Firefox 38 télécharge automatiquement le plug-in Content Decryption Module (CDM) d'Adobe, pour permettre la lecture dans le navigateur de contenus protégés par un DRM.

Chez Mozilla le réalisme prime désormais sur l'idéalisme. Alors que la fondation avait été un héraut de la défense des libertés numériques et de l'open-source, Mozilla avait créé la polémique en 2014 en annonçant l'intégration du standard EME (Encrypted Media Extensions) permettant de regarder dans le navigateur des contenus chiffrés et protégés par un DRM propriétaire qui en interdisent la copie. Un an plus tard, l'intégration est faite.

A partir de cette semaine, Firefox 38 téléchargera automatiquement sous Windows Vista ou supérieur un nouveau plug-in, le "module de déchiffrement de contenu Primetime fourni par Adobe Systems", qui permet de lire les contenus protégés avec la technologie Primetime d'Adobe. En termes plus techniques, il s'agit du Content Decryption Module (CDM) d'Adobe, qui exploite le standard EME.

"La gestion des droits numériques d’Adobe Primetime vise à répondre aux exigences précises des opérateurs, grâce à la protection hautement évolutive du contenu linéaire et en direct ainsi qu’à la rotation des clés, le chaînage des licences, la mise en mémoire cache des licences et les licences de type « root-leaf »", explique Adobe sur son site internet. Sa solution "garantit aux programmateurs et aux opérateurs une évolutivité et une efficacité incroyables en matière de protection du contenu vidéo sur différents appareils et plates-formes".

UNE VERSION DE FIREFOX DRM-FREE

Mais les DRM ne sont qu'une des fonctionnalités offertes par Primetime, qui se veut avant tout être une plateforme complète de diffusion pour les éditeurs de vidéos, permettant de tout gérer, de la protection des droits jusqu'à la vente et l'affichage de publicités, l'analyse comportementale des spectateurs, ou encore la gestion de la qualité des flux. C'est la solution qui est notamment testée par Netflix pour diffuser ses vidéos en HTML5, dans un format mixant ouverte du HTML et fermeture des modules de DRM.

"Nous ne pensons pas que les DRM soient une solution désirable pour le marché, mais c'est actuellement la seule manière de regarder des segments de contenus très recherchés", se justifie Mozilla. Mais la fondation assure faire les choses bien, en mettant le module de DRM propriétaire dans un "bac à sable" (une sandbox) qui doit assurer la sécurité des internautes malgré le caractère fermé du code source, lequel peut générer des craintes sur le comportement réel du module.

Par ailleurs, le module ne sera activé qu'après la première visite sur un site de vidéos en ligne qui le demande, et il sera possible de supprimer le plug-in une fois téléchargé.

Enfin, une version sans module CDM est proposée au téléchargement, pour ceux qui ont une allergie totale aux DRM.

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