Mozilla a visiblement mené les discussions avec Google d'une main de maître. Selon les indiscrétions obtenues par la presse américaine, l'accord signé avec le géant du web est très profitable pour la fondation. Cette dernière a su mettre en concurrence Google, Microsoft et Yahoo pour faire monter les enchères.

Après plusieurs semaines de discussion, Google et Mozilla ont annoncé mardi le renouvellement de leur accord dans la recherche pour trois ans. Selon les termes du partenariat, le géant de Mountain View conservera sa place de moteur de recherche par défaut sur Firefox. En échange, la fondation sera soutenue financièrement par Google, mais dont la somme exacte n’a été été communiquée.

Le blog technologique du Wall Street Journal, All Things Digital, a toutefois obtenu quelques indiscrétions sur le volet financier de cet accord. Selon ses informations, Google versera près de 300 millions de dollars par an (environ 229 millions d’euros) à Mozilla pour être en première ligne sur Firefox. Sur trois ans, c’est donc environ 900 millions de dollars qui iront dans les caisses de la fondation.

Si ce montant est exact, cela représente plus du double des revenus totaux perçus par Mozilla en 2010. En effet, le rapport annuel de la fondation indique que 123,2 millions de dollars ont été générés l’an dernier et que Google pèse 84 % des revenus obtenus par commissions. Manifestement, Google a aligné beaucoup plus d’argent pour rester le moteur de recherche par défaut.

Qu’est-ce qui a bien pu pousser Google à augmenter significativement sa participation dans Firefox, alors que son propre navigateur web, Chrome, ne cesse de prendre de nouvelles parts de marché ? À en croire le blog, ce sont les autres moteurs de recherche qui sont responsables de cette flambée. Microsoft et Yahoo auraient en effet conduit des négociations parallèles pour essayer de prendre la place de Google.

C’est en tout cas une affirmation qui vient expliquer le retard pris dans le renouvellement de l’accord, qui avait expiré en novembre, et la hausse soudaine de la participation financière de Google. Si la firme de Mountain View a moins besoin de Firefox pour mettre ses services en avant, il est visiblement encore un peu tôt pour qu’elle se prive d’un navigateur dont la part de marché est évaluée entre 22 et 25 %.

Si les informations d’All Things Digital sont justes, cela signifie donc que la fondation Mozilla a, d’une part, très bien valorisé sa part de marché auprès des moteurs de recherche et, d’autre part, démontré qu’elle avait des solutions de secours (Microsoft, Yahoo) à Google. Cela atténue donc l’impression de dépendance qui a émergé ces derniers mois.

Microsoft cherche depuis plusieurs mois de prendre de l’importance dans le marché des moteurs de recherche. Les efforts récents du géant des logiciels se sont aini matérialisés dans Bing, dont la part de marché est d’environ 15 % aux Etats-Unis. Cependant, il semble que Microsoft a abandonné la compétition dans la dernière ligne droite, sans doute découragé par la détermination de Google.

Les sommes avancées par Google étaient manifestement trop fortes pour que Microsoft renchérisse indéfiniment. Quant à Yahoo, les difficultés que traverse le groupe ne lui permettent pas a priori de débloquer des montants trop élevés pour simplement se placer en moteur de recherche par défaut.

Mais à la lumière de ces informations, l’apparition d’une version de Firefox avec Bing, le moteur de recherche de Microsoft, n’était peut-être pas si anodine. Elle visait sans doute à augmenter la pression sur Google.

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