Une étude confidentielle de la RIAA se penche sur les sources d'acquisition licite et illicite de musique. Il apparaît que l'essentiel du piratage de musique se produit hors ligne, c'est-à-dire entre proches. Les hébergeurs spécialisés et les réseaux P2P n'ont en réalité qu'une importance limitée.

Lorsque est abordée la vaste question du piratage, les industries du divertissement concentrent habituellement leur feu sur trois vecteurs d'appropriation de contenus culturels : les réseaux peer-to-peer comme eMule et BitTorrent, les sites spécialisés dans le streaming et les plates-formes d'hébergement similaires à MegaUpload. Les plus populaires d'entre eux sont d'ailleurs inscrits sur des listes noires.

Or, le rôle de ces espaces serait en fin de compte assez limité. C'est en tout cas ce que révèle une étude réclamée par l'association en charge des intérêts de l'industrie du disque aux États-Unis, la RIAA. Battant en brèche certaines idées reçues, un document confidentiel publié par Torrentfreak montre que l'essentiel du piratage de musique se déroule hors ligne, c'est-à-dire sans recourir à Internet.

L'étude, limitée aux États-Unis, montre que l'acquisition illicite de musique se fait surtout entre proches, en s'échangeant des disques durs externes, des clés USB, des cartes mémoires ou des disques optiques gravés. Bref, des échanges qui échappent à tout contrôle, puisqu'ils échappent aux radars de la riposte graduée, des ayants droit et même des fournisseurs d'accès à Internet.

Selon l'étude réalisée pour la RIAA, la musique s'acquiert d'abord illégalement (65 %). Seuls 35 % (avec une répartition à 16 % pour les ventes de CD et 19 % pour les téléchargements payants). Cependant, l'étude paraît ignorer deux éléments, qui nuancent justement cette répartition très déséquilibrée entre licite et illicite. Il y a en effet un déplacement des habitudes de consommation.

De plus en plus d'internautes utilisent des plates-formes de streaming comme YouTube ou des services spécialisés comme Deezer et Spotify pour écouter de la musique. Dans le premier cas, les utilisateurs peuvent en plus accéder aux vidéoclips. De nombreux artistes disposent ainsi de leur propre chaîne sur YouTube et les maisons de disques ont passé des accords avec ces plates-formes.

Cette nouvelle façon de consommer des contenus musicaux, qui s'est développée concomitamment avec le développement du haut-débit, doit être prise en compte lorsqu'il s'agit d'évaluer l'importance du piratage dans la musique sur Internet. Car si en terme d'acquisition pure, l'illicite semble tenir le haut du pavé, un pourcentage non négligeable d'internautes a été orienté vers ces modes de consommation légaux

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés