Henri Salvador est mort : que le business de la mort continue

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 13 Février 2008 à 13h05 - posté dans Société 2.0

Le chanteur Henri Salvador est mort, mercredi 13 février, à l'âge de 90 ans, a annoncé ce matin sa maison de disques Polydor (Universal Music). Instrumentalisé par cette dernière lors de la loi DADVSI, Salvador devrait donner une nouvelle occasion à la major de gagner des fortunes post-mortem...

Henri Salvador n'est plus. Le rire du chanteur ne se fera plus entendre que dans les rétrospectives. Il est décédé mercredi d'une rupture d'anévrisme, a indiqué ce matin Polydor, son label filiale d'Universal Music. Il était né le 18 juillet 1917 en Guyane, et avait fait ses adieux à la scène lors d'un dernier tour de chant au Palais des Congrès, il y a seulement quelques semaines, en décembre 2007.

Nous n'avons rencontré Henri Salvador qu'une seule fois. C'était à l'occasion de la soirée de lancement du site Lestelechargements.com, cofinancé par le ministère de la Culture et des organisations de l'industrie culturelle pour lutter contre la licence globale, en plein débat sur la loi DADVSI. "On m'a dit de venir, qu'il y aurait des petits fours et des cocktails", nous avait confié en substance le chanteur, qui n'avait aucune idée de la raison de sa présence au Palais de Tokyo ce soir là. Ca n'était évidemment pas sa faute. C'est comme ça que marche l'industrie du disque. Le chanteur est un accessoire, et lorsqu'il s'agit de faire du lobbying, faire acte de présence dans les soirées organisées par le label fait partie du job. Pourvu qu'il y aient petits fours et cocktails.

Après sa mort, Salvador sera plus exploité que jamais par Universal. Ca ne sera pas une première. Nous l'avons vu notamment à l'occasion du décès de Grégory Lemarchal, qui a sauvé les résultats d'Universal en 2007. Nous écrivions à cette occasion :

"La mort du chanteur de 23 ans atteint de mucoviscidose a permis au Téléthon de redyamiser ses dons, mais aussi à Universal de renflouer ses caisses. "6 références, soient 2 singles, 3 albums et 1 DVD musical, contribuent pour 4,9% au chiffre d'affaires du marché du support musical", note l'Observatoire. On avait probablement pas vu ça depuis Dalida. Heureusement, il reste Henry Salvador en stock. A 90 ans, l'investissement devrait bien finir par faire jackpot (ben quoi ? autant être cynique jusqu'au bout, non ?)."

Nous y sommes. Guettez les sorties de best-of, de compilations "hommage", et autres intégrales en 20 CD. Le business de la mort est une triste réalité qui s'éveille à chaque décès d'un artiste majeur. Une exploitation post-hume dérangeante, encouragée par un droit d'auteur qui fait perdurer les droits au profit des ayant droits jusqu'à 70 ans après la mort de l'auteur, ou 50 ans après la mort du chanteur. Couplée à l'inévitable émotion populaire, la recette du succès financier post-mortem est inmanquable.

Publié par Guillaume Champeau, le 13 Février 2008 à 13h05
 
 
42
Commentaires à propos de «Henri Salvador est mort : que le business de la mort continue»
 

1
2
3
'Hybrid, le 01/01/1970 - 01:00
'le, le 01/01/1970 - 01:00
c'est corbain wallas, enfin cobain quelquechose, celui du nirvana-grounge.
Kurt Cobain ?
ouep, c'est lui le coupable. :roi:

c'est un truc memo technique que j'ai trouve quand je veux parler de lui, merci les amis. :jap:

@ djjeffouille: "Bien loin de la culture tout ça ......"
a voir, google, lyrics un homme presse noir desir :mdr:

edit: ajout de smiley car il fait beau :)
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
L'article conclue sur ce qui est le plus important : la question des droits post-mortem, qui encourage à exploiter les artistes morts déjà célèbres plutôt que de chercher à faire naître de nouveaux talents bien vivants.

Là encore, la réaction du P2P et de réseaux alternatifs est la seule à contrebalancer ce genre de "charognage". Elle permet à tous de découvrir, s'ils le veulent un artiste décédé, tout de suite, dans la foulée. Cela ne veut pas dire que tous auraient achetés "l'integrale super top à XXX brouzoufs".. Certains le feront peut-être, d'autres pas. Mais il est vrai que de rendre hommage, ce n'est pas de demander d'abord un chèque.
On a cité Villeret, j'avais pas lu l'article, mais j'ai vu la réaction, et elle dure toujours : de temps en temps, un film qui n'est pas en Dvd passe, au hasard des rediffusions/diffusions sur des tv francophones, et fait partie de la volonté de diffuser l'intégrale, idée lancée à l'époque. (84 films ou tv films, d'après imdb.)
Combien couteraient 84 dvd , pour celui qui voudrait la totale, en admettant qu'elle soit commercialisée ?
QUI peut se payer cela actuellement ?
l'hommage à Salvador a démarré dans l'heure qui a suivi l'annonce de sa mort.
Il se poursuivra longtemps, car de plus en plus de personnes utilisent les possibilités de streaming pour envoyer des bouts d'émissions enregistrées il y a des années, et que les industriels n'ont pas jugé bon, ou rentable de nous vendre, sauf l'Ina, si cela vient de chaines publiques :( :shock: :gun:

Chaque disparition nous rappelle que la culture n'existe pas, seul existe désormais le business, qui aurait allègrement et sans vergogne interdit de chanter "La Marseillaise" en public, sauf retribution Sacem, s'ils en avaient les droits...
:pasbien: :shifty:
Tant que l'on ne fera pas un droit d'accés à la culture, inscrit dans la constitution, et actualisé pour tenir compte des médias modernes et d'internet, ce genre d'incongruités, de dérives financières perdureront.

Et puis, peut on m'expliquer pourquoi ce sont des retraités américains à qui va, somme toute, profiter le plus la mort d'Henri Salvador ?????? :vomi: :Hein:

p-s: je rajoute que dans ce business de la mort, il y a aussi l'arnaque au nom : une silhouette, (passage à l'ecran sans dialogue) est mise au premier plan après la mort, juste pour faire vendre ! Pour le verifier, faites donc un google sur "bibi fricotin de funes" et regardez comment est vendu le film .
Faites vous le prêter par votre cercle d'amis, :rolleyes: et tentez de trouver De Funes dedans au premier, second, troisieme visionnage...
il y est, c'est garanti, c'est ce qui permet de faire l'arnaque au titre...
Mais celui qui a payé 15 euros le dvd, esperant voir De Funes dans un role peu connu, il a les 15 euros dans un endroit que la décence m'empèche de citer...
Et que fait on contre ce genre de dérive ? Y a t-il une déontologie de l'industrie culturelle ??
ou est ce : La fin (de l'artiste) justifie les moyens (de gagner plus de thunes) ?

1
2
3
Télécharger
SoliCall
Communication - Pour des appels VoIP sans bruits parasites
 
Orca Browser
Navigateur Web - Navigateur Internet alternatif
 
ThreatFire
Antivirus - Un complément d'antivirus performant et gratuit
 
MyHouse
Divers - Créer et visiter vos projets d'architecture
 
FastStone Image Viewer
Albums et visionneuses - Visionneur d'images rapide et fonctionnel
 
Février 2008
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
28 29 30 31 1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 1 2
3 4 5 6 7 8 9
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC