La CNIL a demandé à Google de repousser la mise en place de ses nouvelles règles de confidentialité afin de poursuivre sereinement son analyse. L'autorité considère pour l'heure que le nouveau cadre établi par la firme de Mountain View "ne respecte pas" les exigences européennes en matière de respect de la vie privée.

À deux jours de l’entrée en vigueur des nouvelles règles de confidentialité établies par Google, il fallait bien que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) se manifeste une nouvelle fois. Alors qu’une première requête n’a pas été suivie par le géant du web, l’autorité administrative indépendante s’est fendue d’un nouveau courrier (.pdf) pour demander à nouveau à Google de décaler l’arrivée de sa nouvelle politique.

Annoncé depuis quelques semaines, le futur règlement de Google destiné à encadrer la gestion des données personnelles des utilisateurs fréquentant ses services et utilisant ses produits suscite une vive inquiétude chez les autorités de contrôle, en particulier européennes. Si elles reconnaissent à Google un effort louable de réduction, de simplification et de synthèse, elles n’apprécient guère le croisement de données qui va survenir.

« L’analyse préliminaire montre que ces nouvelles règles ne respectent pas les exigences de la directive européenne sur la protection des données en termes d’information des personnes concernées. De plus, la CNIL et les autorités européennes sont particulièrement inquiètes des nouvelles possibilités de croisements de données entre les services et vont poursuivre leurs investigations » écrit ainsi la CNIL.

Elle ajoute que « la fusion des règles de confidentialité des services de Google rend impossible la compréhension des données personnelles collectées, des finalités, des destinataires et des droits d’accès pertinents pour chaque service« . « Google devrait compléter sa politique de confidentialité avec une information spécifique pour chaque service et chaque finalité« .

La CNIL, qui a été désignée par ses homologues européens pour traiter en leur nom de ce sujet avec Google, évoque par ailleurs « de sérieux doutes sur [la] licéité et [la] loyauté » des nouvelles possibilités de croisements de données entre les services, surtout au regard de l’impact potentiel au regard de l’importance de la firme de Mountain View dans certains secteurs.

Recherche sur Internet, O.S. mobiles, vidéo, publicité, analyse d’audience (Analytics)… Google est en position de force dans nombre de secteurs. Le profilage précis des internautes par le biais du croisement de données est ainsi facilité, au risque de ne pas respecter le principe du consentement de la directive (.pdf) vie privée et communications électroniques révisée.

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