Devant la colère des Bretons, l'État a proposé un plan d'avenir pour la région en cinq axes qualifiés de "stratégiques". L'un d'eux inclut notamment plusieurs mesures liées au numérique.

Au cours de l'automne, les difficultés que rencontre la Bretagne se sont cristallisées dans le mouvement désormais célèbre des bonnets rouges, qui a émergé suite aux mesures fiscales ciblant les véhicules de transport de marchandise (l'écotaxe). Suite à plusieurs manifestations d'importance et la destruction de quelques portiques, le gouvernement a proposé un pacte d'avenir pour la région.

En tout, l'État a fixé cinq axes qu'il qualifie de "stratégiques". D'abord, "positionner la Bretagne comme grande région productive". Ensuite, "conforter sa vocation de grande région maritime européenne" et "approfondir l'investissement dans l'intelligence". Enfin, ne pas minorer son identité culturelle, "améliorer son accessibilité et soutenir les dynamiques de territoire".

Dans le détail (.pdf), on remarque que le numérique constitue l'une des réponses de l'État à la situation bretonne. L'idée ? Utiliser les nouvelles technologies pour contribuer au désenclavement de la région. À l'image du plan routier breton du général de Gaulle, il s'agit de faire appel cette fois aux "autoroutes de l'information" afin de limiter les effets de son éloignement géographique de la France et de l'Europe.

Très haut débit

Ainsi, le plan d'avenir évoque le déploiement du très haut débit. "Le financement de la première tranche du projet 'Bretagne Très Haut Débit' (BTHD), dont l'objectif global est de rendre accessible d'ici 2022 le très haut débit à l'ensemble des Bretons, sera confirmé par décision du premier ministre d'ici la fin de l'année au titre du fonds pour la société numérique (FSN)".

L'arrivée du très haut débit en Bretagne, qui sera encadrée par Mégalis Bretagne avec une "attention particulière aux territoires fragilisés", est le socle indispensable pour la suite des évènements. En effet, "il s'agira de capitaliser sur [ce] projet phare pour développer les formations dans le domaine du très haut débit et plus globalement du numérique".

"La Bretagne sera accompagnée pour présenter des candidatures dans de futurs appels à projets des investissements d'avenir dans le domaine du numérique et de ses usages, par exemple celui portant sur les quartiers numériques, et dans le développement des espaces publics numériques (EPN) avec la création des emplois d'avenir associés", poursuit le document.

Quartiers numériques

Les quartiers numériques constituent l'une des mesures du gouvernement suite à son séminaire sur les nouvelles technologies. Concernant la région bretonne, trois villes citées : Rennes, Brest et Lannion. Ces quartiers numériques doivent en particulier accéder à de "l'ultra haut débit fixe et mobile". Mais la dimension numérique se retrouvera aussi dans la défense nationale.

Cyber-défense

La Bretagne sera l'un des piliers de la cyber-défense française. Les effectifs consacrés à ce sujet vont passer de 230 à 400 (entre 40 à 50 recrutements par an jusqu'en 2017), tandis que seront triplés les moyens alloués au financement de postes de chercheurs et de doctorants en cybersécurité en Bretagne (environ une dizaine de thèses par an).

Sur ce sujet, des annonces avaient déjà été faites. L'an dernier, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait indiqué la création d'ici 2015 de 200 emplois près de Rennes dans ce secteur. Ces recrues viendront renforcer les équipes – 1200 hommes – du site qui s'occupe de maîtrise de l'information, de guerre électronique et de systèmes de missiles.

( photo : CC BY-SA Groume )

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