Afin de contrer les sites de streaming et les plates-formes de téléchargement direct, Frédéric Mitterrand a demandé à l'Hadopi de fournir une expertise technique. La Haute Autorité suggère de s'en prendre aux intermédiaires financiers, pour assécher le piratage. Une piste visiblement suivie en partie par le ministre, qui en appelle à la responsabilité de tous les intermédiaires.

Frédéric Mitterrand l’avait promis fin novembre. D’ici trois mois, le ministère de la culture et de la communication sera en mesure de dévoiler les premières mesures destinées à accroître la lutte contre le streaming illégal. Le ministre compte ainsi concrétiser au plus vite la volonté du président de la République, qui s’est récemment dit prêt à une troisième phase contre le piratage des œuvres culturelles.

Mais pour s’attaquer au téléchargement direct et aux sites de streaming, encore faut-il disposer des bons angles d’attaque. Reconnaissant qu’il s’agit d’un problème « assez compliqué à résoudre« , le ministre a missionné l’Hadopi pour obtenir son expertise juridique. La Haute Autorité a évidemment répondu présente et a lancé un appel d’offres pour une étude sur le modèle économique des sites pirates.

En attendant que les premières pistes de réflexion émergent, Frédéric Mitterrand communique sur la volonté du gouvernement de protéger le droit d’auteur sur Internet. Ainsi, lors des Assises de la convergence des médias, le ministre de la culture a tenu à marquer sa détermination à impliquer tous les acteurs dans ce combat, en particulier les intermédiaires techniques.

« Il est nécessaire de responsabiliser les intermédiaires qui discutent avec ces sites. Les sites de paiement, les plate-formes de publicité, les moteurs de recherche devront prendre leur part de responsabilité » a déclaré le ministre, cité par Clubic. Autrement dit, il faut organiser un blocus autour des sites accusés de favoriser le piratage, en les empêchant notamment de générer de l’argent.

Cette stratégie a été esquissée par l’Hadopi lors de son communiqué de presse fin novembre. Opposée au filtrage, la Haute Autorité compte s’attaquer au financement de ces plates-formes. Cette tactique a vu le jour aux Etats-Unis, où un texte de loi prévoit d’impliquer fortement les intermédiaires financiers (régies publicitaires, services de micro-paiement, banques…).

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