Amalia Ulman, jeune artiste contemporaine, fait entrer des photographies prises via le réseau social Instagram à la Tate Modern.

Formée aux beaux-arts de la fameuse Saint Martin’s School à Londres entre 2008 et 2011, Amalia Ulman a joué plusieurs rôles pendant plusieurs mois sur Instagram. Ses photos sont aujourd’hui exposées à la Tate Modern.

Excellences & Perfections

Amalia Ulman est une artiste pleine de talent qui a été repérée il y a un peu plus d’un an par Hans-Ulrich Obrist, conservateur et directeur adjoint de la galerie Serpentine à Londres. À travers les clichés exposés à la Tate, la « fausse » Amalia Ulman poste des séries d’images, souvent des selfies d’une, « It girl » à Los Angeles. Posant parfois en sous-vêtements dans de luxueuses chambres d’hôtels ou photographiant sa poitrine encore bandée à la suite d’une opération de chirurgie esthétique. Des photos parfois vantardes qui laissaient supposer que la jeune artiste avait succombé au narcissisme des réseaux sociaux.

Lorsqu’elle a commencé cette performance sur Instagram en avril 2014, certaines personnes ont commencé à la détester, les galeristes qui l’exposait conseillaient à la jeune artiste d’arrêter de prendre ces clichés : «  les gens risquent de ne plus te prendre au sérieux  », a-t-elle entendu. Elle explique au Telegraph qu’elle a été immédiatement prise pour une « idiote qui montrait ses fesses sur des photos  ». Une jeune artiste prometteuse qui était entrain de casser une carrière encore plus prometteuse à cause d’un réseau social.

Capture d’écran 2016-01-21 à 17.29.33

Mais d’après l’artiste, tout était écrit depuis le début. Elle a passé un mois a penser son rôle, cheveux teints, renouvellement de garde-robe, etc. « Je n’étais plus moi, j’étais une actrice  », dit-elle. Un an et demi plus tard, 175 photographies créées pour sa performance vont être exposées dans deux expositions différentes : à la Whitechapel Gallery et à la Tate Modern. La performance est segmentée en trois parties :

  1. La jeune artiste provinciale qui arrive à Los Angeles pour la première fois et devient une « Sugar Baby » après avoir rompu avec son petit copain.
  2. Vient ensuite la deuxième partie avec une esthétique un peu plus « ghetto », popularisée par Kim Kardashian.
  3. Le dénouement est une sorte de résurrection. Les photos ont été inspirées par le blog Goop de Gwyneth Paltrow.

Capture d’écran 2016-01-21 à 17.29.41

Capture d’écran 2016-01-21 à 17.29.56

Instagram, nouveau medium artistique ?

Et par l’intermédiaire de cette performance nommée Excellences & Perfections, Instagram fait son entrée au musée. De son côté, l’artiste, en ayant créé des personnages, a réussi à gagner près de 90 000 followers. Pour elle, « l’idée était d’expérimenter, avec un personnage de fiction en ligne, le langage propre à internet ». L’œil de l’artiste est au final assez critique sur les réseaux sociaux et l’usage qui en est fait. En poussant à l’extrême les caricatures des it-girls, Amalia Ulman a réussi a créer une vraie communauté autour de ces personnages fictifs. Sur un mensonge artistique.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés