Le responsable du commandement cyber américain a révélé dans une interview que les États-Unis mènent des offensives contre le système informatique russe. Cela ne constitue pas une confrontation militaire directe, selon Washington.

Le terme de cyberguerre n’a jamais aussi bien porté son nom. Les États-Unis ne s’arrêtent pas seulement à la livraison d’armes en Ukraine, mais organisent parallèlement des cyberattaques contre la Russie. « Nous avons mené une série d’opérations : offensives, défensives, [et] d’information » a déclaré le général Nakasone à Sky News dans une interview diffusée mercredi 1 juin.

Paul Nakasone, qui est également directeur de la NSA – les renseignements américains – n’a pas fourni de détails spécifiques sur les offensives, précisant seulement qu’elles étaient « légales et conformes à la politique américaine ».

Interrogé sur le sujet par The Register, la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a ajouté : « Nous ne négocions pas notre assistance pour la sécurité à l’Ukraine. Nous faisons exactement ce que le président a dit qu’il ferait. »

Cette reconnaissance publique d’opération directement menée contre Moscou est une première depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. Bien que la déclaration soit entourée de mystère, les États-Unis font comprendre qu’ils sont suffisamment à l’aise pour attaquer dans le cyberespace, sans qu’il y ait un risque d’escalade derrière. Le président américain Joe Biden a promis de ne pas s’engager directement avec la Russie sur le plan militaire pendant la guerre en Ukraine, tant que les États-Unis et leurs alliés ne sont pas attaqués.

« Les cyberattaques ne violent pas l’engagent de ne pas rentrer dans un conflit militaire direct avec Moscou » déclare Karine Jean-Pierre, la porte-parole.

La Russie doit travailler sur sa défense

Sur le plan cyber, les pays occidentaux s’en tiennent généralement à la défense de leur système, le hacking étant une méthode plutôt prisée par les Russes. Les États-Unis ont d’ailleurs révélé en avril dernier qu’un groupe de pirates informatiques, lié à Moscou, avait tenté d’infecter des milliers d’ordinateurs pour installer un logiciel espion.

Tom Kellermann, responsable de la stratégie de cybersécurité chez VMware, a qualifié « d’historique » cette démarche de reconnaissance dans The Register. « Depuis 2013, les Russes ont mené une insurrection dans le cyberespace américain et nous sommes restés silencieux sur les représailles. Le paradigme a changé, car la Russie doit désormais travailler sa défense », poursuit-il.

L’Ukraine, forte d’une armée de centaines de milliers de hackers volontaires, harcèle également les entreprises et les sites gouvernementaux russes. La plateforme de distribution d’alcool en Russie est régulièrement perturbée par des cyberattaques. Moscou ne communique que très peu en revanche sur les perturbations dans son cyberespace.