Fermé depuis plus de deux mois, MegaUpload est devenu une source d'inspiration pour certains arnaqueurs. Des tentatives d'extorsion sont apparues ces dernières semaines pour pousser les internautes à verser de l'argent, en leur faisant croire qu'ils ont été repérés par les ayants droit en train de pirater.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Suite à la fermeture de MegaUpload et puisque les données sont conservées pour les besoins de l’enquête, des individus peu scrupuleux cherchent à piéger les internautes afin de leur soutirer de l’argent. Pour cela, ils leur font croire qu’ils ont été repérés par les ayants droit en train de télécharger illégalement des fichiers protégés par le droit d’auteur.

Deux techniques, décrites par Torrentfreak, sont ainsi apparues ces dernières semaines. La première consiste à envoyer un courrier électronique en provenance d’un faux cabinet d’avocats allemand, Dr. Kroner & Kollegen, et dans lequel la victime est fortement incitée à coopérer. La missive l’invite à payer sans délai une amende de 147 euros pour ne pas être poursuivi et risquer beaucoup plus gros (10 000 euros).

La seconde tentative d’extorsion s’appuie sur le nom de la fédération allemande en charge de la lutte contre les infractions au droit d’auteur, GVU. Celle-ci s’est notamment illustrée en participant à la fermeture d’un site de liens et de streaming très connu outre-Rhin, Kino. Là encore, l’escroquerie fait croire à la victime qu’elle a été repérée en train de pirater des contenus. L’internaute est alors invité à payer immédiatement 50 euros.

Dans ce second exemple, la technique est beaucoup plus élaborée. En effet, les arnaqueurs ne se contentent pas d’envoyer un courrier électronique. Ils s’efforcent de faire installer un logiciel malveillant sur l’ordinateur de la victime afin que celui-ci réoriente la navigation web vers une fausse page aux couleurs du GVU. C’est de cette page que l’internaute sera invité à verser la prétendue amende.

Ces deux pièges rappellent évidemment la stratégie employée par l’avocat britannique Andrew Crossley. Celui-ci avait envoyé plus de 10 000 courriers électroniques à des internautes suspectés d’avoir piraté des œuvres protégées par le droit d’auteur. Il les incitait alors de payer une amende de 500 euros pour éviter d’être poursuivi devant les tribunaux. Une activité qui s’est avérée lucrative, mais qui lui a coûté très cher.

Un tel procédé a également eu cours en France. En 2008, une avocate a été condamnée par le Conseil de Ordre du Barreau de Paris, dans le cadre de l’affaire Techland. Les pratiques de l’avocate étaient en effet très similaires à celles mises en œuvre par Andrew Crossley. Et tandis que le Britannique a été déclaré en faillite personnelle et condamné à 2 ans d’interdiction d’exercer son métier, la Française a pris une peine plus légère (6 mois avec sursis).

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