Une panne majeure a mis hors-ligne les principaux sites et moteur de recherche russe. Des ONG suspectent un dysfonctionnement lié à une campagne de contrôle de l’activité internet en Russie par le Kremlin.

Pourquoi l’internet russe a-t-il disparu pendant deux heures ? Dans la soirée du 30 janvier, les principaux sites russes sont soudainement devenus indisponibles. Le moteur de recherche Yandex, le plus utilisé en Russie, le premier réseau social du pays VKontakt et le site de-commerce Ozon étaient tous hors-ligne à travers le pays.

Le lendemain, le Centre de coordination du nom de domaine Ru./Rf a déclaré sur son site que la panne serait liée « à un défaut dans le logiciel utilisé pour créer les clés de chiffrement ». Certains fournisseurs « n’ont pas pu envoyer leurs requêtes » après une mise à jour, a ajouté l’organisme russe.

L’ONG russe Network Freedom Project a réagi dans la foulée et suggéré que l’échec pourrait être lié à des expériences pour contrôler le service national de noms de domaine. « Les autorités russes ont depuis longtemps averti qu’elles essaieraient de transférer tous les utilisateurs du pays vers un serveur DNS national. C’est probablement ce qui se passe actuellement avec la masse de sites dans la zone .ru », peut-on lire dans une publication sur Telegram.

WhatsApp, Telegram indisponibles durant les manifestations

Mikhaïl Klimarev, directeur de l’ONG, a déclaré au micro du média russe « Temps actuel » : « la Russie est encore sérieusement intégrée au World Wide Web et dépend des infrastructures situées à l’Ouest. Si vous avez l’ambition de passer au RuNet souverain, il faut vous attendre à des pannes. Nous avons vu les mêmes expériences en Biélorussie (durant les mouvements contestataires) pour s’isoler du monde et il semble que cela fonctionne chez nous ».

Les pannes d’Internet en Russie se sont multipliées ces dernières semaines. Dans la nuit du 24 janvier, les applis de messagerie Telegram, WhatsApp et Viber étaient indisponibles. Ces perturbations coïncident avec des manifestations en Iakoutie, une région de la Sibérie, ainsi qu’en Bachkirie après un mouvement contre la condamnation d’un militant local.


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