Le distributeur de films indépendants Cinedigm est actuellement sous le feu des critiques aux Etats-Unis, après avoir signé un partenariat commercial avec BitTorrent Inc., qui prévoit la diffusion promotionnelle des sept premières minutes du film "Arthur Newman" sur le réseau P2P. Pour Hollywood, il s'agit d'un "pacte avec le diable".

La semaine dernière, le distributeur Cinedigm a annoncé la signature d'un partenariat avec la société BitTorrent, pour promouvoir la sortie américaine du film indépendant Arthur Newman, dans lequel jouent notamment Colin Firth et Emility Blunt. Pour convaincre les internautes d'aller au cinéma voir le film, le distributeur a choisi de diffuser gratuitement les 7 premières minutes du film à travers le service de promotion de contenus de BitTorrent, avant-même la sortie en salle qui était programmée le 26 avril dernier. La longue preview était ainsi mise en avant dans les publicités affichées sur µTorrent, le logiciel édité par BitTorrent Inc, pour inciter ses utilisateurs à télécharger la vidéo accompagnée de quelques autres contenus (photos, bande annonce…).

L'objectif du distributeur était d'aller chercher l'internaute où il se trouve, sans préjugé, pour le ramener vers les salles obscures. Selon les chiffres de BitTorrent Inc, il y aurait actuellement 170 millions d'utilisateurs du logiciel de P2P. "En offrant aux consommateurs des contenus légitimes à travers les logiciels BitTorrent, nous continuons à trouver des moyens créatifs de repérer les publics avides de nos films", expliquait Cinedigm dans le magazine Variety.  Une démarche des plus intelligentes, qui a été accueillie très froidement par l'industrie plus traditionnelle.

Le site hollywoodien The Wrap raconte ainsi que "les studios d'Hollywood sont furieux que BitTorrent, synonyme de piratage dans l'industrie cinématographique, se soit associé au studio indépendant Cinedigm" pour promouvoir Arthur Newman. L'accord serait qualifié de "pacte avec le diable", notamment par Warner Bros et Sony Pictures.

De son côté, BitTorrent Inc. se défend évidemment de toute incitation au piratage, en expliquant que "s'en prendre à BitTorrent pour le piratage c'est comme blâmer l'autoroute pour les conducteurs alcoolisés". Plusieurs centaines de milliers d'internautes auraient téléchargé les 7 minutes promotionnelles, et l'accord prévoit que la formule se répète encore pour six autres films en 2013.

Même si l'accord commercial rend les choses plus officielles, ce n'est en tout cas pas la première fois que BitTorrent est ainsi utilisé activement ou non à des fins publicitaires. Sans aller jusqu'à signer un accord avec l'éditeur du logiciel de P2P, le studio HBO a pour sa part expliqué récemment que le piratage de Game Of Thrones était bénéfique pour sa promotion. En 2009, un cinéaste avait été ravi de découvrir que son film Ink avait connu une popularité fulgurante après sa diffusion illégale sur BitTorrent.

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