Les sites de rencontres devront-ils vérifier avec précision l'identité de leurs membres, afin d'éviter les cyberescrocs ? C'est la demande faite par un député, Philippe Plisson. Constatant la difficulté de lutter en amont contre ces réseaux d'arnaqueurs, il suggère d'accentuer l'effort en aval en localisant l'adresse IP et en en identifiant le propriétaire.

Sur les sites de rencontres, tous les inscrits ne sont pas animés des meilleures intentions. Si la majorité des internautes est là pour rencontrer l'âme sœur, une minorité s'emploie à monter des coups tordus pour escroquer les autres internautes. C'est ce que pense le député socialiste Philippe Plisson, qui demande au gouvernement des mesures pour limiter les escroqueries faites depuis les sites de rencontres.

"Les sites de rencontres sont une piste privilégiée et de nombreux hommes et femmes sont victimes de chantages, extorsions de fonds, usurpation d'identité qui parfois détruisent leur vie", expose le parlementaire dans sa question écrite, s'alarmant que "des faux profils sont créés" pour appâter "les victimes qui se souvent se retrouvent piégées". Avec, parfois, une issue dramatique.

C'est ce qui récemment arrivée à un jeune Breton de 18 ans, piégé par une escroc désireuse de lui soutirer de l'argent. Après l'avoir séduit sur Chatroulette et convaincu de faire un strip-tease sur Facebook, l'arnaqueuse l'a menacé de diffuser la vidéo de son effeuillage et de sa masturbation à tous ses amis sur le réseau social américain. Accablé par la honte, il a mis fin à ses jours en octobre dernier.

Déplorant que "les cyberescrocs sévissent toujours sans qu'il soit possible d'intervenir réellement", Philippe Plisson suggère que les administrateurs de ces sites de rencontres opèrent un contrôle plus strict et diffusent des mises en garde pour informer leurs clients. "Il est assez simple, via les adresses IP, de localiser les personnes et de vérifier leur identité", estime-t-il.

Mais c'est oublier que certains escrocs agissent depuis l'étranger, notamment en Côte d'Ivoire, comme le met en lumière cet article du Figaro. Et la coopération policière locale, bien qu'acquise, est limitée par l'influence des escrocs locaux, qui souvent soudoient la population pour qu'elle les protège. Ce qui rend les arrestations peu fréquentes et les condamnations encore plus rares.

Qui plus est, la localisation d'une adresse IP peut être contrariée par l'utilisation d'un proxy pour brouiller les pistes. Enfin, la question de savoir si une adresse IP est une donnée personnelle, et par conséquent une preuve permettant d'identifier un individu, reste entière. Dans le cadre d'un réseau privé à domicile, comment savoir qui se cache derrière telle IP, repérée à telle heure et à tel endroit sur la toile ?

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