En difficulté face à AlphaGo, Lee Sedol a admis peu avant son premier match contre le système d'IA de Google que les machines ont des avantages évidents face aux humains pour jouer au go.

Après deux défaites consécutives contre AlphaGo, Lee Sedol parviendra-t-il à trouver en lui les ressources nécessaires pour renverser la vapeur et enfin prendre l’avantage sur le système d’intelligence artificielle conçu spécialement par Google pour dominer n’importe quel adversaire au jeu de go ? Rien n’est moins sûr. En effet, l’équation qui se présente au champion sud-coréen est très difficile à résoudre.

Lee Sedol
Lee Sedol

Sur les cinq rencontres prévues entre Lee Sedol et AlphaGo, il ne reste plus que trois duels à disputer. Le premier qui arrive à trois victoires remporte le face-à-face. Vous l’imaginez : Lee Sedol ne peut plus se permettre de concéder un seul point à AlphaGo. Il a l’obligation de remporter les trois prochains matchs — qui auront lieu les 12, 13 et 15 mars à Séoul — s’il veut gagner contre la machine de Google.

Le problème pour Lee Sedol, c’est que son adversaire n’est pas humain. AlphaGo n’est qu’une machine qui n’a pas d’état d’âme et se montre infatigable à la tâche qui lui est assignée. Dès lors, il lui est impossible de déceler une quelconque expression sur le visage de son opposant qui pourrait lui permettre de deviner s’il est en train de prendre l’ascendant.

L’humain est faillible et émotif. Pas la machine.

C’est le problème que le joueur sud-coréen a évoqué au cours d’une conférence de presse ayant eu lieu la veille de la première rencontre. « Parce que les humains sont des humains, ils font des erreurs. […] Je pourrais perdre », a-t-il confié, tranchant avec l’assurance qu’il exprimait à la fin du mois de février, en estimant pouvoir gagner sur un score fleuve, 5 à 0 ou 4 à 1. La machine, elle, joue avec une constance implacable.

Pour l’heure, c’est plutôt AlphaGo qui pourrait écraser Lee Sedol si celui-ci ne parvient pas à reprendre le dessus.

« Dans une partie entre humains, il est important de percevoir l’énergie et la force de son opposant. Mais dans ce match, il est impossible de ressentir ça. Cela pourrait me donner l’impression de jouer seul », a ajouté le champion. Impossible, dès lors, de se raccrocher à des indices psychologiques ou des réactions de l’adversaire. C’est un territoire étranger dans lequel entre Lee Sedol.

Goban
Un plateau de jeu de go.

L’analyse de Lee Sedol est partagée par Demis Hassabis, le directeur de DeepMind, la société qui supervise AlphaGo. « Je pense que l’avantage d’AlphaGo est qu’il n’est jamais fatigué et qu’il ne peut pas être intimidé ». Il n’est ni stressé, ni fatigué, ni satisfait. Ses deux victoires récentes contre Lee Sedol ainsi que celles obtenues contre le champion européen Fan Hui soutiennent cette lecture des évènements.

Quant à savoir si le go va perdre de sa superbe en cas de défaite de Lee Sedol, l’intéressé s’est montré rassurant. «  Bien sûr que je peux perdre. Mais un ordinateur ne joue pas en ayant conscience de la beauté du go […] Mon travail est de jouer au go de façon plus élégante ». En somme, l’important c’est de participer ?

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