Derrière le plan social d'EMI, la mort d'une industrie du 20ème siècle
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 15 Janvier 2008 à 15h09 -
posté dans Musique Numérique
EMI annonce aujourd'hui mardi un plan de réduction des coûts et confirme la suppression de 1500 à 2000 emplois dans le monde, soit environ un tiers de ses effectifs. Au delà du drame social qui accompagne chaque plan de licenciement, c'est avec EMI le symbole de la mort d'une industrie musicale telle qu'elle n'a pu exister qu'au 20ème siècle...
EMI, qui emploie environ 5.500 personnes dans le monde, a annoncé mardi qu'elle allait supprimer jusqu'à 2.000 emplois partout dans le monde, dans un plan qui prévoit d'économiser 200 millions de livres (265 millions d'euros) par an d'économies. C'est bien sûr l'effet mathématiquement froid de la vente d'EMI à un fonds d'investissement pour qui la seule oeuvre d'art qui compte est l'oeil et la pyramide imprimés sur le billet vert. Parce qu'autant qu'elles soient détestées, les majors de l'industrie du disque étaient jusque là dirigées par des amoureux de la musique, parfois prostitués dans une vision uniquement commerciale de leur travail, mais toujours heureux de trouver la perle à produire. Avec Terra Firma, cette ère là est révolue. Le label doit d'abord faire de l'argent et toutes les décennies d'habitudes qui ont pourri financièrement les maisons de disques sont éliminées au Karsher du tableau Excel. C'est à la fois la pire et la meilleure chose qui ait pu arriver à l'industrie du disque. Celle-ci a vécu près d'un siècle dans l'illusion qu'il était possible de vivre très confortablement de la vente de musique en travaillant le moins possible avec le maximum de notes de frais. Les meilleurs artistes (ou disons les plus chers), les meilleurs instruments, des sessions de studios qui coûtent des fortunes aux Etats-Unis ou (plus cool) dans une île des caraïbes... il y a une part de fantasme mais aussi une grosse part de réalité dans l'idée que l'on se fait de l'argent dépensé sans compter dans la production d'un album. Un album tous les deux ans, au mieux. "Impossible de faire plus", disent ceux de l'intérieur. Et quand les ventes baissent, on compense en augmentant les frais marketing qui, mécaniquement, doivent générer des ventes. Dans l'environnement d'extrême rareté médiatique qui a été celui du 20ème siècle, la recette fonctionnait bien. Même si un seul album sur dix s'avérait rentable (ce sont les chiffres généralement admis), tout allait bien dans le meilleur des mondes. La fin d'une époque dominée par une poignée de médias Jusqu'à ce que, patatras, la numérisation des médias et Internet viennent mettre fin à la rareté médiatique, à l'intermédiation obligatoire, aux situations d'oligopoles convenus. Le disco a fait place au blues.
Jugez vous-même : Il existe en France 959 radios différentes, la plupart locales et associatives, mais 20 stations seulement partagent 80 % de l'audience nationale. Chaque jour, la radio musicale la plus écoutée l'est par près de 6 millions d'auditeurs... trois fois le nombre d'habitants de la ville de Paris. Et sur cette station, les 40 chansons les plus diffusées représentent 70 % des diffusions. Sur toute une année, 12 mois, 365 jours, elle diffuse à peine plus de 2000 chansons différentes, dont certaines peuvent être diffusées jusqu'à 9 fois par jour. Et ça n'est pas un record. En 2006, la radio locale Vibration a diffusé jusqu'à 178 fois par semaine la même chanson... soit plus d'une fois par heure ! En mettant bout à bout l'ensemble des chansons diffusées sur l'ensemble des radios françaises, il n'a été diffusé en 2006 que 61.778 titres différents. C'est moins de 1 % de ce qui est disponible sur la boutique de musique en ligne iTunes. Si vous êtes une maison de disques, faites entrer un seul disque dans la playlist de ces quelques radios nationales, et vous êtes sûrs de surcompenser toutes les productions qui ont été des flops. Depuis des décennies, l'industrie fait bon gré mal gré avec cette politique du star system et de la vache à lait, qu'elle critique mais dont elle s'accomode volontiers. L'industrie du disque est probablement l'une des seules industries qui pouvait jusqu'à récemment se permettre de voir 90 % de ses produits être déficitaires. Et de trouver cela totalement normal, et même de le revendiquer, au nom de la diversité culturelle. Cet âge d'or-là est fini. Avec Internet, même si les choses se font lentement, la déconcentration de l'offre musicale est en marche, et les médias doivent affronter une concurrence au nombre illimité. Le paradigme économique est totalement chamboulé. Le piratage, pointé du doigt depuis les années 1990, n'est qu'un microphénomène pour expliquer la chute de l'industrie. Piratage ou non elle est inéluctable, car ses bases fondamentales reposaient sur un marché artificiellement raréfié. Le terreau est mort, il s'est épuisé et la mort de l'industrie (telle qu'elle fut) est inévitable. Le plan social déclenché par Terra Firma met fin à cette période d'insouciance et ramène à la douloureuse réalité ; vivre de la musique est un privilège très difficile à entretenir. Renforcer encore le droit d'auteur pour maintenir ce fantasme, c'est poser des digues de bois contre un tsunami. La vente de la musique enregistrée est morte. La musique, elle, restera toujours vivante. Mais au 21ème siècle, vivre de la création musicale devrait être aussi rare, difficile et privilégié que pendant tous les siècles qui ont précédé le 20ème. Et ceux qui en vivront gagneront probablement des fortunes bien moindres que ces méga-stars des années 1980. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Derrière le plan social d'EMI, la mort d'une industrie du 20ème siècle»
'Jongsoo', le 01/01/1970 - 01:00 'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00 Et hop, on casse tout et on recommenceAvec l'illusion de croire que c'était mieux après? Mouais... Ce qui moi me fait sortir de mes gonds, c'est ceux qui pensent que la diversité musicale va s'éteindre avec les maisons de disque parce que un album qui marche en finance indirectement 90 autres qui ne marchent pas !
Mais bon sang c'est tout le contraire ! celui qui marchait du feu de dieu marchera peut être moins, mais ça sera 60 ou 70 qui marcheront sur une moyenne plus juste, dans un système plus égalitaire ! J'espère pouvoir dire un jour "Adieu au luxe" qui était octroyé à quelques nantis du showbiz, au risque de faire disparaître une part de rève que procure strass et paillettes aux auditeurs. Aujourd'hui, il faut faire le pari du Web 2.0, ce bouche à oreille mondiale, ce "web social" comme y disent... Nous arrivons au temps de l'autopromotion... gagner de l'argent pour un artiste ne sera plus basé sur la vente uniquement mais sur les concerts et produits dérivés... Les concerts deviendront un enjeu commercial de premier ordre, seulement je ne sais pas ce que vous en pensez, mais faire bouger les gens pour voir autre chose que Johnny, Bruel ou Cabrel, c'est tout un challenge ! Et c'est ca qui faut changer ! C'est là que les maisons de disque pourraient intervenir... Et si tout devait se passer comme ca, alors vivement demain ! 'myki', le 01/01/1970 - 01:00 Ce qui moi me fait sortir de mes gonds, c'est ceux qui pensent que la diversité musicale va s'éteindre avec les maisons de disque parce que un album qui marche en finance indirectement 90 autres qui ne marchent pas ! Mais bon sang c'est tout le contraire ! celui qui marchait du feu de dieu marchera peut être moins, mais ça sera 60 ou 70 qui marcheront sur une moyenne plus juste, dans un système plus égalitaire ! J'espère pouvoir dire un jour "Adieu au luxe" qui était octroyé à quelques nantis du showbiz, au risque de faire disparaître une part de rève que procure strass et paillettes aux auditeurs. Les musiciens qui sont suffisament fortunés au départ pour pouvoir s'auto-produire, s'auto-promotionner et financer leurs tournées peuvent très bien se passer de maisons de disques, avec l'avantage en plus d'avoir le controle artistique total sur leur création , ainsi qu'une plus grande partie des revenus (s'il en reste...) Ceux qui ne le sont pas , et qui comptaient sur l'apport financier d'une maison de disques pour les aider, auront encore plus de mal qu'avant.... 'myki', le 01/01/1970 - 01:00 gagner de l'argent pour un artiste ne sera plus basé sur la vente uniquement mais sur les concerts et produits dérivés...Une tournée coute cher , voire très cher ! Elle doit etre financée à l'avance, avant même la vente d'un seul ticket parfois. Une chose dont tu peux être certain, c'est que le prix moyen des places va exploser très bientot, le prix moyen a déja augmenté de près de 25% ces 4 dernières années. Avant on pouvait se permettre de perdre de l'argent sur une tournée, celle ci étant parfois considérée comme faisant partie de la promotion. Si elle devient la seule source de revenus, il ne sera plus question de perdre le moindre centime là-dessus, et le prix des billets devra etre ajusté en conséquence. Puisqu'on parle beaucoup de Radiohead en ce moment, voici ce que leur manager Bryce Edge dit au sujet de leur prochaine tournée: Radiohead are charging £42.50 for next year's UK tour, more than Prince's shows at the O2 arena in London. Mr Edge said: We don't want to go on tour and lose money. It is expensive to put on the quality [of] show people expect. It is a comparable price to artists of a similar stature
"pour la prochaine tournée, les billets couteront plus de 42 £, plus que le show de Prince. La raison est "qu'on ne peut pas se permettre de faire une tournée et perdre de l'argent, faire un concert de qualité coute cher.." Quant aux produits dérivés.... C'est peut-etre valable pour la musique pop, mais pour les autres genres de musiques, le jazz , le classique, l'electro.... Je n'ai encore croisé personne avec un t-shirt Brad Meldhau, ou une casquette Jon Hassell... Ce qui me gène aussi, c'est comment l'auteur tord la réalité selon qu'elle sert ou pas son propos
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00 Le piratage, pointé du doigt depuis les années 1990, n'est qu'un microphénomène pour expliquer la chute de l'industrie. Piratage ou non elle est inéluctable, car ses bases fondamentales reposaient sur un marché artificiellement raréfié.Contradiction du propos. D'un coté on affirme que le piratage n'a donc quasiment rien à voir avec la chute des ventes, de l'autre que les ventes s'effondrent car elle elle reposaient sur un marché raréfié qui ne l'est plus. Or quel est le principal facteur qui fait qu'on est passé d'un marché raréfié à un marché non-raréfié dans ce cas ci ? La couche d'ozone ? la hausse du prix du camembert ? La présence de mercure dans le saumon d'elevage ? Le divorce de sarko ? Je vous laisse deviner. 'AvidaDollars', le 01/01/1970 - 01:00 Ce qui me gène aussi, c'est comment l'auteur tord la réalité selon qu'elle sert ou pas son propos 'Kad, le 01/01/1970 - 01:00 Le piratage, pointé du doigt depuis les années 1990, n'est qu'un microphénomène pour expliquer la chute de l'industrie. Piratage ou non elle est inéluctable, car ses bases fondamentales reposaient sur un marché artificiellement raréfié.Contradiction du propos. D'un coté on affirme que le piratage n'a donc quasiment rien à voir avec la chute des ventes, de l'autre que les ventes s'effondrent car elle elle reposaient sur un marché raréfié qui ne l'est plus. Or quel est le principal facteur qui fait qu'on est passé d'un marché raréfié à un marché non-raréfié dans ce cas ci ? La couche d'ozone ? la hausse du prix du camembert ? La présence de mercure dans le saumon d'elevage ? Le divorce de sarko ? Je vous laisse deviner. t'as rien compris à l'article alors ? 'Kad, le 01/01/1970 - 01:00 t'as rien compris à l'article alors ? Qu'est ce qui a fait qu'un marché raréfié ne l'est plus ? Le fait que tout soit disponible gratuitement peut-etre ? Désolé de ne pas être en admiration béate devant chacun de tes propos... 'AvidaDollars', le 01/01/1970 - 01:00 Dire que les maisons de disque peuvent être utiles ne veut absolument pas dire qu'elles sont indispensables non plus. Les musiciens qui sont suffisament fortunés au départ pour pouvoir s'auto-produire, s'auto-promotionner et financer leurs tournées peuvent très bien se passer de maisons de disques, avec l'avantage en plus d'avoir le controle artistique total sur leur création , ainsi qu'une plus grande partie des revenus (s'il en reste...) Ceux qui ne le sont pas , et qui comptaient sur l'apport financier d'une maison de disques pour les aider, auront encore plus de mal qu'avant.... Plus sérieusement, le pari c'est de dire que s'autoproduire/autopromotionner ne coûtera pas si cher que ca, on fait déjà des belles choses avec un simple ordinateur... Pour passer à l'étape supérieur et produire quelque chose de meilleur qualité, il pourrait y avoir émergence de métiers dans ce secteur, rendant moins cher ces productions. Bon en même temps je confesse ne pas être dans le milieu musical (ou si peu) mais c'est comme ca que je pressent la chose... 'AvidaDollars', le 01/01/1970 - 01:00 Certains disent même qu'il n'y aura que le concert pour voir une quelconque rémunération. Or c'est là un grand mythe ! Une tournée coute cher , voire très cher ! Elle doit etre financée à l'avance, avant même la vente d'un seul ticket parfois. Une chose dont tu peux être certain, c'est que le prix moyen des places va exploser très bientot, le prix moyen a déja augmenté de près de 25% ces 4 dernières années. Avant on pouvait se permettre de perdre de l'argent sur une tournée, celle ci étant parfois considérée comme faisant partie de la promotion. Si elle devient la seule source de revenus, il ne sera plus question de perdre le moindre centime là-dessus, et le prix des billets devra etre ajusté en conséquence. ... Quant aux produits dérivés.... C'est peut-etre valable pour la musique pop, mais pour les autres genres de musiques, le jazz , le classique, l'electro.... Je n'ai encore croisé personne avec un t-shirt Brad Meldhau, ou une casquette Jon Hassell... Tout reste à inventer, c'est ca qui est passionnant... Le problème, c'est qu'on dirait que ce sont les "informaticiens" qui doivent trouver un nouveau modèle économique pour les artistes via les maisons de disques moribondes... Alors que cela devrait être les artistes eux mêmes qui devraient se bouger le cul pour tenter quelquechose, c'est le moment ! Il y en a qquns qui se bougent un peu (Radiohead etc..) mais c'est trop timide et ce ne sont pas de petits artistes, ceux là même qui devraient bénéficier de tout cela... 'myki', le 01/01/1970 - 01:00 Déjà dans "maison de disque", il y a "disque", terme voué à disparaître 'myki', le 01/01/1970 - 01:00 Il y en a qquns qui se bougent un peu (Radiohead etc..) mais c'est trop timide et ce ne sont pas de petits artistes, ceux là même qui devraient bénéficier de tout cela...'Hybrid, le 01/01/1970 - 01:00 'myki', le 01/01/1970 - 01:00 Déjà dans "maison de disque", il y a "disque", terme voué à disparaître 'Hybrid, le 01/01/1970 - 01:00 Déjà entendu parler de Lonah ?'AvidaDollars', le 01/01/1970 - 01:00 'Kad, le 01/01/1970 - 01:00 t'as rien compris à l'article alors ? Qu'est ce qui a fait qu'un marché raréfié ne l'est plus ? Le fait que tout soit disponible gratuitement peut-etre ? Désolé de ne pas être en admiration béate devant chacun de tes propos... Ce que je dis dans l'article, en tout cas je crois, c'est que la crise du disque n'est pas lié au piratage mais lié à la déconcentration des médias. La concentration des médias a été, au XXème, le terreau qui a permis à l'industrie du disque de pousser et de grossir rapidement. Or avec Internet, le terreau disparaît. Les radios ce sont de plus en plus les Last.fm, Mog et compagnie. La télévision ça va être Joost, Veoh... Le piratage n'est qu'une manifestation d'un phénomène beaucoup plus global. myki :
Lonah, la musique : http://blue.jamendo....fr/artist/lonah La "modèle économique" : http://www.faceface....wtopic.php?t=80 Et le site officiel : http://www.lonah.net/ D'ailleurs, j'ai bien aimé ça : http://www.lonah.net...i...7&Itemid=96 'Kad, le 01/01/1970 - 01:00 'AvidaDollars', le 01/01/1970 - 01:00 'Kad, le 01/01/1970 - 01:00 t'as rien compris à l'article alors ? Qu'est ce qui a fait qu'un marché raréfié ne l'est plus ? Le fait que tout soit disponible gratuitement peut-etre ? Désolé de ne pas être en admiration béate devant chacun de tes propos... Ce que je dis dans l'article, en tout cas je crois, c'est que la crise du disque n'est pas lié au piratage mais lié à la déconcentration des médias. La concentration des médias a été, au XXème, le terreau qui a permis à l'industrie du disque de pousser et de grossir rapidement. Or avec Internet, le terreau disparaît. Les radios ce sont de plus en plus les Last.fm, Mog et compagnie. La télévision ça va être Joost, Veoh... Le piratage n'est qu'une manifestation d'un phénomène beaucoup plus global. Je ne vois pas du tout ce que la déconcentration des médias à avoir avec la non-raréfication du "produit". Les profits de la vente et de la distribution n'appartiennent plus aux mêmes mains, ok (et tant mieux). La galette est donc répartie en morceaux plus petits, ok. Mais le total des morceaux de la galette devrait rester le même , non ? Or justement il n'y a plus de galette à partager.... Et pourtant toujours autant de demandeurs. Tu ne peux absolument pas dire que le piratage n'est pas le facteur numero 1 de la non-raréfication du marché et donc de la chute de la "valeur " du-dit produit, puisque le "produit" est soudainement disponible à tout le monde et gratuitement, le marché n'est donc plus raréfié . Ce qui n'est pas raréfié perd immédiatement de sa valeur (attention, je parle d'un point de vue strictement économique, ce n'est pas un jugement moral !) Le déplacement des dépenses vers d'autres produits, ou la chute du pouvoir d'achat n'a rien à avoir non plus avoir la raréfication d'un marché. D'ailleurs , la baisse du pouvoir d'achat n'a pas empéché bizarrement l'explosion des ventes des jeux sur consoles, des abonnement haut-débit, ou des dvd..., elle a touché seulement la musique.. Pourquoi ? Parceque le marché du jeu vidéo et du dvd, ou de l'abonnement haut-débit est (encore) un marché raréfié (au sens anglosaxon de "scarce component"). Celui de la musique ne l'est plus tellement. La déconcentration des exploitants n'a donc rien à avoir là dedans. 'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00 'Jongsoo', le 01/01/1970 - 01:00 'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00 Et hop, on casse tout et on recommenceAvec l'illusion de croire que c'était mieux après? Mouais... Ça fait des siècles que "les choses changent", c'est la stabilité qui est rare. On casse tout (les maisons de disques) et on recommence. Très bien. Et on fait quoi à la place ? Plus de maison de disque, plus de disques, uniquement des artistes qui vendent ou mieux, distribuent gratuitement sur internet. J'ai hâte de voir ça. Vous croyez que vous supporterez longtemps d'écouter un type qui gratte trois accords sur une guitare en plastique ? Parce qu'il n'y aura bientôt plus que ça. Vous avez idée de combien ça coûte d'acheter du matériel, d'enregistrer en studio, de faire une tournée ? Vous avez idée du nombre d'euros qu'un musicien peut perdre sur une tournée ? Mais une tournée qu'il fait quand même car c'est le seul moyen d'étendre un peu sa popularité (non, internet n'est pas un moyen). Certains devraient se réveiller, franchement. Comme dit Avidollars, bientôt, vous n'aurez plus rien à downloader. 'Achille', le 01/01/1970 - 01:00 Ça fait des siècles que "les choses changent", c'est la stabilité qui est rare.'Achille', le 01/01/1970 - 01:00 On casse tout (les maisons de disques) et on recommence. Très bien. Et on fait quoi à la place ? Plus de maison de disque, plus de disques, uniquement des artistes qui vendent ou mieux, distribuent gratuitement sur internet. J'ai hâte de voir ça. Vous croyez que vous supporterez longtemps d'écouter un type qui gratte trois accords sur une guitare en plastique ? Parce qu'il n'y aura bientôt plus que ça. Vous avez idée de combien ça coûte d'acheter du matériel, d'enregistrer en studio, de faire une tournée ? Vous avez idée du nombre d'euros qu'un musicien peut perdre sur une tournée ? Mais une tournée qu'il fait quand même car c'est le seul moyen d'étendre un peu sa popularité (non, internet n'est pas un moyen). Certains devraient se réveiller, franchement. Comme dit Avidollars, bientôt, vous n'aurez plus rien à downloader. Tous remettre en cause est peut être une solution et en regard de tous les dysfonctionnements du système actuel, je pense, oui, que repartir à zèro serait la solution. Maintenant, je dis ça, je dis rien, ce n'est pas moi qui vait fermer ma boîte, ce n'est pas moi qui vait mettre des gens au chômage, ce n'est pas moi... etc... perso, en l'état actuel des choses, je ne compte pas remettre un sou dans cette industrie et ça, c'est encore mon droit ! Quant au téléchargement, c'est pô grave, pour tout te dire, je ne DL plus de musique depuis longtemps et pourtant le P2P me tend les bras. Seulement voilà, la musique telle qu'elle est conçue actuellement, ne m'intéresse peu ou plus. 'AvidaDollars', le 01/01/1970 - 01:00 Je ne vois pas du tout ce que la déconcentration des médias à avoir avec la non-raréfication du "produit". Les profits de la vente et de la distribution n'appartiennent plus aux mêmes mains, ok (et tant mieux). La galette est donc répartie en morceaux plus petits, ok. Mais le total des morceaux de la galette devrait rester le même , non ?Bien sûr, et je dirais même que la galette augmente. Mais le modèle économique des majors est fondé sur le fait de réussir à avoir une énorme part de la galette (jusqu'à un tiers pour Universal), et s'ils y réussissent, c'est grâce à la rareté médiatique. Or cette rareté des médias, piratage ou non, disparaît. Et donc il devient très difficile pour les maisons de disques d'avoir une aussi grosse part du gateau. Si tu relis l'article, je ne dis pas que la musique n'a pas de valeur. Je dis que le modèle économique des majors est mort avec la mort de la rareté des médias. C'est très différent. Tu ne peux absolument pas dire que le piratage n'est pas le facteur numero 1 de la non-raréfication du marché et donc de la chute de la "valeur " du-dit produit, puisque le "produit" est soudainement disponible à tout le monde et gratuitement, le marché n'est donc plus raréfié .
Ca n'est qu'une manifestation immédiate d'un processus beaucoup plus global qui va s'étendre sur des années et des années. C'est spectaculaire avec le piratage, mais le piratage n'est pas une cause, c'est une conséquence. C'est parce que la structure le permet que le piratage existe. Sans immatérialité, sans mise en réseau de tout et de tous, il n'y aurait pas de piratage à cette échelle. Mais sans le piratage, il y aurait toujours cette immatérialité et cette mise en réseau qui débouchera sur les effets de dé-raréfaction des médias. Ce qui n'est pas raréfié perd immédiatement de sa valeur (attention, je parle d'un point de vue strictement économique, ce n'est pas un jugement moral !)
Tout à fait, si tu parles de valeur marchande qui nécessite un échange. D'où ma proposition d'une licence globale Le déplacement des dépenses vers d'autres produits, ou la chute du pouvoir d'achat n'a rien à avoir non plus avoir la raréfication d'un marché. D'ailleurs , la baisse du pouvoir d'achat n'a pas empéché bizarrement l'explosion des ventes des jeux sur consoles, des abonnement haut-débit, ou des dvd..., elle a touché seulement la musique..
Les DVD baissent depuis 3 ans et les jeux-vidéo ont bénéficié du renouvellement des consoles. Et contrairement à la musique, les jeux vidéo sont encore très matérialisés, et quand ils ne le sont pas, les consoles sont suffisamment protégées pour créer une matérialité artificielle avec des DRM. C'est ce qu'avait tenté de faire l'industrie musicale sauf qu'elle a oublié qu'elle n'avait pas la main sur les outils de lecture de la musique, et que c'était donc impossible à imposer, contrairement aux éditeurs de jeux vidéo qui peuvent imposer les DRM via les constructeurs de consoles dont ils sont partenaires et avec lesquels ils partagent les mêmes intérêts. La déconcentration des exploitants n'a donc rien à avoir là dedans.
Ca a tout à voir. Tout 'Achille', le 01/01/1970 - 01:00 'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00 'Jongsoo', le 01/01/1970 - 01:00 'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00 Et hop, on casse tout et on recommenceAvec l'illusion de croire que c'était mieux après? Mouais... Ça fait des siècles que "les choses changent", c'est la stabilité qui est rare. On casse tout (les maisons de disques) et on recommence. Très bien. Et on fait quoi à la place ? Plus de maison de disque, plus de disques, uniquement des artistes qui vendent ou mieux, distribuent gratuitement sur internet. J'ai hâte de voir ça. Vous croyez que vous supporterez longtemps d'écouter un type qui gratte trois accords sur une guitare en plastique ? Parce qu'il n'y aura bientôt plus que ça. Vous avez idée de combien ça coûte d'acheter du matériel, d'enregistrer en studio, de faire une tournée ? Vous avez idée du nombre d'euros qu'un musicien peut perdre sur une tournée ? Mais une tournée qu'il fait quand même car c'est le seul moyen d'étendre un peu sa popularité (non, internet n'est pas un moyen). Certains devraient se réveiller, franchement. Comme dit Avidollars, bientôt, vous n'aurez plus rien à downloader. Bien sûr la musique a un prix. Comme chaque passion qui nécessite un minimum d'investissement matériel. Ce qui reste pour l'instant plus difficile à rentabiliser dans cette période de mutation économique, c'est le CD. Mais la production d'un CD ne se résume pas au seul coût de studio. C'est aussi le pressage, la distrib, la promo, et tout ce qui va avec. Une baisse des revenus - puisque moins d'argent est distribué entre plus d'artistes - signifie donc la nécessité de trouver des moyens moins coûteux, en espérant que leur efficacité ne s'évapore pas pour autant. C'est la promesse d'Internet. Et c'est ce qui met en branle la production discographique telle qu'elle fonctionne aujourd'hui. Pour ce qui relève du budget de production, je pense que tu fais un peu trop facilement le lien avec la qualité de la musique. Moins d'artistes pour se payer un studio donc une production plus médiocre ? Je pense que tout le monde ici a en tête des exemples d'artistes extraordinaires qui ont émergé avec des bouts de ficelle. Je ne parle même pas des albums enregistrés maison qui ont fait un carton sans que personne ne se doute des conditions d'enregistrement. En fait, les budgets de prod ne varient pas tant que ça, sauf par rapport à l'esthétique musicale. Ce qui est varie beaucoup plus, ce sont les budgets marketing et ce sont ces derniers qui me paraissent bien plus menacés. Je ne sais plus combien il prenait de place dans le dernier album de Madonna, mais c'était quelque chose d'effrayant. Et ça, les majors ne peuvent plus se le permettre. Et puis, les progrès informatiques apportent, dans une certaine mesure, un léger contrepoids à la baisse de l'argent disponible pour la prod. Contrairement à une époque, il n'est plus nécessaire pour l'artiste de passer dans un coûteux studio pour enregistrer quelque chose de qualité. Après, je ne dis pas qu'il faille se réjouir du fait qu'il devient plus difficile pour l'artiste - du fait du déclin des labels - de se faire financer son oeuvre. Mais poser comme conséquence un déclin de la qualité est à mon avis une fausse idée. Elle est tributaire de ce cliché qui veut que l'autoproduction soit de moins bonne qualité que la production par un label. C'est complètement faux. Ce qui change, c'est seulement la personne qui met l'argent sur la table. Il ne faut pas trop rêver. Si les majors se cassaient la gueule, on recommencerait certes depuis le début, avec des dizaines ou centaines de petites maisons de disques émergentes, qui à terme soit fusionneraient, se boufferaient mutuellement ou feraient faillite, pour se retrouver dans la même situation qu'actuellement: trois ou quatre majors.
Des artistes qui se sont fait connaître avec des productions "bouts de ficelles" il y a en des tonnes, oui. Des artistes, qui, une fois connus, on continué avec les bouts de ficelles, il y en a déjà beaucoup moins... Bien sûr, "avec des bouts de ficelle", c'est une image. Ce que je voulais dire, c'est qu'une très grande majorité d'artistes (sauf le cas des orchestres peut être) sont tout à fait capables de se produire eux mêmes. Des plus petits à Radiohead. Un budget de prod n'a que peu de corrélation avec la renommée du groupe, même si les plus connus auront bien entendu de plus grandes exigences . On voit souvent les maisons de disque comme indispensables à la production, or elles ne le sont pas, ou plus. La production est un investissement qui peut aujourd'hui être supporté par le groupe au même titre que l'achat d'instruments et de matériel. La différence, c'est que les maisons de disque étaient jusque là celles qui avaient pour but de faire fructifier cette production, qu'elles la financent ou non. Or, cette fructification devient de moins en moins fructifiante et les maisons de disque perdent de leur intérêt. Une maison de disque n'est pas un mécène, c'est un multiplicateur de disque. Considérer que la disparaison des maisons de disque entraînera la baisse de la production, ou sa perte en qualité, c'est un peu comme si on disait que les artistes n'achèteraient plus d'instruments. Je le répète, un artiste, dans la majorité des cas, peut se produire seul. Lorsque je bossais en maison de disque, je recevais une quantité incroyable de maquettes autoproduites avec une qualité qui n'avait rien à envier de ce qui sort sur le marché. Ce dont il est en revanche moins capable, c'est d'entretenir un réseau presse, gérer la distribution de son disque, et tout ce qui faisait le travail des labels. Mais avec Internet, ce travail leur rapporte moins.
Donc trois solutions : - Elles réduisent leurs moyens (à l'image d'EMI) car elles ne peuvent plus espérer les mêmes bénéfices qu'avant. Mais une industrie qui régresse, c'est loin d'être un bon signe pour sa survie. - Deuxième solution qui peut lui être complémentaire : elles trouvent d'autres façons de faire fructifier leur boulot. - Troisième solution : on arrive à une situation d'auto-production massive. Cela ne voudra pas alors dire que ne sortent que des albums de piètre qualité, mais plutôt que les capacités d'exposition des artistes émergents seront largement dépendantes de leur intelligence, de la réaction du public, et des nouveaux industriels qui tireront profit de cette situation. Tant mieux diront certains ? Pas certain. Déjà parce qu'un bon artiste n'est pas forcément un bon vendeur et vis-versa. Mais aussi car la "démocratie d'écoute" a ses effets pervers. On le voit avec les labels communautaires, seules les choses les plus consensuelles sortent la tête de l'eau. En fait cette troisième solution ne ferait pas disparaître les industriels de la musique. Elle leur ferait juste changer de visage. Les majors s'éclipseraient au profit d'autres acteurs comme MySpace, etc. C'est d'ailleurs déjà ce qui est en train d'arriver, et c'est ce que montre l'article de Guillaume. Une industrie est en train de disparaître, celle qui avait pour but de multiplier du disque. Evidemment, la musique ne disparaîtra pas pour autant. Elle vivra sans, et de nouveaux acteurs avec d'autres mécaniques que celle des majors viendront les remplacer. Maintenant, je ne me réjouirais pas trop vite de la mort de l'industrie du disque car rien n'indique que celle qui la remplacerait dans cette dernière solution serait plus "louable".
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