Des joueurs ont découvert que depuis 2008, Blizzard ajoute à toutes les captures d'écran de World Of Warcraft ce qui semble être un code en filigrane contenant notamment l'identifiant du joueur, et l'adresse IP du serveur auquel il était connecté.

Etrange découverte que celle réalisée par la communauté OwnedCore, qui mêle joueurs et hackers de haut niveau. L'un d'entre eux s'en effet aperçu il y a quelques jours (on ne sait trop comment) que les captures d'écran qu'il réalisait dans World of Warcraft avaient un étrange parasitage, invisible à l'oeil nu. En fouillant, il a découvert que toutes les images capturées dans le jeu massivement multijoueurs de Warcraft avaient un code mystérieux, inscrit en filigrane sur tous les fichiers JPG générés.

Les bidouilleurs d'OwnedCore se sont donc rassemblés pour mener l'enquête, et établir un protocole pour isoler facilement le watermark :

  1. Se rendre devant l'arbre du front Azur, sous Dalaran dans la forêt du chant de cristal, pour prendre une capture d'écran d'un blanc immaculé ; 
  2. Taper /console SET screenshotQuality "9" ;
  3. Prendre des captures de la zone blanche en zoomant sur l'arbre, en appuyant sur les touches Alt+Z pour cacher l'interface ;
  4. Ouvrir l'image dans un éditeur comme IrfanView, et utiliser le filtre "Sharpening" ("Plus net", dans Photoshop) avec la plus haute valeur possible, le tout répété deux fois.

Numerama a fait le test, et voici ce que nous a donné l'expérience :

Ils ont alors voulu déchiffrer ce qui ressemblait à un watermark capable de stocker 88 octets de données. Selon les informations obtenues, le filigrane contiendrait le nom du compte du joueur qui a pris la capture d'écran, la date précise à laquelle l'image a été capturée, et l'adresse IP du serveur auquel le joueur est connecté. Y compris, éventuellement, l'adresse IP d'un serveur non officiel utilisé par un joueur qui ne paye pas son abonnement à Blizzard.

"Les informations contenues peuvent être facilement récupérées et déchiffrées par des hackers, ce qui compromet la vie privée et la sécurité des comptes", estime OwnedCore, dont des membres ont publié des logiciels ou code source permettant de récupérer ou de générer des watermarks.

Selon les témoignages et échantillons recueillis, le watermark serait apparu en 2008, au moment de l'acquisition de Blizzard par Activision. C'est aussi cette année-là que l'éditeur a commencé à poursuivre les serveurs privés, ce qui a aboutit deux ans plus tard à la lourde condamnation de l'un d'entre eux.

Il est aussi possible, voire probable, que Blizzard utilise le watermark pour faciliter ses correctifs de bugs, ou pour lutter contre les tricheurs. Lorsqu'un joueur publie une image montrant un problème dans le jeu, l'éditeur sait exactement sur quel serveur le bug s'est produit, avec quelle machine, à quel endroit du jeu. Idem lorsqu'un joueur, qui se croie anonyme, publie une capture d'écran pour se vanter d'une tricherie quelconque.

Le problème, c'est que Blizzard n'a jamais prévenu les joueurs que leurs captures d'écran contenaient leur identifiant, fut-il encodé. Il semble même que l'éditeur a tenté de masquer la chose, en faisant disparaître le watermark des images non compressées ("qualité 10"), où il aurait été beaucoup plus facile à détecter.

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