Ayant intérêt à ce que ses clients bricolent le plus possible eux-mêmes plutôt que de faire appel aux artisans professionnels, Castorama a annoncé cette semaine une série d'initiatives qui visent à faciliter le bricolage par le recours aux ressources open-source.

La décision participe à la fois d'une véritable innovation économique et d'un intérêt stratégique évident pour l'enseigne de bricolage. A l'occasion du festival OuiShareFest qui s'est ouvert cette semaine à Paris pour célébrer le partage, Castorama a annoncé mardi une série d'initiatives fortes visant à inscrire la marque dans le mouvement de l'économie collaborative.

L'enseigne va ainsi lancer d'ici la fin de cette année 2014 un "wiki ayant l'ambition d'être le Wikipedia des bricoleurs", où les contenus seront publiés sous licence Creative Commons, y compris ceux que Castorama diffusaient jusqu'à présent sous droits d'auteurs classiques. Elle prévoit aussi de proposer "un Uber-like des services de pose et de réparation", pour mettre en relation plus facilement les internautes avec des professionnels, de relancer le service Troc'Heures qui proposait de faciliter l'échange de services, ou encore de proposer des formations à distance (MOOCs).

"Aux antipodes du consumérisme et de l'individualisme qui prédominaient hier, l'économie collaborative propose un modèle positif, basé le partage et l'échange, auquel Castorama peut et doit participer", explique-t-il. "Pour arriver à ses fins, Castorama a choisi de raisonner non plus en termes de marché, fait de clients et de prospects, mais d'écosystème, fait d'artisans, de bricoleurs du dimanche, de passionnés du DIY, d'inventeurs, de collaborateurs et de partenaires. En matière de stratégie digitale, l'objectif de Castorama dans les années à venir consistera à mettre à la disposition de cet écosystème des outils et des méthodes facilitant la vie des bricoleurs, le novice comme le plus avancé, et l'amélioration de l'habitat".

Des pièces détachées et notices en licence libre

De façon très pragmatique, les grandes surface de bricolage comme Castorama ont tout à gagner à faciliter le do-it-yourself (DIY) et tout ce qui permet aux clients de bricoler par eux-mêmes à partir des outils et matériaux achetés chez elles. L'économie collaborative et le DIY sont un excellent moyen pour Casto d'affaiblir l'artisanat professionnel qui préfère s'approvisionner chez les fournisseurs réservés aux artisans, et qui consomme beaucoup moins d'outils en proportion du nombre de travaux réalisés (combien de fois avez-vous réutilisé la carreleuse électrique que vous aviez achetée pour refaire votre salle de bain, ou la pince à sertir utilisée pour réaliser l'armature d'un mur en placo ?). C'est pour cela qu'elles sont toutes très actives dans la diffusion de vidéos de bricolage très didactiques, qui permettent aux internautes d'affronter la peur de se lancer dans des travaux.

Mais Castorama veut tout de même aller plus loin, en intégrant aussi dans son raisonnement stratégique l'impression 3D. "L'obsolescence programmée n'est pas une fatalité, et un monde où l'on répare plutôt que l'on jette est un monde de bricoleurs que Castorama ne peut qu'appeler de ses vœux", explique l'enseigne. Castorama a donc décidé de créer un "SAV 3D" pour tous les produits commercialisés sous sa propre marque. Les pièces détachées pourront être imprimées à la demande par Castorama, ou par n'importe quel internaute ou Fab Lab équipé des machines nécessaires.

"Pour cela Castorama va procéder à un inventaire de sa propriété intellectuelle et passer en licence libres les modèles 3D des pièces détachées de tous les objets que l'enseigne produit en marque propre. Les modèles, les plans et les notices techniques seront également versés au wiki mis en place par Castorama", annonce le groupe.

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