Le chatbot DoNotPay, initialement conçu pour permettre aux utilisateurs de contester leurs PV, trouve aujourd'hui une nouvelle utilité : il aide et conseille les migrants dans leurs démarches de demande d'asile.

« Le premier robot avocat du monde » : voici comment Joshua Browder définit DoNotPay, le chatbot qu’il a créé. Ce programme informatique capable de dialoguer avec un utilisateur fonctionne par l’intermédiaire de Facebook Messenger. Son principal objectif : conseiller gratuitement les migrants dans leur démarche de demande d’asile.

À l’origine conçu pour permettre à ses utilisateurs de contester des PV pour stationnement ou excès de vitesse, le chatbot a trouvé une nouvelle utilité depuis que l’Europe doit gérer au mieux l’arrivée de nombreux migrants. Joshua Browder, étudiant britannique à l’université californienne de Stanford, a ainsi préféré adapter son invention pour aider les demandeurs d’asile, à l’instar d’une application déjà lancée en Allemagne depuis plus d’un an.

Au Royaume-Uni, ce chatbot aide les migrants à réaliser les demandes administratives qui peuvent leur permettre d’obtenir un soutien financier de la part du gouvernement britannique. DoNotPay est également disponible aux États-Unis et au Canada, où il permet à ses utilisateurs d’obtenir des conseils pour remplir leur demande d’asile. Joshua Browder s’est appuyé sur les conseils d’experts juridiques de chacun de ces pays pour développer son chatbot, qui rappelle, dans son fonctionnement, RentersUnion, un autre logiciel qui conseille les locataires dans leurs démarches juridiques.

Joshua Browder

Des conseils validés par des experts juridiques

« Cela fonctionne en posant une série de questions, afin de déterminer si un réfugié est éligible à une protection pour asile en vertu du droit international. Par exemple : craignez-vous de subir la torture dans votre pays d’origine ? », explique l’étudiant à BBC Trending.

Si le chatbot estime, en fonction des réponses sélectionnés par l’internaute, que ce dernier est effectivement éligible à une demande d’asile, il se charge alors de compléter le formulaire correspondant, grâce à une intelligence artificielle qui récupère les informations utiles au cours de la conversation.

DoNotPay est utilisable sur l’application Messenger de Facebook disponible sur Android et iOS. Joshua Browder s’est déjà fixé comme objectif d’élargir son utilisation à d’autres applications, comme WhatsApp, ainsi que d’ajouter de nouvelles langues.

Facebook Singa France

En France, Singa relie réfugiés et bénévoles

La France n’est pas en reste en matière d’initiative numérique visant à aider les réfugiés. Ainsi, l’association Singa s’est donnée pour mission de « connecter les personnes réfugiées et la société civile » à travers son projet Calm (Comme à la Maison).

Pour une durée de 3 à 12 mois, le programme permet à des réfugiés souhaitant vivre en immersion chez un particulier de « se familiariser avec les codes socioculturels français » et de réaliser un projet. Comme l’indiquaient nos confrères du Figaro en février 2016, 210 réfugiés avaient trouvé un hébergement par ce biais en six mois.

Calm fonctionne à l’aide d’un algorithme, qui se charge de matcher les réfugiés et les hébergeurs en fonction de critères comme la géolocalisation, les centres d’intérêts ou les goûts alimentaires.

Dans le état même esprit, Airbnb a également appelé les membres de sa plateforme à héberger des personnes fuyant des situations de conflits, de persécutions ou de catastrophe naturelle dans leur pays d’origine. Le leader de la location de logements entre particuliers prévoit d’héberger 100 000 réfugiés en cinq ans.

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