Publications alléchantes sur les réseaux sociaux, groupes WhatsApp ou prises de contact sur Telegram… l’écosystème de l’arnaque à la tâche a multiplié les canaux pour attirer ses cibles.​ Cette escroquerie exploite la quête de petits compléments de revenus pour dépouiller méthodiquement les victimes.

On pourrait résumer ces fraudes à une promesse universelle : de l’argent facile, des tâches simples, le tout sans bouger de chez soi.​

Pourtant, les arnaques à la tâche fonctionnent parce qu’elles activent plusieurs leviers d’ingénierie sociale pour gagner progressivement la confiance de leurs victimes.​

Preuve de ce succès, les vagues de campagnes se sont multipliées ces dernières semaines. Sur les dix jours ayant précédé la rédaction de cet article, deux collaborateurs de Numerama ont d’ailleurs été approchés dans le cadre de ces arnaques.

L’occasion de détailler les mécanismes à l’œuvre derrière cette menace cyber particulièrement fourbe.​

Quels sont les mécanismes de l’arnaque ?

Commençons par définir le terme : l’arnaque à la tâche désigne un ensemble de fraudes en ligne où des escrocs proposent de réaliser de micro‑missions sans qualification particulière, assorties d’une promesse d’un « salaire journalier » pour des likes, avis, notations ou achats factices.​

Comme pour les collaborateurs de Numerama, ce piège en plusieurs étapes commence généralement par un message reçu sur WhatsApp, Telegram, par SMS ou via un profil inconnu sur les réseaux sociaux.​

La victime se retrouve ajoutée à un groupe où s’affichent déjà de nombreux messages : un administrateur mène la conversation, promet des missions allant « de 10 à 350 euros », tandis que d’autres comptes posent des questions sur les modalités de paiement ou affirment avoir bien reçu un virement de quelques euros.​

Groupe Whatsapp d'arnaque à la tâche // Source : Capture d'écran Numerama
Groupe WhatsApp d’arnaque à la tâche. // Source : Capture d’écran Numerama

Dans la plupart des cas, une large part de ces interactions est générée par IA ou orchestrée par les arnaqueurs, mais peu importe : cette mise en scène permet de tester un très grand nombre de personnes jusqu’à ce que l’une d’elles morde à l’hameçon.​

Particularité de ce type de fraude, c’est à la victime elle‑même de contacter son futur bourreau une fois intégrée dans le groupe, ce qui permet de contourner plus facilement les filtres anti‑spam des messageries.​
Une fois le contact direct établi via un canal privé, la suite du piège peut se dérouler, étape par étape.

Le piège une fois la confiance instaurée

Reposant sur aucune compétence technique de hacking, l’arnaque à la tâche mise avant tout sur la confiance. Ainsi, dans la majorité des cas documentés, les premières missions sont menées à bien et les (futures) victimes reçoivent effectivement un petit virement, de quelques euros, sur leur compte bancaire ou PayPal.​

Mais voilà, dès l’intégration au groupe, la promesse de tâches payées plusieurs centaines d’euros avait été évoquée, et les victimes cherchent naturellement à effectuer ce type de missions. Et c’est à cet instant que le mécanisme se durcit.​

Pour accéder à ces missions mieux rémunérées, il est demandé de « préfinancer » des opérations, d’acheter des lots de tâches ou de déposer un capital sur une plateforme dédiée, sur laquelle sont ensuite crédités les gains.​

Très vite, l’argent accumulé ne peut être retiré qu’à condition d’investir encore davantage de temps ou de fonds : « On fera alors croire à la victime qu’il faut atteindre l’objectif suivant pour enfin obtenir sa rémunération. Mais, pour cela, la victime n’a pas d’autre choix que d’acheter un autre lot de tâches supposément plus rémunératrices », explique cybermalveillance.gouv.fr dans un article de blog.

Ce « cercle infernal » ne s’arrête que lorsque la victime renonce, abandonnant l’intégralité de sa cagnotte entre les mains des escrocs.

Comment se protéger des arnaques à la tâche ?

Ce type d’arnaque, qui utilise les messageries privées comme canal, ne se limite pas aux arnaques à la tâche et n’a rien d’une exception française ; elles sont d’ailleurs souvent menées depuis l’étranger, dans notre cas le numéro du modérateur du groupe provenant d’Afrique du Sud.​

Les plateformes ont d’ailleurs bien conscience du risque que peuvent représenter les groupes ouverts pour les utilisateurs.

WhatsApp a ainsi mis en place une série de mesures pour tenter d’endiguer le phénomène, parmi lesquelles le mode silencieux pour les groupes dont l’utilisateur ne connaît pas la personne qui l’a ajouté, ainsi qu’un message de sécurité qui présente des informations essentielles comme le nom du groupe ou les membres principaux et partage quelques réflexes de vigilance pour éviter les pièges avant même d’accéder à la conversation.​

Enfin, pour bloquer ce type d’arnaque avant même qu’elle puisse vous contacter, vous pouvez modifier les réglages de votre compte WhatsApp et spécifier les personnes ayant le droit de vous ajouter à des groupes : rendez-vous dans Paramètres > Confidentialité > Groupes, puis remplacez l’option « Tout le monde », activée par défaut, par des options plus sûres comme « Mes contacts » ou « Mes contacts sauf… ».

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