Venu de Corée du Sud au Web2Day 2016, le roboticien Jeakweon Han prévient : face aux robots, le futur de l'emploi résidera dans les besoins profonds d'humanité.

C’est une véritable star de la robotique dans son pays. Ce vendredi, le roboticien sud-coréen Jeakweon Han était présent au Web2Day 2016 à Nantes, pour livrer sa vision des robots humanoïdes. Titulaire d’un doctorat obtenu aux États-Unis à Virginia Tech, l’homme à la longue chevelure est actuellement professeur au sein du département d’ingénierie robotique de l’Université d’Hanyang en Corée du Sud.

En 2011 il avait remporté la Robocup, la coupe du monde de football robotisé, avec son robot CHARLI :

En 2014, il créa le robot de sauvetage Thor-Mang, pour intervenir sur les zones rendues dangereuses par des catastrophes naturelles ou industrielles, telles que les tremblements de terre qui ont causé la catastrophe de Fukushima en 2011 :

Entretemps, Jeakweon Han a développé un robot pour participer au challenge de robotique de la DARPA, l’armée américaine, qui avait fixé huit épreuves imposées que devaient réussir les robots humanoïdes candidats — notamment passer par une porte étroite, s’extraire d’une voiture, conduire une voiture, ouvrir une vanne, …

Il est parvenu l’an dernier à arriver jusqu’en finale, remportée par une autre équipe sud-coréenne :

Son robot faisait partie de ceux qui sont tombés, et qui ont donné lieu à une vidéo étonnamment humaine, qui génère les mêmes rires que ceux que l’on peut avoir face à une vidéo d’enfants qui apprennent à marcher et finissent par perdre l’équilibre :

Mais Jeakweon Han est surtout venu en France pour livrer un message. «  Les robots sont très imparfaits. Nous sommes encore loin d’un Terminator, mais la technologie avance très vite », a-t-il prévenu. Il ne fait plus aucun doute pour lui que les robots vont prendre une place très importante dans la vie quotidienne des humains, ce qui est à la fois une chance et une menace. Il estime que c’est une chance, au regard en particulier du vieillissement de la population, qui impose de trouver un nouvel équilibre de la société, où les robots devront pouvoir aider les personnes âgées.

Les robots n’ont pas d’humanité. Et le besoin d’humanité conduira à créer de nouveaux types de travail

Cependant il reconnaît aussi que la robotique, associée à l’intelligence artificielle, sera une véritable menace pour l’emploi des humains, et en particulier — contrairement à ce que l’on imaginait il y a une dizaine d’années encore, pour les emplois qui sont actuellement les mieux payés. Il sera toujours plus facile pour une entreprise de rentabiliser l’achat onéreux d’un robot qui remplace un emploi très bien rémunéré, que de rentabiliser l’achat de robots qui remplacent des tâches de bas niveau de qualification. Plus clairement, et même s’il « reste encore beaucoup de choses que les robots ne savent pas faire », tout le monde est aujourd’hui menacé par les avancées technologiques, et la société doit s’interroger sur son avenir.

«  Il faut que l’on oriente nos enfants vers des métiers qui ne pourront pas être remplacés par des robots », a-t-il insisté.

Or il y a une chance, selon lui : même si l’on en arrive désormais à ressentir une véritable empathie pour eux, les robots qu’il côtoie au quotidien restent des machines, et resteront des machines. « Ils n’ont pas d’humanité. Et le besoin d’humanité conduira à créer de nouveaux types de travail  ».

Lesquels ? « Je ne sais pas », reconnaît humblement le roboticien. Pendant longtemps, on a cru que les métiers de la création artistique seraient épargnés. Mais l’on voit déjà apparaître des IA qui composent des œuvres d’art crédibles, en comprenant mieux que l’humain ce qui touche l’humanité. Alors, à quoi ressemblera vraiment l’emploi du futur ?

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