Uber a publié pour la première fois des informations sur les données qu'il doit livrer aux autorités américaines, soit dans le cadre des permis accordés aux VTC, soit dans le cadre de réquisitions judiciaires ou administratives.

Comme de nombreuses autres grandes entreprises numériques aux États-Unis, Uber a décidé de publier à intervalles réguliers son « rapport de transparence », qui montre le nombre de demandes d’informations reçues de la part des autorités, et le nombre d’informations effectivement fournies par le service. Pour le moment, le rapport concerne exclusivement les États-Unis.

La logique de ces rapports est de montrer les efforts réalisés par les entreprises pour respecter leur obligation de protéger les droits de l’homme face aux demandes éventuellement abusives des États, ce qui est une préoccupation nouvelle, accentuée par les révélations d’Edward Snowden. Ils permettent aussi de susciter les réactions du public face aux données massives demandées par les gouvernements, pour inciter à des modifications de la législation.

Extrait du rapport de transparence d'Uber
Extrait du rapport de transparence d’Uber

Dans son rapport qui couvre exclusivement le second semestre 2015, Uber montre qu’il n’a dû répondre qu’à 33 demandes d’informations, mais qui concernent au total 11 644 000 passagers et 583 000 chauffeurs VTC. Près de la moitié des informations fournies l’ont été à la Californie. Les informations demandées par les différents États peuvent concerner les voyages effectués, ceux commandés, les zones de ramassage ou de dépôt de la clientèle, le prix facturé, les véhicules utilisés, ou la liste des chauffeurs dans une juridiction donnée. Ce sont souvent des informations exigées par les autorités qui délivrent les permis aux services de VTC.

Néanmoins dans 42,4 % des cas, Uber dit avoir réussi à négocier une réduction du volume de données à fournir, par rapport à celles exigées au départ. Dans 36,7 % des cas, ses contre-propositions n’ont pas été acceptées.

Des données également fournies à la justice

Le rapport montre également que 34 demandes ont été formulées plus spécifiquement par les autorités aéroportuaires, également responsables d’autoriser les chauffeurs dans les zones réservées des aéroports. Ces demandes concernaient 1,6 millions de passagers.

Plus intéressant, les autorités judiciaires ou administratives ont également demandé des informations sur 408 passagers et 205 passagers, acceptées dans 84,8 % des cas. Cependant une majorité des demandes n’a été satisfaite que « partiellement », parce qu’Uber a jugé utile de limiter les données fournies à celles strictement nécessaires. 47 demandes ont été émises au niveau fédéral.

Un canari d’alerte pour Uber

Au passage, on notera que Uber a inséré dans son rapport son propre « warrant canary », quelques jours après la mort du canari de Reddit. « Nous n’avons pas reçu de requêtes fondées sur les dispositions de lois concernant la sécurité nationale », dit le rapport de transparence. Si Uber reçoit un ordre secret de communiquer des informations sans le divulguer, ce message disparaîtra dans les prochains rapports.

Uber dit « espérer » publier des données pour d’autres pays, mais pour le moment rien n’est annoncé.

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