Selon Yves Guillemot, PDG d'Ubisoft, les consoles de jeux vidéo traditionnelles disparaîtront d'ici deux générations de consoles, pour laisser place aux services de jeu en streaming.

Entre la Playstation 4, la Xbox One, et dans une moindre mesure la Wii U, le marché des consoles de jeux-vidéo ne cesse de s’enrichir avec des modèles toujours plus performants. Mais l’ère des consoles de jeu arrive peut-être bientôt à sa fin. C’est l’avis de l’excellent connaisseur Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft.

Alors qu’il présentait la semaine dernière les derniers résultats de son entreprise, Yves Guillemot a en effet expliqué qu’il estimait que les plateformes de jeux vidéo allaient laisser leur place au streaming. Autrement dit, au lieu de disposer d’un support physique qui réalise tous les calculs à quelques dizaines de centimètres de l’écran, les consoles migreront vers le cloud, pour être en grande partie dématérialisées.

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Actuellement la bande passante ne peut supporter le contenu vidéoludique, et ses exigences de latence très faible. Mais ça va venir. « Nous croyons dans le streaming », affirme Yves Guillemot. « Nous pensons que ça va croître mais pour l’instant, avec les types de jeu qui existent actuellement, cela prendra encore un peu de temps avant qu’il ne soit popularisé  ». Il ajoute également qu’il y aura encore une nouvelle génération de consoles avant de passer à un « nouveau type » de plateformes, ce qui devrait représenter entre cinq à dix ans.

Passer d’un produit à un service

Loin d’être une lubie, la prédiction de Guillemot a de grandes chances de devenir réalité. La question est surtout celle du calendrier. Déjà testé avec des plateformes comme feu Onlive ou le Shield de NVidia, le streaming présente en effet de nombreux avantages pour le marché du jeux vidéo. La puissance de calcul qui justifie le prix des consoles de jeux serait en grande partie reléguée vers les serveurs distants, et les composantes physiques des consoles se résumeraient donc au minimum nécessaire pour recevoir les instructions et afficher l’image, façon terminal. Les coûts de fabrication seraient ainsi bien moindres.

Une fois les consoles dématérialisées, leur puissance pourra être constamment améliorée au bénéfice de nouveaux jeux toujours plus exigeants, façon « console as a service ». Enfin pour les éditeurs, les jeux n’appartiendraient plus aux utilisateurs, qui ne feraient qu’y louer l’accès. Sur une plateforme en streaming, ces derniers ne seront plus que titulaires du droit d’accéder à la plateforme de jeux, comme ils le font pour accéder aux contenus de Netflix ou de Spotify. À terme, il est donc probable aussi que le modèle économique du jeu change considérablement.

Une technologie encore à prouver

Mais la véritable barrière au jeu en streaming reste technologique. La plupart des jeux vidéo exigent une très forte réactivité et donc d’excellentes connexions à Internet avec un délai de réponse très court. Pas question d’appuyer sur un bouton pour ne voir l’effet que quelques centièmes de seconde plus tard, ou l’expérience devient désastreuse. Certains jeux peuvent se prêter à un temps de réaction plus long, comme les jeux d’aventure, les jeux de rôle (et encore, pas tous) ou de puzzle, mais ça devient beaucoup plus compliqué pour les simulations de voitures, les jeux de foot ou les FPS.

Yves Guillemot semble toutefois optimiste et persuadé que les futures licences d’Ubisoft tourneront sur des serveurs en streaming, à plus ou moins longue échéance. Un avis renforcé par la récente déclaration de Shuhei Yoshida, le président de Sony, qui n’est pas certain qu’il y aura une PlayStation 5.

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