Jamais un produit n'aura été présenté avec autant de force plusieurs mois avant sa commercialisation. Google a dévoilé mercredi soir les lunettes Google Glass, à grand renforts de moyens. Numerama fait le point sur ce gadget technologique qui pourrait être l'invention du début du siècle... ou un bide absolu.

Mercredi soir, Google a présenté toute une série d’innovations lors de sa conférence Google I/O dédiée aux développeurs, et a dévoilé pour la première fois au public ses fameuses lunettes Glass, à travers un grand show hollywoodien qui démontre toute l’importance que Google accorde à son bijou technologique. Des athlètes ont sauté en parachute, atterri sur le toit de l’immeuble où avait lieu la conférence, et ont rejoint la salle en descendant en rappel, le tout filmé et retransmis en direct depuis les lunettes portées par les cascadeurs. Une manière de donner un grand coup de vieux aux conférences en col roulé de feu Steve Jobs.

Les Google Glass sont pour le moment réservées aux Américains, pour des raisons réglementaires liées aux règles d’exportation de produits pouvant avoir une visée militaire. La firme de Mountain View les a proposées en pré-vente dans une « Explorer Edition » réservée aux développeurs présents à la conférence, à 1 500 dollars pièce. Le prix sera bien sûr moins élevé pour le prix public final, lors de la mise en vente dans moins d’un an, mais l’on ne sait pas encore dans quelles proportions.

Sur scène, Sergey Brin a mis l’accent sur les photos et vidéos que le porteur des lunettes peut prendre à tout moment, avec un rendu « comme si vous y étiez » qui donne de l’originalité aux prises de vue particulières. Mais il ne s’est pas étendu du tout sur les fonctions de réalité augmentée que permettront les lunettes avec leur écran intégré, prétextant qu’elles sont trop difficiles à démontrer. Ce sera sans doute l’objet d’une présentation beaucoup plus riche lors d’une prochaine conférence.

Une chose est en tout cas déjà visible : malgré la technologie embarquée, les Glass sont assez discrètes et suffisamment légères pour être portées en permanence sans gêner l’utilisateur.

Actuellement, comme l’indique Engadget, les Google Glass n’ont pas de connexion sans-fil étendue (de type 3G, EDGE, …). Pour transmettre leurs données, les lunettes s’appuient sur les réseaux WiFi alentours, soit en se connectant sur un hotspot à proximité, soit en utilisant le téléphone mobile en tethering. Les lunettes disposent aussi d’une mémoire interne dans le cas où aucun réseau WiFi n’est disponible pour uploader les données.

Pour interagir avec les lunettes, Glass proposera différentes entrées : contrôle par la voix, mini-pavé tactile sur la branche droite des lunettes, mouvements de la tête (les lunettes sont équipées d’un accéléromètre et gyroscope), smartphone… La batterie se situe dans la branche droite des lunettes, à l’arrière. Pour le moment, rien n’a filtré sur l’autonomie de l’appareil.

Technologiquement, le produit est impressionnant. Mais son succès commercial reste à démontrer, malgré les efforts inédits que déploie Google pour susciter d’ores et déjà l’envie avant le grand lancement. Esthétiquement, combien sont prêts à porter des lunettes qui, malgré les efforts de design remarquables, restent perturbantes ? Est-on prêt, vraiment, à porter des lunettes qui partagent toute notre vie en permanence ? Est-on vraiment prêt à porter des lunettes qui permettront à Google d’en savoir immensément plus sur nos habitudes, les lieux que nous fréquentons, les gens que nous rencontrons, la nourriture que l’on mange, … ?

Google est avant tout une entreprise qui collecte des données pour les exploiter à des fins commerciales. C’est sa raison d’être. Or seul Google sait jusqu’où il est prêt à aller avec ses Google Glass. Une chose est sûre : vu les moyens déployés, Google a de grandes ambitions.

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