La Commission européenne suspecte Qualcomm d'avoir abusé de sa position dominante pour imposer ses puces de modems 3G et 4G dans les téléphones mobiles, au détriment de la concurrence.

La Commission européenne a annoncé jeudi l'ouverture de deux enquêtes formelles contre l'entreprise Qualcomm, qui fournit les puces électroniques utilisées pour transmettre ou recevoir des données mobiles dans une majorité des téléphones et tablettes du marché (les "chipsets de baseband").

La première enquête vise à examiner si Qualcomm a proposé des réductions tarifaires ou d'autres avantages commerciaux à ses clients sur les chipsets 3G (UMTS) et 4G (LTE) à la condition qu’ils acquièrent leurs chipsets exclusivement ou presque exclusivement auprès de Qualcomm, pour tous leurs appareils. Ce serait là potentiellement une pratique contraire au droit de l'Union européenne, considérée comme un abus de position dominante. 

La seconde enquête vise à étudier si Qualcomm a pratiqué des "prix d’éviction" en vendant ses puces 3G à perte dans le but de forcer ses concurrents à ne plus investir dans le marché des chipsets de baseband. Là aussi, la pratique commerciale serait contraire aux réglementations antitrust européennes, qui doivent garantir une "concurrence libre et non faussée".

"Nous ouvrons ces enquêtes parce que nous voulons nous assurer que les fournisseurs d'équipements de haute technologie peuvent se livrer concurrence sur la base des mérites de leurs produits. De nombreux consommateurs utilisent les chipsets utilisés dans les appareils électroniques tels qu’un téléphone portable ou une tablette et nous voulons faire en sorte qu'au bout du compte ils en aient pour leur argent. Une concurrence effective est le meilleur moyen de stimuler l’innovation", a expliqué Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la politique de concurrence. C'est elle qui a déjà relancé le dossier antitrust de Google, alors que l'ancienne Commission s'était montrée d'une étonnante tolérance.

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