La crise économique risquant de fragiliser la solidité des futurs noms de domaine basés sur les nouvelles extensions, l'ICANN a fait savoir qu'elle pourrait alléger ses exigences de garanties financières... Explications.

Il y a encore quelques mois, personne ne savait à quoi servait le fameux « triple A », dont on ne cesse depuis de répéter l’importance. Peu connaissaient même l’existence de telles notations, qui visent aussi bien les pays que les établissements bancaires. Et pourtant, la note accordée par les agences de notation peut avoir des implications concrètes insoupçonnées. Y compris pour Internet.

En juin dernier, l’ICANN a accepté d’ouvrir les vannes du web à de nouveaux noms de domaine de premier niveau (TLD), qui promettent de créer un nouvel eldorado pour qui parviendra à devenir le gestionnaire des .music, .sex, .news, etc. Mais pour avoir le droit d’être ainsi gestionnaire d’un nouveau TLD, les entreprises ou organisations devront montrer patte blanche, y compris sur le plan financier. Ils devront démontrer leur capacité à maintenir le système d’adressage des noms de domaine pendant au moins trois ans, selon le nombre de domaines qu’ils envisagent. Par exemple, selon la proposition de l’ICANN (.pdf), il faudra provisionner 4,5 millions de dollars pour gérer un TLD appelé à couvrir 1 million de domaines. L’idée étant que si le gestionnaire fait faillite, le fonds intervient en garantie pour éviter que les propriétaires des noms de domaine ne se retrouvent le bec dans l’eau, exclus du web.

Or, dans le formulaire (.pdf) que doivent remplir les candidats, l’ICANN prévient qu’il est possible de fournir une lettre irrévocable de crédit (LOC) fournie par « une institution financière réputée assurée au plus haut niveau dans sa juridiction« . « Cela peut inclure une banque ou une compagnie d’assurance avec une forte réputation internationale qui a une notation de crédit solide établie par des agences indépendantes comme Standard & Poors (AA ou mieux), Moody’s (Aa ou mieux), ou A.M. Best (A-X ou mieux)« , ajoute le document.

Cependant, face à la crise, les institutions financières perdent tour à tour leurs excellentes notations, ce qui rend la politique de l’ICANN de plus en plus difficile à respecter. C’est pourquoi, à l’occasion d’une réunion à Dakar, l’ICANN a prévenu mercredi qu’elle pourrait réviser ses exigences, pour ne plus demander le triple A aux établissements financiers qui apportent leurs garanties aux gestionnaires des noms de domaine.

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