Le dropshipping est une pratique proche de l’e-commerce traditionnel, à ceci près que les vendeurs ne gèrent aucun stock : ils attendent d’effectuer une vente pour passer commande chez leur fournisseur. Légale, la pratique recouvre néanmoins énormément de dérives.

Le dropshipping, comment ça marche ?

Le concept est assez simple. Imaginons que vous décidiez de vendre des sacs à dos aux amateurs de balades au grand air, ou des robes printanières. Pour cela, il vous suffit de créer une boutique en ligne, sur Shopify, Wix ou ailleurs. Pas besoin de constituer un stock de marchandises : vous chercherez vos sacs et vos robes chez un fournisseur peu cher — par exemple AliExpress, la plateforme d’e-commerce du géant chinois Alibaba, ou Gearbest.

Sur votre site, vous présentez vos produits à des prix attractifs, mais plus élevés que ceux effectivement pratiqués chez votre fournisseur. Et, le tour est joué : lorsque le client arrive, c’est à vous qu’il passe commande. De votre côté, vous transférez la commande au fournisseur et vous empochez la différence entre la somme que ce dernier vous demande et celle payée par le client. Quant au fournisseur, il livre directement l’acheteur.

Le dropshipping est-il illégal ?

Non : en soi, c’est le même fonctionnement que celui d’une boutique classique, la constitution de stocks de marchandises en moins. Le site du ministère de l’Économie expose d’ailleurs le cadre dans lequel cette activité peut être réalisée. Mais, ce modèle d’affaires est associé à de nombreuses pratiques frauduleuses, ce qui incite à recommander la précaution.

En soi, c’est le même fonctionnement que celui d’une boutique classique. // Source : Canva
En soi, c’est le même fonctionnement que celui d’une boutique classique. // Source : Canva

Quels types de dérives sont associées au dropshipping ?

Au début de la pandémie de coronavirus, des entrepreneurs ont tenté de vendre des masques FFP2 « huit fois le prix » pratiqué par leur fournisseur Aliexpress. Le concept même de vendre un produit beaucoup plus cher que le prix de l’approvisionneur, alors qu’aucun service supplémentaire n’est proposé, que ce soit pour profiter d’une crise ou d’un effet de mode, peut faire tiquer.

Outre cette question morale, un problème récurrent du dropshipping est qu’il fournit aux consommateurs des produits de moindre qualité, par rapport à ce que ces derniers croient acheter, voire des contrefaçons. Par ailleurs, le passage par un intermédiaire qui ne prévoit aucun stock a quelquefois pour effet d’augmenter les délais de livraison dans des proportions étonnantes. Ce type de système ne fournit aussi aucun service client satisfaisant. Les dropshippers utilisent tout un tas de techniques trompeuses, de l’écriture de faux commentaires à l’affichage de fausses promotions qui poussent à acheter rapidement.

Enfin, si le dropshipping attire par sa promesse d’argent facile, il profite en réalité plus aux plateformes via lesquelles sont montés ces business (Shopify et consorts pour créer la boutique, Meta lorsque la publicité pour les produits est diffusée via Facebook ou Instagram) et aux formateurs qu’aux vendeurs eux-mêmes. Ces derniers sont si nombreux, souligne Le Monde, qu’il leur est singulièrement difficile de se démarquer de leurs concurrents.

Comment repérer les sites de dropshipping ?

Certaines solutions existent pour débusquer le dropshipping : la plateforme AntiDrop, par exemple, évalue la probabilité que le site que vous consultez se livre au dropshipping. Plus DIY, en cas de doute, vous pouvez aussi mener vos propres recherches sur Amazon, AliExpress ou d’autres sites d’e-commerce pour voir si vous ne retrouvez pas le même produit à un prix moins élevé. D’expérience, la recherche d’image fonctionne aussi, certains sites de dropshipping récupérant purement et simplement celles proposées par leurs fournisseurs pour les présenter sur leur site.

Si vous repérez un site aux pratiques douteuses, vous pouvez le signaler sur la plateforme gouvernementale Signal Conso.