En France, les deux tiers des smartphones sont désormais achetés à côté du forfait mobile, sans subventionnement. Une proposition qui a explosé grâce à Free Mobile, et qui devrait appeler à une guerre des prix entre constructeurs de téléphones... si le modèle économique se généralise aux autres marché dans le monde.

C'est un effet évident de l'entrée sur le marché de Free Mobile, qui a bouleversé le modèle économique des opérateurs. Le nouvel entrant n'a pas seulement cassé le prix des forfaits illimités, il a aussi cassé le modèle de subventionnement des téléphones, qui permettait aux opérateurs de s'enrichir en faisant un prêt caché à leurs abonnés, avec de juteux intérêts, pour qu'ils puissent bénéficier du dernier mobile à la mode en ayant l'impression de ne pas l'acheter, ou peu cher.

Désormais, l'abonnement mobile étant détaché de l'achat d'un téléphone portable, chacun peut comparer les choses comparables. Le prix du forfait d'un côté, celui du smartphone de l'autre. C'est simple, et les clients sont libres d'acheter leur téléphone dans une autre boutique que celle de l'opérateur. Ils peuvent aussi faire leurs calculs et voir s'il est avantageux d'acheter le smartphone dans le cadre d'une offre avec engagement de 24 mois (spoiler : ça ne l'est jamais). Surtout, ils se rendent enfin compte du prix d'un téléphone portable, lorsqu'ils doivent l'acheter séparément du forfait.

Il n'est donc pas surprenant d'apprendre par une étude Gfk (.pdf) que les deux tiers des téléphones mobiles vendus en France au troisième trimestre 2012 l'ont été sans subvention, et ont donc été achetés nu, sans forfait associé. Et que dès lors, les distributeurs (Internet, grandes surfaces spécialisées et hypermarchés) "proposent une offre très large sur les produits hors subvention, s’appuyant sur  une entrée de gamme de plus en plus attractive pour le consommateur". "Les produits de moins de 150€ représentent aujourd’hui près d’un tiers des ventes sur ces circuits contre 16 % en début d’année", remarque le cabinet d'analyse.

En clair, parce qu'ils comparent les prix des smartphones, les consommateurs sont désormais tentés d'aller au moins cher, et plus seulement au plus récent ou au plus performant, même si "les ventes de produits haut de gamme avec un prix supérieur 400€ se maintiennent".

Mais il s'agit d'une situation unique en Europe, et même probablement unique au monde. Or il faut souhaiter que Free ait montré le chemin et que la tendance se généralise. Car si les constructeurs refuseront de se livrer une guerre des prix pour un marché aussi petit que la France, ils seront incités à le faire dès lors que les modèles de subventionnement disparaîtront ailleurs, en particulier aux Etats-Unis où ils sont encore la règle.

Est-ce normal qu'un iPhone 5, vendu 679 euros, coûte presque deux fois plus cher qu'un iPad mini ?

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