La health-tech fascine, et à raison. Ce jeudi, une belle histoire de guérison nous vient de l'Australie, où pour la première fois des vertèbres imprimées en 3D ont permis de soigner un patient.

Nous parlions récemment des premiers organes imprimés. Mais avant qu’ils soient implantés, la médecine utilise déjà des os imprimés. Pourtant aucun médecin n’avait encore réussi à implanter sur un patient des vertèbres cervicales, une zone délicate de l’anatomie humaine.

C’est l’audacieux chirurgien Ralph Mobbs, à l’hôpital Prince Of Whales de Sidney, qui a opté pour cette solution futuriste pour son patient. Ce dernier était atteint d’une tumeur cancéreuse rare au niveau des cervicales, le chordome. Brièvement, cette tumeur aurait pu grossir au niveau de ses cervicales jusqu’à comprimer son cerveau, pouvant provoquer ainsi une tétraplégie. La solution chirurgicale est donc une extraction délicate des vertèbres sur lesquelles se trouvent les cellules cancéreuses.

l’imprimante qui sauvait des vies

C’est là qu’intervient l’imprimante 3D, à deux étapes du processus médical. Après de nombreuses radios et analyses de l’anatomie du patient, avec le laboratoire Anatomics Ralph Mobbs a pu simuler les os de son patient et les imprimer.

Avec l’objectif de ne pas seulement utiliser du titane dans la restauration chirurgicale, il a pu modeler des vertèbres. Pour parvenir à cette opération avec précision, le médecin a d’abord simuler l’opération de nombreuses fois grâce à des modèles imprimés de l’anatomie du patient, jusqu’à trouver les gestes parfaits.

3e2e9e342de34bc199c32e430d00dff6Enfin après une opération de 15 heures, le patient s’est réveillé, une tumeur en moins et des vertèbres en plastique en plus. Rassurez-vous : les matières utilisées sont extrêmement durables. Le patient se remet progressivement de l’opération, aussi bien que si elle s’était déroulée sans impression 3D, à la différence que ce dernier ne rencontrera pas de problèmes de mouvements du cou. Ses vertèbres ont été reproduites au millimètre près pour répliquer le comportement de ses anciens os.

Le futur de l’impression médicale

Chaque os et organe reproduit par l’impression 3D constitue en soi une solution pour des maladies et handicaps. Le défi de ses prochaines années se situe donc dans cette compétition médicale pour répliquer chaque partie de l’anatomie et les rendre viables. Posant de fait des questions éthiques de premier ordre : entre impression 3D et médecine bionique, la frontière est mince. Le temps et la réflexion des médecins seront nécessaire pour déterminer le rôle futur des imprimantes dans la médecine.

La fiction s’est en tout cas déjà emparée du phénomène. Un récent épisode de la série télévisée Grey’s Anatomy montre ainsi la reconstruction de la cage thoracique d’une adolescente, avec cette même technique d’impression 3D :

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