Sebastian Errazuriz n'a probablement rien contre Jeff Koons, mais il a souhaité vandaliser virtuellement l'oeuvre de l'artiste polémique. Alors que ce dernier expose ses œuvres en réalité augmentée grâce à Snapchat, Sebastian Errazuriz a joué les trouble-fêtes en vandalisant virtuellement son fameux Balloon Dog.

Entre sa collaboration avec LVMH pour Louis Vuitton et celle avec Snapchat, Jeff Koons ne perd pas ses mauvaises habitudes, offrant toujours une vision commerciale et marketée de son art.

Pour l’artiste habitué aux critiques et aux polémiques, il y a une forme de continuité dans la traduction de son sens du business des années 2000 — on se souvient des déclinaisons infinies de ses œuvres rendues insipides — et son nouvel amour du numérique. Son exposition en réalité augmentée sur Snapchat à travers différents espaces publics répartis aux quatre coins du globe semblait être une nouvelle fausse provocation au monde de l’art, lucrative de surcroît.

Alors quand Sebastian Errazuriz décide d’interroger la propriété de l’espace virtuel, il s’en prend naturellement à celui qui représente l’establishment de l’art consommable version Snapchat. Cet artiste a ainsi vandalisé une sculpture virtuelle de Koons visible en réalité augmentée.

Vandalisme indirect

Il a en effet défiguré le reluisant Ballon Dog dorée de Jeff Koons qui trône virtuellement dans Central Park grâce à des graffitis aussi virtuels que le chien. Pour cela, il a produit une version vandalisée de la célèbre création pour la placer précisément là où Koons a géolocalisé sa sculpture dans l’application Snapchat.

Sebastian Errazuriz a accompagné son geste d’une interrogation sur le business à venir de l’espace virtuel : « Les entreprises peuvent-elles avoir le droit de placer n’importe quel contenu sur notre espace public virtuel ? […] Nous savons qu’elles gagneront de l’argent en louant des lieux à des marques pour nous bombarder de pubs.  »

Pour visionner le vandalisme virtuel d’Errazuriz, il est nécessaire de sortir de Snapchat et d’utiliser l’application de son équipe, appelée ARNYC. Une appli que le Cross Lab new-yorkais a réalisé en réaction à la non-réponse de Snap. Inc quant au souhait de ces derniers de vandaliser, dans Snapchat, l’œuvre de Koons.

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