assommer les joueuses et les joueurs. Returnal n’était pas mémorable non plus pour ses plus féroces adversaires, et c’est un défaut que Saros gomme sans parvenir à l’effacer totalement.

Le verdict

Développé par Housemarque, qui maîtrise tellement bien l’école du gameplay, Returnal était l’un des meilleurs jeux du catalogue de la PS5. Saros, sa suite spirituelle, est une véritable masterclass, une version 2.0 qui gomme tout ce qui a été reproché à Returnal pour aboutir à une formule proche de la perfection. Plus beau, doté d’une meilleure narration, moins frustrant, Saros surclasse son aîné. Surtout, Saros profite des fondations de son prédécesseur en termes de gameplay. En résulte un jeu d’action aux sensations incroyablement satisfaisantes, tant dans les phases de tir pures que dans les quelques séquences de voltige. Saros reste un pur plaisir à jouer, un modèle d’exploitation de la DualSense et une vraie claque artistique. Bravo Housemarque !
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