Waymo (Google/Alphabet), en plein litige judiciaire avec Uber, qu'il accuse de vol de technologie autour de la voiture autonome, se lance sur un créneau développé par son rival : les camions autonomes. La bataille entre les deux entreprises est bien partie pour se poursuivre sur un terrain supplémentaire.

Au cœur de la bataille judiciaire entre Waymo (Google/Alphabet) et Uber, on trouve Otto, une startup dédiée aux camions autonomes fondée par Anthony Levandowski juste après son départ de la première entreprise. L’ancien salarié — et père de la voiture autonome — est soupçonné de l’avoir créée dans le seul but de la revendre, quelques mois après, à Uber, offrant ainsi cette technologie et son propre savoir-faire à son nouvel employeur  — dont il vient d’être licencié.

Ironie du sort, Waymo élargit désormais ses travaux sur la voiture autonome aux camions. BuzzFeed, intrigué par un poids lourd repéré sur une route américaine, en a obtenu confirmation auprès d’un porte-parole :  « La technologie de conduite autonome peut permettre de transporter des passagers et des objets de façon bien plus sécurisée que nous ne le faisons aujourd’hui et de réduire les milliers de morts dues aux camions chaque année. Nous mettons nos 8 années d’expérience dans le développement de matériel et de logiciel de conduite autonome à profit pour explorer son intégration dans les camions ».

La filiale de Google dédiée à la voiture autonome a ainsi reconnu tester un unique camion sur des routes ouvertes au public, en procédant pour l’instant à une conduite manuelle pour collecter le maximum de données.

Uber en avance grâce à Otto

Les camions de transport, qui représentent près de 2 % du marché de l’emploi aux États-Unis, sont ciblés à double titre par Uber : d’une part avec les camions de transport Otto — sachant que ce corps de métier serait le plus menacé par la conduite autonome — et d’autre part avec le système Uber Freight, qui se propose de remplacer les traditionnels cabinets de courtage.

Uber bénéficie d’une longueur d’avance en matière de camion autonome : l’entreprise a réalisé sa première livraison en octobre 2016 et poursuivi, depuis, des tests en Californie sans vraiment tenir compte de la législation en vigueur. Comme l’entreprise l’avait déjà fait avec ses voitures autonomes à San Francisco avant de finir par rentrer dans le droit chemin.

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