L'Hadopi aurait un impact bénéfique sur les ventes de musique en France

Julien L. - publié le Jeudi 19 Janvier 2012 à 10h42 - posté dans Musique Numérique

Selon une étude d'universitaires qui sera publiée dans quelques jours par l'IFPI, l'Hadopi aurait eu un impact bénéfique sur les ventes de musique en France. Néanmoins, les conclusions de cette enquête doivent être lues avec prudence, dans la mesure où celle-ci n'est pas encore accessible.

Autorité publique indépendante, l'Hadopi conduit essentiellement deux missions auprès des Français. La première, et sans aucun doute la plus connue, est la lutte contre le piratage à travers le mécanisme de la riposte graduée et la surveillance des réseaux P2P. La seconde a pour objectif d'encourager le développement de l'offre légale, en observant notamment l'utilisation des œuvres culturelles sur le net.

Bien que très critiquée, la Haute Autorité est désormais active depuis maintenant deux ans. Et à en croire une étude conduite par quatre chercheurs et relayée dans les grandes lignes par Électron Libre, l'impact de l'Hadopi sur l'industrie du disque serait plus que positif. Au terme d'un travail long de 18 mois, les quatre universitaires affirment qu'Hadopi a entraîné un plus de 13,8 millions d'euros par an pour le marché français.

Il faudra néanmoins attendre la publication de cette enquête, qui aura lieu le 23 janvier dans les bureaux de l'IFPI, avant de tirer de grandes conclusions. En effet, seul Électron Libre a pu accéder a son contenu, lui permettant certes de révéler "les principaux enseignements tirés de ce travail universitaire" mais empêchant d'autres de fournir une contre-expertise. Seule la grille de lecture de nos confrères est disponible.

Quels sont ces principaux enseignements ? D'après les quatre universitaires - dont l'identité n'est pas encore connue -, "la progression de l'offre légale, en terme de volume de vente, et particulièrement iTunes, est plus forte en France, là où existe l'Hadopi". Depuis Hadopi, une progression de 22,5 % des ventes au titre sur iTunes aurait été constatée, même si coïncidence ne signifie pas causalité.

S'il faut évidemment saluer le développement de l'offre légale, il semble périlleux d'en attribuer le seul mérite à l'Hadopi. En ce qui concerne iTunes, il faut par exemple relever que le service a nettement allongé la durée des extraits musicaux (de 30 à 90 secondes) l'an dernier. Or pour Apple, les internautes consomment plus facilement de la musique lorsqu'ils peuvent écouter plus longuement les titres pour se faire une idée.

Hadopi, épouvantail à pirates ? Peut-être. Mais la complexité du sujet ne permet pas de faire de la Haute Autorité le seul responsable de l'évolution des comportements, même si cela "parait logique". L'étude va pourtant jusqu'à écrire - bien que le conditionnel soit de rigueur - que l'effet bénéfique d'Hadopi "aurait été observé avant même le passage de la loi à l'Assemblée et son vote définitif".

L'Hadopi aurait donc inquiété les internautes bien avant son entrée en vigueur, à en croire les chercheurs. Un peu comme la fréquentation du cinéma, qui progresse globalement depuis le début des années 1990 alors qu'Hadopi n'existe que depuis 2010 ? Mais l'inquiétude des internautes ne s'est pas systématiquement convertie en acte d'achat. Même après l'Hadopi, les ventes de CD ont reculé.

Les travaux des chercheurs prennent alors l'exemple des musiques urbaines comme le rap, manifestement très prisées par les adeptes du P2P et des services de téléchargement direct, auraient redressé la tête, avec des ventes d'albums en hausse de 25 % dans l'Hexagone, par rapport aux autres grands pays européens.

Nos confrères poursuivent en soulignant que l'Hadopi "a finalement convaincu les internautes que le temps de l’impunité était terminé", en se basant sur les chiffres de ventes de la plate-forme iTunes sur le Vieux Continent. Nous ne savons en revanche pas si l'étude évoque l'évolution des usages des internautes, qui utilisent des outils de streaming légaux (Deezer, Spotify...) ou abandonnent le P2P au profit du DDL.

Les études de ce genre et leurs conclusions doivent être observées avec une certaine prudence, car la méthode retenue pour établir certains chiffres peut être contestable. On se souvient par exemple que le mode de calcul pour le sondage laissant entendre que 50 % des avertis auraient arrêté de pirater se base sur un nombre d'avertis très (trop) restreint pour en tirer de grandes conclusions.

Beaucoup d'incertitudes demeurent autour de cette enquête. Sa publication prochaine par l'IFPI tend à indiquer que l'industrie du disque n'a jamais été bien loin du travail des quatre universitaires. Des rapports concernant le piratage ont ainsi été brocardés pour leur lecture partielle voire partiale de la situation, à l'image des travaux conduits par le cabinet TERA en 2008 et en 2010.

Alors que l'opposition a officiellement l'intention d'abroger Hadopi (bien que le candidat du Parti socialiste a une position trouble sur la question), cette enquête arrive en tout cas à point nommé pour les partisans de l'autorité publique indépendante. Elle fournit des munitions pour la campagne électorale, afin d'inciter les opposants à revoir leur discours. En effet, pourquoi se débarrasser d'un outil utile et bénéfique ?

Publié par Julien L., le 19 Janvier 2012 à 10h42
 
 
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Commentaires à propos de «L'Hadopi aurait un impact bénéfique sur les ventes de musique en France»
 

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J'ai juste envie de dire : "Mais bien sûr..."

Perso, j'ai pas changé mes habitudes.
Ben personne je crois...
Oh, et, qu'on me rappelle, elle a coûté combien HADOPI ? Et combien elle coûte par an ?

C'est bien joli d'avancer le chiffre de 13,8 millions, mais s'il faut dépenser le double pour arriver à ce résultat, autant donner directement le fric aux plateformes légales.
Heu, pour la mise en place de dame pipi dans les chiottes de l'industrie du ' divertissement ', on va simplement ' rappeler ' le coût législatif, si vous le voulez bien :

500 000 000 Euros ( 500 Millions d' Euros )
Les ' oboles ' pour son fonctionnement sont dérisoires à côté, même si elles représentent plusieurs dizaines de millions d'Euros depuis sa ' mise en place '...

Publication des résultats d'une étude sans l'étude elle-même...
C'est P.N. qui a fait l'étude, c'est ça ?
Avec les crédits d'impôts, les subventions, les accords commerciaux avec les marques/entreprises... l'industrie de la musique de divertissement n'a plus besoin de clients pour fonctionner... c'est pour ça qu'elle n'aime pas ses consommateurs.
vivement qu'hadopi sauve la planete, apres le cinema et la musique
Comme le dis Warp si ca cout plus que ca rapporte, c'est pas dans l'interet général.
Il me semble que le budget annuel de l'Hadopi est de 12 d'euros. Payé par tous les contribuables, et non pas par les ayant droits.

Il faut donc encore ajouter le coût (inconnu?) de l'Hadopi pour les ayants droits. Dont une partie importantes est payée à TMG.

Mais TMG ne publie même pas ses comptes, alors que c'est une SA.
http://www.societe.c...-441392586.html
Gnommy, le 19/01/2012 - 10:59
Heu, pour la mise en place de dame pipi dans les chiottes de l'industrie du ' divertissement ', on va simplement ' rappeler ' le coût législatif, si vous le voulez bien :

500 000 000 Euros ( 500 Millions d' Euros )
Les ' oboles ' pour son fonctionnement sont dérisoires à côté, même si elles représentent plusieurs dizaines de millions d'Euros depuis sa ' mise en place '...

Publication des résultats d'une étude sans l'étude elle-même...
C'est P.N. qui a fait l'étude, c'est ça ?

Gnommy, tu m'intrigues, d'où sors-tu ce chiffre d'un demi-milliard d'euros, s'il te plaît ?

Même à la méga-louche, je ne vois pas comment on peut arriver à ça...
Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'allu ... :siffle:
Idem chez moi, aucun changement : avant Hadopi comme après, je n'achète toujours rien sur iTunes, ni aucune nouveauté. Ce n'est pas Hadopi qui me fera "consommer" du Christophe Maé ou du Black Eyed Peas.

A contrario, ma mère n'a toujours pas changé de comportement non plus : elle continue d'acheter 1 best of tous les 3 ans. Cette année, c'était Balavoine.

Blague à part, soyons honnêtes, il est facile de corréler tout et n'importe quoi. Comme pour le cinéma, d'ailleurs, ou l'on peut dire tout et son contraire :

- depuis Hadopi, on vend plus de billets : vrai, les chiffres augmentent, faux, cela date d'avant.
- Intouchables fait péter les scores : vrai, c'est 17M d'engrangés, faux, on aurait fait un très beau score même avec 15M de moins.
- le marché de la video s'effondre : vrai, les chiffres diminuent, faux, c'est uniquement à cause d'un effondrement des prix d'achat moyens d'un DVD tout le reste augmente.

Etc etc.

"Et ça continue encore et encore"...
On se souvient par exemple que le mode de calcul pour le sondage laissant entendre que 50 % des avertis auraient arrêté de pirater se base sur un nombre d'avertis très (trop) restreint pour en tirer de grandes conclusions.

Chat échaudé craint l'eau froide... Comment ils mesurent cet "arrêt de pirater" ?
Arrêt du P2P, peut-être.... reporté sur le streaming, comme on a pu le constater dans l'explosion des chiffres du trafic.
(Le streaming a aussi séduit des gens "nouveaux", qui n'étaient pas à l'aise avec le P2P et le fait de laisser son PC allumé en permanence).
Comme quoi il n'y a pas que l'UMP qui raconte des conneries.
C'est agaçant...

Nulle part on n'établit de relation de cause à effet. Ce qu'on peut faire de mieux c'est une étude de co-occurrence. Je soupçonne en effet que le développement de certains sites d'écoute gratuite de musique soit une cause bien plus forte que HADOPI de la baisse des téléchargements .

"Correlation does not imply causation" comme ils disent
Hadopi c'est merveilleux et bénéfique. Ca guérit les écrouelles, fait revoir les sourds et remarcher les aveugles. Même les paralytiques entendent de nouveau.
C'est une révolution miraculeuse. Il va falloir racheter toute la musique.
l ' ennui c 'est l 'épée de Damoclès , c 'est pour ça qu'il faut virer cette merde
je veux surfer en toute sérénité , je ne télécharges pas , mais je risque de me faire pirater sans le savoir et me retrouver avec des emmerdes
Il est là mon problème et le vôtre
goalposthead, le 19/01/2012 - 12:21
Hadopi c'est merveilleux et bénéfique. Ca guérit les écrouelles, fait revoir les sourds et remarcher les aveugles. Même les paralytiques entendent de nouveau.
C'est une révolution miraculeuse. Il va falloir racheter toute la musique.
merde , je ne connaissais pas tous ces effets bénéfiques ; merci
Un jolis teaser mais il manque le corps de l'etude et les materiels et methodes.

Après pour qu'un scientifique demande à publier de maniere annonyme un travail, il faut réellement
que la qualité du dit travail soit déplorable.
Et si on enlevait Hadopi, juste pour voir si ça se confirme ? Parce qu'entre temps, iTunes ne peut que constater une progression avec les sorties d'iPhones et iPads, logiquement.

Ou alors on compare à un pays sans Hadopi ? Quoi, "non" ? Il faut des conclusions n'allant que dans un seul sens, pour l'IFPI ?

Au fait: si ça y est, les ventes de musique redécollent en France, on a plus besoin de la Hadopi n'est-ce pas ? Si la pédagogie a marché, Hadopi ne sert plus à rien maintenant ? Pourquoi tout garder alors ? Ah mais, je suis con: on répond à un marché lucratif, il faut traire les français jusqu'au dernier centime pour acheter des "musiques" de pouffiasses autotunés. C'est bien ça le capitalisme non ? Réduire au maximum le cout de la production pour maximiser les profits...
Avant de railler la nouvelle (il fallait oser quand meme je reconnais ^^). C'est pas parce que votre petit nombril n'a pas bougé que les autres non plus. Hadopi n'est pas destiné aux lecteurs de Numerama ou PCInpact mais a M.Martin et Mme Michu.

Ces études ne valent rien; comme toutes les études où on interroge des personnes sur des faits délictueux. La seule chose qui aurait valu la peine d'être étudié, c'est si à chaque achat, on demandait au consommateur s'il a préféré l'acheter ou le télécharger légalement ou le dl illégalement (anonyme bien sur mais pour les acahts en ligne c'est mort).

De plus, on cite Itunes à tort et à travers, mais on oublie de dire qu'il s'est établi au Luxembourg; toutes les hypothèses fiscales sont permises (comme une tva a 6% officieuse contre 19.6 en France sur la musique en ligne). Le hic, c'est que dans 3ans le système change, les produits "immatériels" (considérés comme de la prestation de services) commenceront à être assujettis à la TVA de la residence de l'acheteur.

La commission des Finances du Sénat français confirme: le téléchargement payant de musique, via la «Carte Musique», revient finalement dans les caisses du Luxembourg.

Il reste du chemin...

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