Bientôt 1000 sites bloqués en France sans contrôle judiciaire

Julien L. - publié le Mercredi 02 Novembre 2011 à 15h19 - posté dans Société 2.0

La Loppsi va bientôt pouvoir agir contre les sites pédopornographiques. Le décret d'application de l'article 4 de la loi doit arriver avant la fin de l'année. Pas moins d'un millier de sites web sont dans le collimateur du gouvernement et seront bloqués d'ici janvier 2012. Sans aucun contrôle judiciaire.

Promulguée en mars au terme d'une longue gestation au parlement, la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, plus connue sous l'acronyme Loppsi 2, va bientôt produire ses premiers effets en matière de lutte contre la pédopornographie sur Internet. Le décret d'application de l'article 4 de la loi doit être publié avant la fin de l'année. Un millier de sites sont d'ores et déjà dans le collimateur du gouvernement.

Selon une information du Figaro, les fournisseurs d'accès à Internet et les opérateurs de téléphonie mobile devront bloquer d'ici janvier 2012 une liste noire contenant un millier de domaines accusés d'héberger des contenus pédopornographiques. Ce blocage s'effectuera sur simple décision administrative. À aucun moment l'ordre judiciaire ne sera impliqué pour contrôler la proportionnalité du blocage.

Une obligation de résultat pour les FAI

Le Conseil constitutionnel lui-même n'avait pas estimé que le blocage des sites web sans contrôle judiciaire préalable était contraire à la Constitution. Dès lors, il n'y aura aucun filtre pour encadrer les demandes des pouvoirs publics en matière de filtrage, d'autant que les FAI et les opérateurs seront soumis à une obligation de résultat. L'administration veut que le blocage fonctionne sans délai, qu'importe les difficultés techniques.

En réalité, la police sait pertinemment qu'elle ne pourra pas empêcher tous les internautes d'accéder aux contenus pédopornographiques. "Nous savons déjà que cette initiative ne va pas tarir l'offre pédophile sur le Web car il existe différentes manières pour contourner les blocages et faire sauter les verrous" a expliqué un policier, interrogé par Le Figaro.

L'objectif est tout autre. Il s'agit "d'empêcher que des quidams tombent accidentellement dessus et de dissuader une partie des 'consommateurs' débutants tentés par ce genre d'images". Les sites filtrées par fournisseurs d'accès et recherchées par le quidam seront remplacés par une page de garde du ministère de l'intérieur avec un rappel à la loi, via l'article 227-23 du code pénal.

Absence de contrôle judiciaire

La publication du décret d'application de l'article 4, si elle permettra aux autorités de demander directement aux opérateurs de télécommunication de bloquer l'accès aux sites à caractère pédopornographique, ne permet pas pour autant de régler certains problèmes soulevés dès la genèse du projet de loi, à commencer par l'absence de contrôle judiciaire.

La liste des sites bloqués sur décision administrative ne sera ainsi probablement jamais rendue publique. À première vue, cette décision peut se comprendre. L'objectif est d'éviter d'attiser la curiosité du quidam en lui indiquant quels sont les sites interdits en France afin qu'il évite de chercher un moyen technique lui permettant de contourner le filtrage.

Or, quid d'autres sites se trouvant par mégarde dans la liste et qui n'ont rien à voir avec la pédopornographie ? C'est loin d'être une situation improbable, en témoigne le cas australien. Dans la mesure où les sites bloqués ne seront pas informés qu'ils sont bloqués, pas plus - a priori - que les internautes, il sera très difficile de contester un blocage abusif.

Le blocage des sites, une mesure contre-productive ?

Cet absence de contrôle et l'impossibilité de contester un surblocage ne sont pas les seuls problèmes engendrés par l'article 4 de la Loppsi. L'efficacité du filtrage en matière de lutte contre la pédopornographie est aussi contestée. Les efforts de blocage pourraient produire l'effet inverse de celui recherché, poussant les pédopornographes à perfectionner leurs techniques pour s'échanger des fichiers.

L'article 4 de la Loppsi permettra-t-il, par exemple, de bloquer des sites de lolicons ? La loi ne le dit pas. Or, si c'est effectivement le cas, cela pourrait être contreproductif dans la lutte contre la pédo-criminalité. En effet, une étude américaine s'est intéressée à la corrélation entre le développement de la pornographie notamment juvénile au Japon et l'évolution des données relatives aux crimes et délits sexuels. Les résultats de l'étude ont surpris les chercheurs eux-mêmes.

L'efficacité du filtrage contestée en France et en Europe

Quoiqu'il en soit, le filtrage des sites pédopornographiques est loin de faire l'unanimité chez les professionnels, en France et en Europe. L'an dernier, l'association d'industriels ECO avait diffusé une étude montrant qu'il était plus efficace de supprimer les fichiers à la source, en passant par les hébergeurs, plutôt que de les faire bloquer par les FAI, ce que n'arrêtent pas de rappeler les associations de protection de l'enfance.

Du côté des FAI, seul Free a manifesté les plus grandes réserves, en indiquant à plusieurs reprises son opposition aux mesures de filtrage sur son réseau. L'opérateur avait rappelé que filtrer sur un réseau très décentralisé comme l'est l'architecture d'Internet en France est très difficile et très coûteux. Les autres principaux FAI, en revanche, ont donné leur accord de principe dès le début de l'année 2009.

En Europe, la France se place en pointe sur ces questions alors que d'autres pays font le chemin inverse. C'est le cas des Pays-Bas qui ont renoncé au filtrage courant mars, tandis que l'Allemagne a annulé le projet de loi sur le blocage des sites de pornographie infantile après un moratoire imposé par le président allemand.

Publié par Julien L., le 2 Novembre 2011 à 15h19
 
 
58
Commentaires à propos de «Bientôt 1000 sites bloqués en France sans contrôle judiciaire»
 

1
2
3
super, ça va être la chasse aux site bloquer pour savoir si il n'y a pas d'abus et de ce faite , leur donner encore plus de visibilité.

Sont drôlement intelligent ces "élite".
Soit je débarque soit il y a foutage de gueule , environ 15 ans que je surfe et j'ai pas un seul nom de site pédo qui me vienne à l'esprit , et eux en trouvent 1000 !!

Je pensais meme que ce genre de contenus s 'echangeait underground ; en gros un mélange d'outils que pourraient egalement utiliser des gros hackers , organisations terroristes toussa , et là on m'apprends que le web est en danger , que 1000 sites vont tomber pour civiliser tout ça ,c'est pas credible , j'arrive pas à accrocher dans le mensonge .....par contre je vois bien un JT tf1 faire allusion à la fermeture de 7812 sites pédophiles cette année grace à l'efficacité bla bla bla .

j'vous dit , 15 ans de surf jamais rien vu . je reconnais n'avoir jamais cherché mais quand meme , 1000 sites ....
Quoi ? seulement 1000 sur les 40 millions ?
J'en ai trouvé 2: elysee.fr et u-m-p.org :mdr:
même commentaire, 1000 sites il les trouvent ou ? , pareil pas vu un seul en 15 ans.
Ce qui est drôle , c'est qu'on va avoir la liste qui ne pourra pas être maintenu secrète très longtemps ! Le newbies avec un VPN à 3€ va pouvoir caler son marque page sans efforts ..
Pareil.
Et plutôt que de bloquer l'accès par les FAI, pourquoi ne pas les faire fermer purement et simplement par les hébergeurs ?

Je m'attends presque à ce qu'ils diffusent publiquement la liste des sites "bloqués" :D
inconnu, le 02/11/2011 - 15:42
même commentaire, 1000 sites il les trouvent ou ? , pareil pas vu un seul en 15 ans.

Peut-être parce qu'on a jamais cherché...
1000 sur les XXX millions et quelques de sites web, ça fait pas tant que ça finalement.
àa fait longtemps que les organisations proposant du contenu pédophile ont arrêté d'utiliser DNS. Et le blocage repose sur quoi ? Ben DNS.
àa doit être Mitterrand qui doit avoir la liste, il s'y connait lui.
Donc ils ont connaissance de 1000 sites contenants des photos d'enfant maltraité et ils font rien pour les aider... Rassurez moi, dites moi que je suis pas le seul a vouloir les foutres en taules pour non assistance a personne en danger :(
Euh... pardon Guillaume mais quels sont les résultats de l'étude états-uniennes sur le lien/corrélation (à définir si c'est l'un ou l'autre) qui existerait entre l'évolution longitudinale des crimes/délits sexuels et le développement de la pornographie juvénile, au Japon ? Ton article ne le mentionne nulle part. ^^
1000 sites de pédos ??? Sérieux ???

Comment ils font pour les trouver ? Même en cherchant, j'en ai jamais trouvé aucun...
inconnu, le 02/11/2011 - 15:51
àa doit être Mitterrand qui doit avoir la liste, il s'y connait lui.

^^

Non mais franchement, dans la théorie, je peux comprendre qu'on ne demande pas à un juge de ce prononcer sur un cas avéré (cela ne veut pas dire que je suis pour non plus). Mais dans la pratique, on connait ce que LOPPSI et HADOPI sont capables de faire via notre bon "gouvernement" ...
Nycom, le 02/11/2011 - 15:49
inconnu, le 02/11/2011 - 15:42
même commentaire, 1000 sites il les trouvent ou ? , pareil pas vu un seul en 15 ans.

Peut-être parce qu'on a jamais cherché...
1000 sur les XXX millions et quelques de sites web, ça fait pas tant que ça finalement.

Il faut demander à Jacques Remiller. Il a un gros annuaire.
http://www.pcinpact....-mitterrand.htm
Julien, le 01/01/1970 - 01:00
Les résultats de l'étude ont surpris les chercheurs eux-mêmes.

Et pourquoi ? Ils disent quoi ces résultats ?

Julien, le 01/01/1970 - 01:00
Du côté des FAI, seul Free a manifesté les plus grandes réserves, en indiquant à plusieurs reprises son opposition aux mesures de filtrage sur son réseau. L'opérateur avait rappelé que filtrer sur un réseau très décentralisé comme l'est l'architecture d'Internet en France est très difficile et très coûteux. Les autres principaux FAI, en revanche, ont donné leur accord de principe dès le début de l'année 2009.

Et donc ? Free a mangé son chapeau au final ?

C'est bien gentil de faire des articles, mais ce serait bien d'aller jusqu'au bout des idées qu'on commence, ou alors on n'en parle pas du tout, c'est aussi bien, mais traiter les choses à moitié, c'est abusé quoi !
Goldoark, le 02/11/2011 - 15:57
1000 sites de pédos ??? Sérieux ???

Comment ils font pour les trouver ? Même en cherchant, j'en ai jamais trouvé aucun...
En réalité, tous les sites qui emmerdent Sarkosy et les ayants droits sont des sites pédopornographiques...
Or une étude menée par l'Université d'Hawai en 1992 s'est intéressée à la corrélation entre le développement de la pornographie notamment juvénile au Japon et l'évolution des données relatives aux crimes et délits sexuels. " Il est très clair d'après nos données et nos analyses qu'une croissance massive de la disponibilité de la pornographie au Japon a été corrélée à une baisse très importante des crimes sexuels ", concluaient les chercheurs, qui s'étonnaient eux-mêmes de leur découverte :

Notre hypotèse était que l'augmentation de la pornographie, sans restrictions d'âge et dans les bandes dessinées, si elle avait le moindre effet négatif, influencerait le plus négativement les individus les plus jeunes. C'est l'exact contraire qui s'est produit. Le nombre de délinquants sexuels juvéniles a énormément diminué à chaque période étudiée pour passer de 1 803 aggresseurs en 1972 à 264 en 1995 ; une diminution d'environ 85%. Le nombre de victimes diminue également particulièrement chez les jeunes de moins de treize ans. En 1972, 8,3% des victimes avaient moins de 13 ans. En 1995 le pourcentage des victimes de moins de 13 ans était descendu à 4,0%.

Il suffit de cliquer sur le lien et de lire.
JeSToFuNk, le 02/11/2011 - 15:57
inconnu, le 02/11/2011 - 15:51
àa doit être Mitterrand qui doit avoir la liste, il s'y connait lui.

^^

Non mais franchement, dans la théorie, je peux comprendre qu'on ne demande pas à un juge de ce prononcer sur un cas avéré (cela ne veut pas dire que je suis pour non plus). Mais dans la pratique, on connait ce que LOPPSI et HADOPI sont capables de faire via notre bon "gouvernement" ...

Même en théorie, j'ai du mal à comprendre pour un cas "supposé" avéré. Dans tous les métiers, l'avis des experts est requis pour valider un fait, genre c'est un médecin qui doit confirmer qu'une personne est morte, même si son cerveau est à 3m du reste du corps.
Dans une démocratie, il revient à l'autorité judiciaire de dire ce qui est ou non légal, sinon une personne considérée comme prise sur le fait devrait aller directement en prison sans passer par la case jugement.
La séparation des pouvoir (et des compétences) permet de limiter certains abus.
L'Etat, à travers la LOPPSI, à décidé d'être juge est parti est c'est un jeu très dangereux.
bourgpat, le 02/11/2011 - 16:04
Il suffit de cliquer sur le lien et de lire.
Merci. Le lien aurait été mieux placé sur "résultats de l'étude" que sur "pourrait être contre-productif"... Comme c'est le cas actuellement, on dirait qu'il manque un paragraphe à l'article.

1
2
3
Télécharger
TCP Optimizer
Outils Réseau - Booster votre connexion internet
 
MessenPass
Communication - Retrouver le mot de passe d'une messagerie instantanée
 
File Spree
P2P - autres réseaux - Client P2P décentralisé à grand potentiel
 
Spy Sweeper
Anti-spywares - Anti-spyware
 
Novembre 2011
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
31 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC