L'association UFC-Que Choisir s'attaque à l'industrie du jeu vidéo et à ses "pratiques commerciales trompeuses". Quatre éditeurs et trois distributeurs sont ciblés par une plainte. L'UFC-Que Choisir demande par ailleurs à la DGCCRF d'enquêter sur les différents problèmes rencontrés par les joueurs, allant des bugs aux DRM en passant par la connexion Internet obligatoire.

Connexion Internet obligatoire, présence de bugs, multiplication des mesures techniques de protection (DRM)… les critiques à l’égard de certains éditeurs de jeux vidéo ne manquent pas. Et pour cause : confrontée à la fois au piratage et à une concurrence exacerbée, l’industrie du jeu vidéo est poussée à développer des DRM toujours plus restrictifs sur des titres sortant de plus en plus rapidement, au risque de dysfonctionner.

Face au mécontentement croissant des joueurs, sur les forums spécialisés notamment, l’UFC-Que Choisir a tenu à se saisir du dossier suite aux retours de nombreux consommateurs agacés d’être la cible de certaines pratiques commerciales déplorables et d’assister à une baisse générale de la qualité des jeux vidéo, en particulier du côté des blockbusters.

L’association chargée de défendre les intérêts des consommateurs a lancé un appel à témoignages qui a permis, à travers 560 réponses, de dégager 3 grands problèmes qui « transforment le jeu vidéo en véritable parcours du combattant« . Il s’agit des bugs en jeu, entraînant de multiples désagréments pour le joueur, de la connexion obligatoire, même pour le mode solo, et des DRM, qui tue le marché de l’occasion.

Bugs et dysfonctionnements

« Les dysfonctionnements se multiplient et empêchent, de manière inacceptable, l’usage normal des jeux vidéo : arrêt inopiné (le freeze) obligeant le consommateur à recommencer à partir du dernier niveau atteint, ou pire, nécessité de recommencer entièrement le jeu à cause d’un système de sauvegarde défaillant » écrit l’UFC-Que Choisir dans son communiqué.

Les plaintes reçues se concentrent sur 3 grands éditeurs : deux américains et un français. Le premier, et de loin, est EA Games qui regroupe 27 % des plaintes. Ubisoft arrive en deuxième position, avec 12 %, suivi de près par Activision (11 %). On notera que ces trois sociétés ont sorti ou vont sortir d’ici Noël de très grosses franchises (Rayman Origins, Assassin’s Creed : Revelations, Call of Duty : Modern Warfare 3, FIFA 12…).

L’UFC-Que Choisir relève également une tendance lourde dans l’industrie du jeu vidéo avec la connexion Internet obligatoire et permanente. « L’utilisation d’un jeu vidéo exige désormais d’avoir Internet non seulement pour le mode multi-joueurs (jeux en réseau) mais aussi et – cela est plus récent – pour activer le mode mono-joueur, notamment pour télécharger les mises à jour et les correctifs (patch).

Connexion Internet obligatoire

Si les éditeurs justifient ce choix de diverses manières, encore faut-il que les serveurs suivent leur politique et que les investissements nécessaires aient lieu. Or, l’association déplore la faible capacité des infrastructures qui ne supportent pas toujours la charge, notamment aux heures de pointe, empêchant par exemple les joueurs de se connecter.

13 % des témoignages évoquent des défaillances de connexion, dont 10 % citent la plate-forme de Valve, Steam. Si certains jeux nécessitent évidemment une connexion pour jouer, comme World of Warcraft ou n’importe quel autre MMO, certains modes pourraient pourtant très bien se passer de la connexion obligatoire. C’est le cas de la campagne de Battlefield 3 par exemple.

DRM

Dernier grief listé par l’UFC-Que Choisir, les mesures techniques de protection. Les distributeurs et les éditeurs ont de plus en plus recours à des clés d’activitation ou à des accès uniques, afin de lier un jeu vidéo à un compte bien précis ou à un terminal (ordinateur, console) spécifique. Non seulement cette pratique tue le marché de l’occasion mais empêche aussi de prêter ou de transférer un jeu.

« Le consommateur qui achète un jeu de seconde main doit investir dans un nouveau code d’activation rendant le jeu ainsi acquis aussi cher qu’un jeu neuf » note l’association, qui ajoute que les explications concernant les limitations ne sont pas toujours indiquées lors de l’achat du jeu, que ce soit en magasin ou via une plate-forme légale sur Internet.

Action en justice engagée

Décidée à faire rentrer les éditeurs et les distributeurs dans le rang, l’association a décidé d’agir à deux niveaux Tout d’abord, l’UFC-Que Choisir demande à la DGCCRF « d’effectuer une enquête approfondie pour déterminer l’ampleur des problèmes (fréquence et gravité) rencontrés par les consommateurs« .

Ensuite, l’UFC-Que Choisir a entamé une action en justice contre certains distributeurs et éditeurs « pour pratiques commerciales trompeuses, s’agissant de l’information relative aux codes à usage unique d’accès à certains éléments du jeu« . Sont concernés les éditeurs suivants : Codemasters, Warner Interactive, THQ et Bethesda Softworks. Les distributeurs Micromania, Fnac Direct et Game France sont aussi ciblés.

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