La société Hyperloop Transportation Technologies vient de signer un accord d'entente pour la construction de ce mode de transport futuriste dans l'État indien d'Andhra Pradesh. Si sa concrétisation n'est pas garantie, l'Inde pourrait bien être le premier pays à accueillir l'Hyperloop grâce à la modestie du projet.

L’Inde fait son entrée dans la course à l’Hyperloop : le pays au 1,3 milliard d’habitants vient de signer un accord d’entente avec la société Hyperloop Transportation Technologies (HTT) en vue de potentiellement y installer ce mode de transport futuriste.

Conceptualisé par Elon Musk en 2012, l’Hyperloop permettrait de relier des grandes distances très rapidement à bord de capsules capables d’atteindre 1200 km/h dans le tube où elles circulent. Et donc de réduire considérablement la longueur des trajets, pour les faire passer de plusieurs heures à une trentaine ou quarantaine de minutes.

L’accord d’entente — qui indique une volonté commune des deux parties mais ne garantit pas la concrétisation du projet — signé par HTT avec le Conseil pour le développement économique de l’État d’Andhra Pradesh prévoit de raccorder, grâce à l’Hyperloop, le centre des villes d’Amaravati, la future capitale de l’État, et de Vijaywada. Ces deux localités, séparées par le fleuve Krishna, l’un des plus longs du pays, sont distantes d’une cinquantaine de kilomètres : l’Hyperloop les relierait en seulement 6 minutes contre plus d’une heure actuellement en voiture.

Le temps de trajet actuel entre les deux villes en voiture.

Une phase d’étude de 6 mois avant les travaux potentiels

Ce projet, qui pourrait créer, selon HTT, 2 500 emplois, serait financé par un partenariat public-privé. À compter d’octobre 2017, Hyperloop Transportation Technologies va mener, pendant 6 mois, une étude pour s’assurer de la faisabilité du projet en se penchant sur « les paysages urbains environnants pour créer la meilleure route possible entre les deux villes » situées dans le sud-est du pays. Si cette phase est concluante, HTT passera à la construction de l’Hyperloop, le premier d’Inde et potentiellement du monde — alors qu’Elon Musk a récemment reçu l’autorisation de creuser ses tunnels de test en Californie.

Pour Krishna Kishore, responsable du Conseil de développement de cet État aux 50 millions d’habitants, l’arrivée de l’Hyperloop constituerait une grande avancée : « Comme toutes les avancées technologiques qui changent le monde, HTT compte collaborer avec le gouvernement d’Andhra Pradesh pour encourager la recherche et le développement, afin de proposer des technologies abordables et à bas coût pour le plus grand nombre. Cela permettra à terme d’améliorer les conditions de vie dans la région. » 

Il s’agirait aussi d’une étape considérable pour l’Hyperloop : si les différentes entreprises impliquées dans ce mode de transport ne manquent pas d’ambition — à l’instar du projet de liaison Paris-Amsterdam en 30 minutes — elles pèchent sans doute par excès d’optimisme en visant l’horizon 2020-2021 pour le déploiement de leur(s) tube(s).

Ce genre d’installation nécessite en effet, outre des autorisations administratives à différents niveaux, un temps et un coût de construction particulièrement importants, qui semblent difficilement pouvoir aboutir en seulement 3 ou 4 ans au vu de l’avancement actuel des projets. Malgré son engagement tardif dans la course à l’Hyperloop, l’Inde pourrait toutefois, grâce à la relative « modestie » de son projet, être le premier pays à se doter de cette technologie.

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