Deux animateurs de Pixar viennent de publier un de leurs projets secondaires, nommé Borrowing Time. L'histoire est plus adulte et sombre que les produits Pixar traditionnels, mais la qualité graphique reste toujours surprenante.

Andrew Coats et Lou Hamou-Lhadj, deux spécialistes de l’animation qui travaillent au sein de l’équipe de Pixar, ont publié récemment leur dernière réalisation : Borrowing Time. Le court-métrage a déjà fait le tour de plusieurs festivals de cinéma et il est en train de connaître une bonne réception auprès du public.

Le film est divisé en deux parties, l’une où l’on voit le protagoniste âgé, angoissé et désespéré, la seconde où le protagoniste est encore jeune et inexpert et essaye d’échapper à des bandits avec son père.

L’histoire est brève, mais intense. En seulement cinq minutes, les deux réalisateurs nous montrent leurs talents de scénaristes et d’animateurs, mais aussi leur humanité profonde. Dépression, échec, culpabilité, suicide et mort sont exposés avec une délicatesse et une intelligence magistrales.

Ce court-métrage ne révèle pas seulement une histoire tragiquement bien orchestrée, mais va encore plus loin, en allant traiter des thématiques humaines et universelles — la présence étouffante du passé, avec l’exemple de la montre cassée, le sens de solitude et du dépaysement, nos peurs liées aux profondeurs de notre inconscience –, mais aussi politiques, comme l’usage des armes à feu.

Le tout est propulsé par une animation impeccable et des jeux d’ombres et de lumières exceptionnels.

En effet, les deux animateurs avouent, dans un entretien filmé du « making of » (que vous trouverez ci-dessus) que leur objectif était de défier les stéréotypes liés aux films d’animation, notamment la croyance que ce genre ne peut qu’amener à des programmes dédiés aux jeunes.

Cette preuve par l’exemple se rapporte totalement à la philosophie de Pixar, même si le court-métrage est définitivement plus sombre. Si on creuse dans les nombreux films de l’entreprise possédée par Disney, on trouve beaucoup d’analogies liées au monde des adultes et à ses côtés plus réalistes : par exemple, l’histoire d’amour au début du film Up qui s’achève avec la mort de la femme du protagoniste ou bien la fameuse séparation entre Andy et ses jouets préférés.

Ce court-métrage ne connaît pas de fin heureuse, mais la lumière du soleil et la montre qui recommence à marcher sont signes clairs qui invitent le protagoniste à un nouveau départ et à entamer un parcours vers la rédemption. Et c’est à vrai dire ce qui est important pour les films Pixar : toujours recommencer à marcher, même quand les temps sont durs. C’est cela, peut-être, la clef d’une vie simple et heureuse : surmonter les échecs en gardant espoir.

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