Exactement au moment où la France semble incapable d'empêcher les survols de centrales nucléaires par des drones potentiellement utilisables par des groupes terroristes, la Chine annonce qu'elle a testé avec succès une arme laser anti-drones civils.

La nouvelle tombe à pic. Juste au moment où EDF enchaîne les détections de vols de drones au dessus de ses centrales nucléaires, l'agence officielle chinoise Xinhua annonce avoir testé avec succès un système de destruction de drones par laser, spécifiquement conçu pour abattre les drones de petite échelle qui volent à basse altitude.

"La machine est capable d'abattre différents petits aéronefs dans un rayon de deux kilomètres et peut le faire dans les cinq secondes qui suivent la localisation de la cible", précise un communiqué de l'Académie chinoise de Physique de l'Ingénierie, cité par Xinhua. Le système peut neutraliser des drones qui volent jusqu'à une vitesse de 50 mètres par seconde (soit 180 km/h), jusqu'à une altitude de 500 mètres de haut. Largement de quoi abattre les drones civils ou les petits drones militaires qui menaceraient des installations stratégiques.

Lors des tests, la machine aurait réussi à abattre 30 drones, avec un taux de réussite de 100 %.

Le bouclier laser anti-drones chinois doit être installé ou transporté sur un véhicule, et rempliera "un rôle clé dans la sécurisation d'événements majeurs dans des zones urbaines", annonce l'Académie. Il s'agira notamment de sécuriser les manifestations sportives. La Chine n'aimerait sans doute voir se reproduire chez elle l'incident du drone pro-Albanais déployé lors d'un match de football entre la Serbie et l'Albanie, le mois dernier. Ni que de tels drones soient utilisés par des manifestations pour déployer des banderoles que la police ne parviendrait pas à arracher.

L'utilisation de lasers pour abattre des drones n'est pas tout à fait une première. Aux Etats-Unis, la marine a présenté une technologie similaire dès l'année 2000, conçue par l'entreprise privée Raytheon, mais il s'agissait d'abattre des drones militaires de haute altitude, d'une taille bien plus imposante :

De son côté, la Russie a mis au point un brouilleur anti-drones, qui neutraliser les communications entre l'appareil et son pilote à terre. La difficulté était de réussir à brouiller les communications de la cible sans brouiller les autres communications, notamment de ses propres drones ou systèmes de communication. "Le nouveau brouilleur devrait être efficace contre le système américain de détection et de commandement aéroporté AWACS, les missiles sol-air de classe Patriot, et permettra de bloquer le contrôle des drones activement utilisés par les pays de l'Otan", assurait la presse moscovite en 2013.

Mais là encore, le système ne semblait pas destiné aux petits drones civils, qui sont ceux utilisés actuellement pour survoler les centrales nucléaires.

Interrogé la semaine dernière sur France Info, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé que des mesures seraient prises pour neutraliser les drones qui menacent les installations d'EDF. "Il y a des dispositions de prises à ce sujet. Il y a des enquêtes. Il y a des dispositifs de neutralisation qui existent. Ces dispositifs, je ne m'étendrai pas sur leurs modalités parce que je n'ai pas à le faire", s'était-il contenté de déclarer.

Malgré ces déclarations, de nouveaux survols de cinq centrales françaises ont eu lieu vendredi soir.

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