Avec les récents développements parus dans la presse, l'éditeur antivirus Antivirus a préféré renoncer à la monétisation des habitudes de navigation de ses clients. La polémique, qui a émergé l'automne dernier, avait pris une plus grande ampleur ces derniers jours.

Elle ne comptait que pour 5 % des activités globales du groupe, mais était responsable de la totalité de ses récents soucis d’image : le déséquilibre était trop important pour qu’Avast insiste. Aussi, le 29 janvier, le PDG de l’entreprise spécialisée dans la sécurité informatique a annoncé l’arrêt de la monétisation des habitudes de navigation des internautes à laquelle il procédait via Jumpshot, l’une de ses filiales.

L’éditeur tchèque a également décidé de fermer Jumpshot, puisque son existence devient sans objet avec l’arrêt de ses activités, et de présenter ses excuses à sa clientèle.  « Je me rends compte que les récentes actualités sur Jumpshot ont heurté beaucoup d’entre vous, et ont soulevé à juste titre un certain nombre de questions – y compris celle fondamentale de la confiance », écrit Ondrej Vlcek, le PDG.

L’intéressé soutient que durant toute la carrière de Jumpshot, elle comme Avast ont évolué « dans les limites de la loi » et ont juré de respecter les exigences du Règlement général sur la protection des données (RGPD) « Nous avons accueilli très favorablement l’arrivée du RGPD » comme « cadre juridique rigoureux sur la manière dont les entreprises devaient traiter les données des clients ».

Avast
Avast prend des mesures drastiques pour clore la controverse. // Source : Avast

Ainsi, les habitudes de navigation des internautes qui étaient collectées via des extensions de navigateur suivaient une procédure de dé-identification afin de les rendre, en théorie, anonymes. Ensuite, les résultats des traitements réalisés sur ces données étaient vendus à divers clients. Des noms comme Google, Microsoft, Sephora ou Pepsi sont apparus comme clients passés ou potentiels.

Sauf que des enquêtes récentes dans la presse anglophone ont montré que le processus était susceptible d’être inversé. En clair, la trace d’un internaute pouvait être remontée et ainsi se retrouver exposée. Ces développements récents ont fini par achever de convaincre Avast qu’il fallait lâcher prise, d’autant que ce business colle difficilement avec l’image que le groupe a dans le domaine de la sécurité informatique.

Avast suggère qu’il allait fermer Jumpshot

Dans son message, le PDG du groupe fait coïncider cette fermeture avec sa décision de passer en revue chaque activité de la société au moment de sa prise de fonction à ce poste. «  Au cours de ce processus, j’en suis venu à la conclusion que le secteur de la collecte de données n’est pas conforme à nos priorités en matière de protection de la vie privée en tant qu’entreprise en 2020 et au-delà », affirme-t-il.

L’affirmation est discutable : en décembre, lors d’une première intervention publique dans les colonnes de Forbes, jamais Ondrej Vlcek n’a suggéré que Jumpshot pourrait fermer. Pourtant, la controverse était déjà bien installée et il aurait pu lâcher du lest pour tenter de faire diminuer la pression. L’intéressé assurait qu’il n’y avait pas de scandale concernant la vie privée de sa clientèle.

Avast ne précise pas ce qu’il va advenir des employés de Jumpshot, s’ils sont purement et simplement licenciés ou s’ils sont redéployés dans d’autres départements du groupe — ils sont des centaines, selon Ondrej Vlcek. Contacté à ce sujet, l’éditeur antivirus n’a pas encore formulé de réponses à nos questions. L’article sera mis à jour si des précisions sont apportées par le groupe.

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