Avec la complicité de YouTube, BFM TV et France 24 ont demandé à ce que des vidéos diffusant du contenu libre de droits de la NASA soient bloqués ou enrichis de publicités qui les rémunèrent. 

Hier, nous rapportions qu'un groupe de médias américain avait fait supprimer pendant plusieurs heures de YouTube la propre vidéo publiée par la NASA pour raconter l'atterrissage de Curiosity sur Mars, par un abus manifeste du système de détection automatique de contenus contrefaits.

Pour plaire aux ayants droit, Google a en effet mis à leur disposition un système baptisé Content ID, qui compare chaque vidéo publiée avec celles de leurs partenaires ; s'il y a des éléments similaires en quantité substantielle, la vidéo est rejetée. C'est ce qui s'est passée pour la NASA, accusée d'avoir uploadé sur YouTube ce qu'avaient déjà publié, en partie, les journaux télévisés.

La vidéo de la NASA étant libre de droits, très nombreux sont les médias à travers le monde à l'avoir reprise. Ce qui amène un lot inédit d'absurdités dues à Content ID et à l'automatisation de la lutte contre la contrefaçon. 

Le journaliste Lon Seidman, expert des questions aérospatiales, raconte qu'il avait organisé samedi soir une émission en live avec des intervenants des sites CTTechJunkie.com et NASASpaceFlight.com, pour couvrir l'évènement. En direct, il a repris les images libres de droit diffusées par la NASA, pour enrichir son émission. Elle a ensuite été mise en ligne sur YouTube. 

Mais voilà qu'aujourd'hui, il se réveille avec dans sa messagerie pas moins de cinq plaintes en contrefaçon venant de différents médias du monde entier, qui demandent à YouTube de placer de la publicité pour tirer des revenus du contenu qui ne leur appartient pas. Parmi les plaignants figurent NextRadioTV, l'éditeur de la chaîne française BFM TV, et France 24.

"Le pire c'est que clairement Google ne demande pas à ces 'ayants-droit' de prouver qu'ils possèdent effectivement le contenu. Mais c'est pour je ne sais quelle raison à moi de prouver que je suis innocent. C'est du vol pur et simple de mon contenu", s'énerve à juste titre Lon Seidman.

En principe, la loi américaine (DMCA) comme la loi française (LCEN) interdisent de porter de fausses réclamations en violation de droits d'auteur, et prévoient des sanctions pénales. Mais toute la perversité de YouTube et de son Content ID est qu'il ne repose pas sur ces lois spécifiques, mais sur un contrat entre l'hébergeur et ses partenaires. Il n'y a donc pas de sanction à craindre.

"Pourquoi utiliser le système d'identifcation de contenu", demande Google dans une FAQ dédiée à Content ID. La première réponse apportée : "Pour gagner de l'argent. ? Des centaines d'entreprises offrant des contenus multimédias utilisent déjà ce système et multiplient ainsi le nombre de leurs vidéos monétisables".

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