Que feriez-vous si vous aviez connaissance d'un site génial qui n'a d'intérêt que s'il est utilisé par toute une communauté croissante, mais qui disparaîtrait si le monde extérieur venait à en prendre connaissance ? C'est pour évaluer cette tension qu'un artiste a créé Unindexed, un site dont l'URL a circulé de main en main jusqu'à ce qu'il s'autodétruise après la visite de Google.

Voilà qui pourrait donner des idées à ceux qui n'ont pas toute confiance dans le respect par Google des règles imposées via le fichier robots.txt, et qui tiennent à la confidentialité de leurs sites internet. L'artiste Matthew Rothenberg qui se spécialise dans les oeuvres numériques a dévoilé Unindexed, une expérimentation "sur l'éphémère et la persistance sur le web", qu'il propose à chacun de répéter grâce au code source mis en ligne sur Github.

Son site, dont on ne connaît plus rien du contenu, avait la particularité d'être accompagné d'un script qui recherchait continuellement sur Google les traces de son référencement, en sondant les résultats de recherche. Il avait ordre d'effacer totalement tout le contenu du site internet dès qu'il détectait que Google en avait référencé tout ou partie.

Le contenu du site était exclusivement stocké dans la mémoire RAM du serveur (grâce à Redis), après avoir été chargé depuis une partition chiffrée sur l'ordinateur portable de l'artiste, laquelle a elle-même été supprimée après la mise en ligne du site. Lorsqu'il a été détecté que Google avait indexé le site, le contenu de la mémoire a été vidé, et le site a disparu à jamais.

PARTAGER POUR ENRICHIR, OU GARDER LE SECRET POUR PRÉSERVER ?

"Ce site web n'est plus là", peut-on désormais lire sur l'URL du site éphémère. "Il a été automatiquement et de façon permanente supprimé après avoir été indexé par Google", 22 jours après sa mise en ligne.

L'URL, que le code source permet de générer aléatoirement en l'hébergeant sur Heroku, n'avait été partagée au départ que de la main à la main. Ceux qui la connaissaient étaient encouragés à la partager avec des tiers, mais en ayant conscience que la méthode qu'ils choisiraient pour partager l'URL pourrait amener Google à en découvrir l'existence, à le référencer, et donc à le détruire. C'était une sorte de responsabilité partagée, qui a tenu plus de trois semaines, jusqu'au 24 février 2015.

"Une tension était créée entre le désir de partager et le désir de le garder pour soi-même, et le site s'est diffusé à petite échelle à travers le courrier postal, le bouche-à-oreilles, etc.", raconte l'artiste.

Avant son autodestruction, le site avait comptabilisé 346 vues, et 31 commentaires ajoutés par les visiteurs. Aucune sauvegarde n'a été conservée, et Google avait ordre de ne pas conserver de version en cache, via le tag NOARCHIVE.

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