Voilà ce bougre de Jack Pepper dans de beaux draps. Il s’embourbe dans une bien sombre affaire, avec la disparition soudaine de son ami magicien, sans laisser de trace, avec qui il a vécu la guerre. L’autre est devenu une « star » aux mauvaises fréquentations, lui un détective privé désabusé et cynique, prêt à filer le moindre scoop à son amie journaliste. Le tout dans une ville menacée par un immense complot visant les musaraignes, persécutées par les souris.
Mouse: P.I. For Hire a forcément dû vous faire de l’œil. Sous ses airs de rejeton de Mickey, entre autres vieux cartoons des années 30, il mise sur son esthétique léchée, avec un rendu en noir & blanc exquis, pour séduire. La direction artistique est très clairement sa plus grande force, et le studio Fumi Games l’a très, très bien compris. Mais ne serait-ce que de la poudre aux yeux ? Mickey peut-il être fier de cet héritier ? Tant de questions à élucider, et que ne renierait pas ce bougre de Jack Pepper.
Points forts
- Un rendu N&B incroyable, avec des animations superbes
- Univers et personnages attachants
- Une variété appréciable dans les niveaux traversés
Points faibles
- Quelques ralentissements
- Gameplay répétitif
- Desigual va détester
Mouse: P.I. For Hire est d’une beauté étourdissante
Les artistes du studio derrière Mouse: P.I. For Hire ont été particulièrement inspirés. Dessiné avec goût, et animé avec brio à la main, ce FPS (jeu de tir à la première personne) est d’une beauté sidérante pour qui est réceptif à cette vision résolument rétro — pour ne pas dire d’un autre temps, puisqu’il évoque les dessins animés des années 30. Il n’y a bien entendu pas besoin d’être né à cette époque pour apprécier ce spectacle charmant, né dans un travail d’orfèvre qui s’apprécie aux quatre coins de l’écran. Merci les détails fins qui ajoutent de la vie dans Mouseburg (même les éléments de l’interface sont animés).
Un univers mêlant film noir et humour… noir
Alors oui, on pourrait pester contre les quelques couacs techniques (des ralentissements, par exemple, même avec le mode Performance sur PS5 Pro). Ou encore sur les modèles ennemis qui se répètent, donnant l’impression d’en découdre avec une armée de clones. Mais on préfère retenir l’exploit de design réussi par Fumi Games qui, en prime, donne naissance à une ville intégrale. Du bar où les vieilles branches viennent oublier leur peine au dock malfamé, en passant par l’asile flippant ou encore ses studios de tournage. Mouseburg est un décor aux multiples ambiances, qui crédibilisent un univers mêlant film noir et humour… noir.

Car, sans surprise, Mouse: P.I. For Hire joue volontiers sur l’absurdité pour captiver, avec des situations ubuesques, tout de même dignes des meilleures œuvres centrées sur une enquête opaque et tentaculaire. S’y mélange un nombre incalculable de références à la pop culture, qu’elles soient anciennes (le Steamboat Willie est là, car tombé dans le domaine public, tout comme Popeye, autre figure des années 30) ou plus récentes (Indiana Jones, même si l’aventurier commence à dater lui aussi). On sent que les scénaristes de Fumi Games se sont autant amusés que les artistes, avec des jeux de mots incessants sur le fromage et les rongeurs.

On louera par ailleurs le casting vocal impeccable, emmené par un Troy Baker qui donne tout ce qu’il a, accompagné d’une sacrée bande de joyeux lurons. L’acteur star de l’industrie du jeu vidéo, vu et/ou entendu dans The Last of Us, Uncharted, Death Stranding ou encore Indiana Jones et le Cercle Ancien, a le timbre grave parfait pour Jack Pepper — qui a sans doute abusé des cigarettes et de l’alcool. Il se fond parfaitement dans la bande-son aux teintes de velours et de jazz, comme le veut une telle ambiance.

Mouse: P.I. For Hire est un Doom à l’ancienne
Heureusement que Mouse: P.I. For Hire est convaincant sur la narration et la forme. Car on devine un peu trop vite les limites de son gameplay old-school. Il n’est en fait qu’un vieux Doom bien déguisé, dans lequel on passe d’une arène à une autre. Des portes crachent des vagues d’ennemis, jusqu’à entendre un signal sonore retentir, et on passe à la suite. Si vous avez joué à un jeu de tir, alors Mouse: P.I. For Hire ne vous fournira aucune sensation inédite. Tout juste s’efforce-t-il de pimenter un peu l’arsenal avec quelques pièces exclusives et l’opportunité d’améliorer pistolet, mitrailleuse et fusil. On retrouve même une tronçonneuse, c’est dire jusqu’où la ressemblance avec Doom est assumée.

Dès lors, Mouse: P.I. For Hire finit par être répétitif, avec une grammaire à peine chahutée par des boss — un peu — récalcitrants (dans le bon sens du terme) et des compétences spéciales ajoutées au fur et à mesure. Jack Pepper peut ainsi utiliser sa queue pour crocheter des serrures ou planer en faisant l’hélicoptère. Ajoutez un double saut et vous obtenez une panoplie complète pour quelques phases de voltige un peu lourdes, mais qui ont le mérite de briser la boucle des gunfights aux sensations pas loin d’être inexistantes.

Signalons enfin la construction intéressante de l’aventure, découpée en plusieurs enquêtes qui se recoupent. Parfois, on a même la liberté de choisir l’ordre dans lequel on visite les différents environnements de la ville, ce qui fera avancer telle ou telle affaire jusqu’au dénouement final. Entre deux balades, vous pourrez vous adonner à l’une des passions locales au sein du hub (le bureau de Jack) : un jeu de cartes dérivé du baseball (cartes qu’il faudra dénicher dans les niveaux ou acheter auprès de la boutique). En somme, il y a matière à souffler dans Mouse: P.I. For Hire, qui mise sur son caractère pour nous faire voir le bout, après environ 10 à 15 heures de jeu.
Le verdict

MOUSE: P.I. For Hire
Voir la ficheOn a aimé
- Un rendu N&B incroyable, avec des animations superbes
- Univers et personnages attachants
- Une variété appréciable dans les niveaux traversés
On a moins aimé
- Quelques ralentissements
- Gameplay répétitif
- Desigual va détester
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